‹ Uranographie, ou traité élémentaire d'astronomie a l'usage des personnes peu versées dans les mathématiques accompagné de planisphèresChapitre 42 sur 123 · MARÉES · texte numérisé non relu

MARÉES

peu au-dewus de la surface de niveau du globe. Il on faut dire autant de la masse fluide diamétralement opposée, qui est moin.s attirée que le centre do la Terre j d’un c6té c'est le fluide qui s’élève , et do l’auto c’est la surface terrestre qui , s’abaissant au-dessous du niveau , laisse le fluide plus élevé. Ici, comme dans l’action solaire sur la Lune aux syifgies, les effets sont les mêmes aux points op(>osés.

A raison de cette diminution do {loids de part et d’autre du sphéroïde terrestre, deux masses d’eau sous forme de montagnes liquides opposées, suivent la Lune dans sa marche, et parcourent la surface des mers dans la rotation diurne du globe. Si elles rencontrent des rivages , elles s’y précipitent en les couvrant ; elles troublent l’eau des fleuves en les refoulant et leur donnant un courant opposé : c’est le /fu* ou le /lot. Les points de la mer éloignés de 00° en longitude, et qui sont, pour ainsi dire, en quadrature, éprouvant un effet contraire, les eaux s’y affaissent autant par l’effet de l’accroissement de poids , que parla communication avec les eaux du flux qu’elles doivent alimenter, 'en s’écoulant vers elles; les rivages qui en étaient couverts sont abandonnés : c’est le re/lux ou le jusant.

Tel est le phénomène des Marées. Mémo dans le temps le plus calme, on voit la mer se soulever pendant environ 6^' et se précipiter avec fureur' sur le rivage , qu’elle envahit peu à peu , jusqu’à une hauteur plus ou moins grande; ensuite elle reste quelques instants stationnaire; on dit alors qu’elle est haute, pleine ou étale. Bicntùt elle redescend pendant 6'*, et s’abaisse d’autant plus qu’elle s’est élevée davantage. La même suite de mouvements périodiques se reproduit éternellement.

I.a durée qui sépare deux hautes mers successives n’est pas constamment la même : sa valeur moyenne est de I3'‘,A306 = 12^26' 14", 15, participant ainsi aux retards des passages méridiens de la Lune (page 86) : l’étendue de deux marées consécutives se trouve toujours à peu prés renfermée dans les limites du jour lunaire correspondant ; elle est de 24'‘ 80' 8",8 = 24*,8412 , et excède le jour solaire do près d’une heure. Il y a donc des jours où l’on ne peut observer deux marées complètes. On a reconnu qu’à Brest la mer met 0 à 10 minutes de moins à monter qu’à descendre.

L’attraction solaire doit aussi faire sentir son action dans ce grand phénomène ; cet astre tendra à élever les mers à midi et à minuit , heures de son passage au méridien ; les eaux s’abaisseront au contraire à 6* du matin et du soir. 11 y aura donc quatre marées par jour, doux produites par la Lune et deux par le Soleil : dans les syiygies, ces marées se réduiront à deux , dont l’intensité sera la somme des deux

GRAVITATION

eflFetD. Dans les quadratures, les directions des forces seront perpendiculaires et ne pourront se nuire, en sorte que les marées solaire et lunaire auront lieu comme si chacune s’opérait séparément : mais lorsque la haute mer lunaire aura lieu sous le méridien de lu Lune, la basse mer solaire se fera sentir an même endroit , qui se trouTe être à 00° du méridien solaire. La marée totale sera donc la différence des deux marées partielles : on conçoit comment les quatre marées se réduisent à deux par leurs combinaisons entre elles. La plus forte est dans les syzygies , la plus faible dans les quadratures.

L’intensité d’une marée dépend de la distance de la Terre à la Lune et au Soleil. Ainsi, plus la Lune sera proche de nous (plus sa parallaxe et son diamètre apparents seront grands), et plus la marée aura de force : la vitesse de l’astre, qui est alors la plus grande, ajoute encore à l'effet. On voit donc que lorsque la Lune sera au périgée , la marée aura plus de force, et qu’elle en aura moins à l’apogée. Le peu d’excentricité de l’écliptique rend presque nulle la variation des distances du soleil à la terre. L’expérience apprend qu'en France , chaque marée, telle que le calcul en détermine l’intensité, est toujours retardée de S6*.

Nous venons de raisonner comme si le Soleil et Ja Lune se trouvaient dans l’équateur ; la théorie prouve que les actions de ces astres décroissent quand leurs déclinaisons augmentent. Ainsi les marées, dans les temps des équinoxes, sont les plus considérables , surtout si elles arrivent en même temps qu’une syzygie. Nous ne disons rien ici de ce que 1a puissance des vents et leur direction peut ajouter nu phénomène.

Comparons l’élévation de la haute mer sur la basse mer, lorsque la Lune est à sa moyenne distance, d’une part dans les syzygies, et de l’autre dans les quadratures : cette hauteur dans les syzygies est la somme des effets du Soleil et de la Lune; elle en est la différence dans les quadratures, ainsi qu’on vient de l’exposer. Due longue suite d’observations a permis d’en déduire le rapport d’intensité des forces du Soleil et de la Lune. Laplace a trouvé que la première n’est que le tiers de la seconde : cela suit de ce que la petitesse de la masse lunaire est plus que compensée par sa proximité. Ainsi lu Lune est la cause la plus importante du phénomène, et parait en diriger les périodes.

11 ne faut pas croire que l’instant do la raaréu dans les syzygies, soit à midi , ou à minuit , heures du passage de la Lune au méridien ; il y a des retards qui ticuucnl à la configuration des côtes, etc. Lors-

Page 1