NOTATION
équinoxes a paru reporter le eiel entier de 80» Tors l’orient , ce qui fait que les signes no se trouvent plus dans la région des constellations de roènae nom. Le signe du Bélier est maintenant dans la constellation des Poissons, et le Soleil, à l’équinoxe du printemps, nous semble correspondre près de la constellation du Verseau : le signe du Taureau est dans celle du Bélier, etc. *,
On ne doit donc pas confondre les signes avec les groupes d'étoiles qui portent le même nom. Les signes étant maintenant plus éloignés vers l’occident d’environ 30° que la constellation correspondante : au printemps le Soleil entre dans le signe du Bélier, et est dans la constellation des Poissons; aux solstices, l’astre entre dans les signes du Cancer et du Capricorne, et décrit les Gémeaux et le Sagittaire, etc.
108. La Lune n’est qu’accidentelleraent dans l’écliptique; ainsi son action sur le ménisque terrestre ne se borne pas à accroître la précessioii. Ici, comme au n° 103, l’anneau de l’équateur doit varier d’inclinaison et de position d’une très-petite quantité. Il résulte de là que, tout en obéissant à la précession , qui détermine une situation moyenne pour l’équinoxe ce point oscille légùrcinciit de part et d’autre, et que l’équateur se balance ; c’est ce qui constitue la Nutation. Le défaut do sphéricité de notre globe cause donc dans son axe un balancement qui lui fait décrire une surface conique, et cet axe répond dans le ciel à divers points qui forment une petite ellipse autour du pôle moyen , pris pour centre; les demi-axes sont de 9",25 et 6", 87. Ce mouvement de l’axe soit celui des nœuds do la Lune qui le cause, et s’accomplit
donc i 4 o tn< arànt notre ère, que la conrtcllalion et le si(pie du Bdlier coïncidaient juste. Eq — >> 96 . réquinoxe a quitté celle du Tâureau pour entrer dan* le Bélier; antérieure» ment, l'équinoxe parcourait le Taureau, le *oUtice étant dans le Eion, etc.
* La confu»ion qui résulte de l'emploi d'un même mot pour désigner deux choses differentes, parait exiger qu'on se serve de qualifications distinctives. Lorsqu'on dit que le Soleil est dans le Lion, on ne peut être compris, à moins qu'on n'exprime s'il s'agit du signe ou de la constellation du Lion. Cette remarque semble appeler une réforme qui consisterait à imposer aux signes d'autres dénominations. On pourrait, par exemple, adopter les noms des mois du calendrier républicain : au lieu de dire que le Soleil est dans le signe du Bélier, oo dirait que eet astre est dans gtrminal, qu'on indiquerait toujours par le caractère^; de même, le Soleil serait en floréal ou dans le q , du 3o* au 6 o* degré , qui revient au signe du Taureau , et ainsi de suite. *
Ces noms auraient ravaotage de n’occuper dans la mémoire aucune place nouvelle, d’offrir de* désinences distinctives des quatre saisons, et enfin d'avoir pour étymologie le* travaux d'agriculture ou Icf phénomènes naturels propres à chaque mois du monde civilise, et surtout de l'Europe. Ces noms rappellent, il est vrai, des temps de désordre et de calamité; mais cc motif ne doit pas plus les faire rejeter qu'il ne conduit à renoncer au nouveku système des poids et mesures, à l'école polytechnique, et à plusieurs choses gramles et utile* qui doivent leur origine è la même époque.
CRAItO&RAPniK, Il
(.RAVITATION.
dans Je temps de la r^Tolntion complète des nœods (Iflanset demi). Du reste, ces variations de précession et d’obliquité de l’écliptiquc sont resserrées entre des limites très-rapprochées. L’attraction solaire ajoute faiblement à cette action , qui a pour période une année , durée qui ramène la Terre à la même situation à l’égard du Soleil. Ce double effet constitue la nulation luni-Botaire, que les astronomes calculent avec soin.
109. L’action que la Terre et le Soleil exercent sur la Lune pour la détourner des lois du mouvement elliptique, s’est donc retrouvée dans l’action do ces deux astres sur la Terre. On en observe d’analogues , quoique bien plus lentes et bien moins marquées, dans l’attraction des planètes les unes sur les autres, et qui causent leurs inégalités séculaires et périodiques. Ainsi, dans la suite indéfinie des siècles, l’inclinaison desorbiles croit et décroît lentement, le périhélie et les nœuds se déplacent dans l’espace en tournant, l’excentricité change. . . . Dais c’est un des phénomènes les plus remarquables du système du monde , que les moyens moutements et les grands axes des orbites ne changent pas, et ces courbes seront toujours presque circulaires,
110. L’attraction des pl.inctes sur la Terre contribue aussi à la précession -, mais en outre elle change graduellement l’obliquité de l'écliptiqucpar un effet analogue à la nutation. Cette obliquité diminue par .siècle de A6",7 (environ le centième de la pricession , par an, r après 131 ans).
La ville de Syèiie, eu Egypte, était autrefois sous le tropique. Les travaux d’Èratosthéne , de Straboii et de Ptolémée , qui ont déterminé l’obliquité de l’écliptique d’après la position de cette ville , ont rendu célèbre un [luits au fond duquel l’image du Soleil allait se peindre à midi, le jour du solstice d’été; mais ce fait est devenu une cause d’erreur, parce qu’on ignorait le changement d’obliquité, et qu’on a continue de supposer Syèno sous le tropique. Maintenant cotte ville en est asseï éloignée, et le bord même do Soleil n’éclaire plus le fond du puits; ce qui est loin de démentir l’assertion historique relative à l’existence de ce puits et à son usage, ainsi que l’a très-bien prouvé M. Joniard , dans son Mémoire sur Hyène et les cataractes {Descr, de l’Egypte, Ant., chap. 11). L’oiubro d’un gnomon n’y est aujourd’hui que le JOO'". de sa hauteur, au midi solsticial, et par conséquent peu sensible; mais le fond du puits est entièrement dans l’ombre. Depuis 3000 ans , l’obliquité a diminué de ÎSl' 81"; Syène est maintenant
CHANGEAI F.NT n’OBMQUITl?. 165
éluignéo du tropique de 97' 33", et ne l’était alora que de 14'33", quantité moindre que le demi-diamètre du Soleil; ainsi le bord deoet astre se réfléchissait au fond du puits le jour du solstice d’été; les corps cessaient de porter ombre, et les jours voisins, l’ombre était encore nulle ou peu sensible. C’est sur ce phénomène que s’est établie l’opinion que Luenin a consacré dans ce vers :
Vmtrat tnmquim fUetmtt Symi.
Du reste , ce double changement de précession et d'obliquité n’est point constamment par siècle de l°33'80"pourrnne,etde45",7 pour l’antre, le mouvement n’étant pas uniforme. Ces nombres, qui ont lien maintenant, doivent éprouver do légères variations dans la durée des siècles. On voit que si le point y ne se meut pas sur l’écliptique avec une vitesse constante, il en résultera un léger changement dans la durée de l'année tropique , qui se trouve en effet plus courte de 1 1",83 que du temps d’Hipp.vrque , il y a environ 1960 ans, parce que la rétrogradation équinoxiale était alors moindre de 0'',45S par an. Fonrier observe (T. 9, p. 38, Description de l’Égypte) que 3000 ans avant notre ère, à l'époque où florissait la puissance égyptienne, et où la ville de Thèbes était la capitale du monde civilisé, l’année tropique était plus courte de 30" qu’autuellement. D’ailleurs ces variations de vitesse sont renfermées entre des limites très-resserrées, et dans le temps indéfini , on trouve des compensations entre les trèspetits écarts de la précession , de l’obliquité et de la durée de l’année tropique.
Le calcul démontre que la diminution d’obliquité ne continuera pas éternellement , et qu’elle cessera en s’aflaiblissant de plus en plus, à mesure qu’on approchera de ce terme éloigné de station ; après quoi l’inclinaison commencera à croitre. Ce balancement très-lent de l’axe terrestre est renfermé dans des limites fort petites , et qu’ou suppose être de 1° à 3°; on croit que la diminution ne peut aller au delà de 3° 43' en tout. Ainsi il ne sc peut pas que cct angle devienne jamais nul, terme où l’équateur coïnciderait .avec l’écliptique, et où l’on verrait s’établir sur la terre un printemps perpétuel.
Il résulte donc de l’action du Soleil , de la Lune et des planètes sur le-ménisque terrestre trois effets qui nous apparaissent combinés ensemble , mais que les astronomes distinguent pour la commodité de leurs calculs , la précession , le décroissement d’obliquité cl la nutation. Les deux premières sont séeulaires et s’accroissent lentement