PRÉCESSION
inclinaison constante, et à déplacer cette ligne; faisant ainsi passer anx nœuds nne variation qui serait dans l’inclinaison , et donnant à cet angle nne constance qui serait dans les nœuds. Cette rétrogradation est précisément analogue à celle des -nœnds de la Lune ; seulement l’action qui, exercée tantôt au-dessus, tantôt au-dessous de l’orbite en L et l, faisait coucher ce plan L/, et le redressait alternativement par un balancement périodique, se trouvant ici agir en même temps des deux côtés, ne change plus l’inclinaison du plan U.
Les planètes et la Lune contribuent à cet effet; nous reviendrons sur ce sujet. Observons seulement qup notre ménisque ne pouvant obéir à ces forces sans entraîner la sphère entière qu’elle recouvre, dont la masse est immense par rapport à la sienne, la rétrogradation doit être peu sensible.
Aussi cet angle n’est-il que de 80", 10 par an en longitude, dont BO",^! due a l’action luni- solaire , et 0",31 soustractif causé par les planètes.
Après être partie de l’équinoxe T, lorsque la Terre aura accompli sa révolution TAHP (fig. 13), et sera revenue au même point T, l’cquateur, dont l’intersection 'Y' S avec l’écliptique passait par le Soleil S, aura changé sa position : ce qui donnera à cette trace une autre direction ; et arrivée en cette trace X’S rencontrera le Soleil un peu avant le lieu 'X, où cela aurait dù avoir lieu si la Terre eût clé sphérique.
Ainsi, l’équinoxe, au lieu de revenir eu 'Y', sera observé en X', un peu plus tôt. Qu’on prolonge le rayon vecteur 'Y' S jusqu’au ciel, et qu’il y rencontre nne étoile £; au retour à ce point 'Y' et lorsqu'on retrouvera l’étoile E sur le rayon vecteur Y S, l’équinoxe sera déjà passé; ou si l’on veut , à l’équinoxe prochain Y', l’étoile ne sera pas encore revenue sur le rayon Y''S, et la Terre devra continuer quelque temps sa course pour que cette rencontre ait lieu , c’est-à-dire pour que la révolution complète et sidérale soit effectuée. On voit donc que l’année sidérale, ou le temps du retour de la Terre à la même étoile, ou au même point de son orbite, surpasse Tannée tropique, ou le temps du retour au même équinoxe.
Ce phénomène qui change sans cesse la trace de l’équateur sur l’écliptique, et transporte l’équinoxe en divers points rétrogrades Y', Y’", Y^", . . . ., est donc un résultat de la rotation de la Terre , combinée avec l’attraction qu’éprouve son excès de sphéricité. Ce mouvement de l’équinoxe est ce qu’on nomme la précession. Voici l’effet qui en résulte sur nos observations.
GRAVITATION
106. Nous avons dit que le iiioaveinent de la Terre présente les mêmes apparences que si ce globe , étant fixé à son centre , tournait en 24* sur son axe d’occident en orient, tandis que le Soleil paroourrait dans le même sens, en un an, une courbe presque circulaire dans le plan do l’écliptique, les étoiles demeurant d’ailleurs immobiles dans l’espace. Mais cette immobilité , quoique réelle , semble ne pas exister } en vertu de la précession, les étoiles nous paraissent décrire autour de nous, dans le même sens que le Soleil, dés cercles parallèles à l’écliptique en conservant leurs situations relatives.
Qu’on se figure le ciel comme une voûte sphérique ABCI (fig. 81) sur laquelle les étoiles seraient fixées, chacune à sa place; au centre est la Terre T, et le Soleil nous jtarail décrire autour de nous un cercle annuel X A^C, qui est l’écliptique céleste. Le plan IH est l’équateur céleste, F est son pèle, X et telles équinoxes, A etC les solstices, l’axo BT, perpendiculaire à l’écliptique , en détermine le pôle B ; les cercles :£bPX) ABC, perpendiculaires entre eux, ont reçu le nom de Colures; ce sont deux cercles horaires perpendiculaires, passant l’un par les équinoxes et l’autre par les solstices.
Cela posé, la sphère céleste parait tourner très-lentement autour de l’axe immobile BT; les étoiles semblent ainsi décrire des arcs parallèles à l’écliptique dans le sens A ^ C X d’occident en orient , comme les mouvements diurne et annuel de la Terre. L’étendue de ces cercles décroit à mesure qu’ils se rapprochent du pôle B de l’écliptique ; en P est le pôle de l’équateur, lequel est lentement mobile, aussi bien que la ligne X ^ des équinoxes , l’équateur 1 X H, l’écliptique A X L et les colures P X et ABC. Les étoiles * situées dans le plan de l’écliptique sont les moins lentes dans leur mouvement. Des étoiles voisines des équinoxes passent d’un, côté de l’équateur à l’autre, changeant ainsi leur déclin, australe en boréale, vers X; le contraire arrive près de Ici la déclin, australe diniinuo, la boréale s’accroît; là on voit arriver l’opposé. La latitude se conserve constante, la longitude augmente.
La rotation diurne de la Terre, la révolution annuelle apparente
* Jadis les étoiles « et x du Dra(;oD ont successivemenl approcité du p&lc P de Téquataur, et rétoHe qui maintenant est voisine de ce point, et que, pour celle raison, nous appelons po» iaire , ea était alors fort éloigné : elle s'en est peu à peu approchée, et continuera de le hiire jusque vers l'an 2096, que sa distance an pèle sera réduite à a6'3o". Ensuite clic s'en éloignera avec la meme lenteur, en procédant vers l’est, pourn'j revenir que 16000 ans après, ayaol accompli sa révolution entière, avec tout le ciel étoilé, autour du pôle B de l'écIiptiquc. Dans iMOo ans , par Teffet de la précession, la Ljre, qui est une des plus belles étoiles de notre ciel,scradcvenuc/H>/<iire, puisqu'elle ne sera plus qu’à5 degrés du pèle de l’équatenr.
PRÉCF.SSION.
do Soleil el la prog^eMion lente des étoiles , se font donc dam le mémo sens , mais dans des temps extrêmement differents. La rérolntion complète a lien , pour le Soleil , en un an ; pour les étoiles en S6 raille ans, et la rotation de notre globe en En vertu de oette rotation apparente de la sphère céleste , les étoiles viennent donc successivement et avec lenteur occuper diverses régions du ciel et se rapportent é des points variables relativement aux parties immobiles en apparence, qui sont l’écliptique, l’équateur, la ligne équinoxiale et les oolures : mais en réalité les étoiles restent fixes, taudis que ces cercles forment un système de pièces liées ensemble qui tourne d’un mouvement commun autour de l’axe BT, en sens contraire X G tiïr B, le point y' parcourant le cercle AG d’orient en occident , ou eonin l’ordre de* ligne*. L'équiuoxe avance donc , en procédant vers la droite, à travers les constellations suivantes :
Bélier, Poiiioni, é'erieau, Caprleornt, Sagittaire, Scorpion,
Balance, F ierge, Lion, Cancgr, Gémeaux, Taureau, Bélier, etc.
Maintenant T sc trouve dans la constellation des Poissons, et trèsprès du Verseau. Le calcul et l’observation s’accordent à donner pour la précession
50",1 par ao, 1° tous les 71,8563 au.
La rétrogradation d’un signe entier ou 80°, exige 21S6 ans, et le point équinoxial sera 25868 ans à parcourir l’écliptique entière. Do reste, la rétrogradation n’est pas tout à fait uniforme (roy. p. IGS).
Le mouvement commun qui entraine toutes les étoiles supposerait, s’il leur était propre, un accord entre elles bien inconcevable; mais, de mémo que l’illusion de la révolution diurne est produite par la rotation de la Terre sur sou axe en 24^; que l’apparence du mouvement annuel du Soleil résulte de celui de notre globe suivant l’écliptique ; de même aussi la marche lente des étoiles dans le sens des signes , ou , si l’un veut, la précession des équation* contre l’ordre des signes, n’est qu’une illusion due au mouvement de la ligne des nœuds de notre équateur, qui cause l’anticipation lente du firmament entier, comme si tout le ciel tournait unanimement autour de l’axe BT de l’écliptique.
Nous avons dit que le temps employé par le Soleil pour accomplir le cercle entier T A H P T 18) nt revenir à la même étoile, c.-à-d.
GRAVITATION
l’année sidérale , surpasse l’année tropique , on la dorée nécessaire pour atteindre le nouvel équinoxe T'» tout le temps qui convient pour décrire le petit arc T T' = ce qui revient par an
à 20' 19 ", 9 de temps moyen; tel est donc l’excès de l’année sidérale sur l’année tropique. La première année , ou le temps que le Soleil met à
revenir à la même étoile, est donc 365',25687AA17 ou
368' 6*9' 10", 7496 ; et puisque l’équinoxe T s’est transporté en T'i le périgée P s’est rapproché de ce point de 60", 1, ce qui produit la même apparence que si l’ellipse entière avait tourné, dans le plan qui la contient, d’occident en orient, ou selon l’ordre des signes (n°lll).
107. La longitude d’une étoile L (fig. 31) est la distance X AK de son cercle LK de latitude à l'équinoxe T; rt puisque la position du point X varie et se porte vers C, cette distance s'accroît sans cesse. Telle est donc la cause de ce changement si faihie , mais pourtant sensible par l’accumulation , en vertu duquel la longitude des étoiles fixes croit de plus en plus et de 50", 1 pour toutes chaque année. Elles restent pourtant immobiles; le point seul qui leur sert de terme de comparaison varie.
Les effets produits par le déplacement de l’équinoxe sur l’asc, dr. et la déclin, des étoiles ne sont pas les mêmes pour toutes, comme il arrive pour la longitude. 11 est évident , par la nature même du mouvement de précession , que les étoiles qui sont du même cêté que X> relativement au colurc des solstices ABC, se rapprochent du pôle de l’équateur, tandis qu’au contraire celles qui sont du mémo cêté que b’en éloignent. L’analyse enseigne à calculer ces variations (voy. X'yistronomie pratique), qui sont consignées dans la Table XI sous le titre de F arialion antiuelle.
Nous avons dit (n° 42) que l’écliptique est partagée en douze signes ou arcs de 30°, auxquels on a im|)osé les noms de Bélier, Taureau, etc., signes que le Soleil semble décrire successivement chaque année. Ces noms sont ceux des constellations les plus remarquables de la zone zodiacale, qui autrefois ont servi à dénommer les arcs d’écliptique qui les traversaient; le signe du Bélier était alore un arc de cercle ayant 30° et traversant la constellation du Bélier, et ainsi des autres. Mais depuis cetlo époque, qui remonte a 2000 ans *, la précession des
* En i8oo, la lon{ptuJc de Ri^^ulut était 4 * Celle helle étoile, qu'on rej^ardiît comme le L'Itef de» mouvemenU célestes, était seulement à 4*» ^ l'époqiicoù Péquinoxe occupait le point fisc que je rc(;ardc comme lorigine du Bélier {voy. n” > 44 ) * *>nsi il y a eu 27* de rétroçradMion, qui, k raison de 7 i, 85 C 3 uns pour i^, produisent 19)0 ans avant 1800. C'eUil