‹ Uranographie, ou traité élémentaire d'astronomie a l'usage des personnes peu versées dans les mathématiques accompagné de planisphèresChapitre 43 sur 123 · MARÉES · texte numérisé non relu

MARÉES

que In Lune est entre les syzyjjies et les quadratures, l’action de cet astre se compose avec celle du Soleil, et la résultante, dirigée entre ces deux corps, détermine le point le plus élevé de la protubérance aqueuse. Cette résultante sera plus rapprochée de la Lune, qui exerce une action triple; et selon que cet astre ira nu périgée ou à l’apogée, cette force prendra diverses situations à l’égard de ce satellite. On voit donc que l’heure de la marée avancera des syzygies aux quadratures , parce que la résultante passera à l’ouest de la Lune (fig. 16); il y aura retard, des quadratures aux syzygics , attendu que cette force tombera à l'est. Ces avances et retards varieront avec le lieu de la Lune dans son ellipse, puisque la résultante se rapprochera de la Lune au périgée , s’en éloignera à l’apogée.

On voit donc que les marées sont surtout réglées par la Lune; le Soleil ne peut jamais qu’aucroitre ou diminuer, avancer ou retarder l’effet produit par ce satellite , dont la proximité contribue puissamment au phénomène : les distances des deux astres à l’équateur y influent beaucoup aussi. La marée sdra au minimum dans les quadratures , si la Lune est apogée : si l’astre est périgée , clic sera au mairimum dans les syzygics; enfin les marées des équinoxes sont les plus puissantes, quand elles se réunissent avec la Lune périgée. Toutes choses égales d’ailleurs, la plus grande marée est à peu près double de la moindre; celle-là n’est que la 3° marée apres une syzygie , celle-ci la 3° après une quadrature.

113. Nous avons dit que les deux montagnes aqueuses qui causent la marée n’ont pas pour axes le rayon vecteur mené de la Terre à la Lune, et que le passage méridien de l’astre n’est pas le moment où le phénomène se manifeste. La manière dont l’action de cet astre se compose avec celle du soleil , l’adhérence des eaux dont l’écoulement n’est pas instantané ; leur frottement sur le fond de la mer ; la rotation diurne de la Terre, qui force cette protubérance à se déplacer sur la surface , et qui l’empèche d’atteindre à son maximum d’élévation à l’instant où la résultante des deüx forces principales vient l’attaquer; enfin, l’écoulement avec une vitesse accélérée , des eaux du reflux pour combler le vide des eaux du flux ; telles sont les principales causes qui n’amènent le retour du soulèvement des eaux que plusieurs heures après le passage de la Lune au méridien, et forcent la mer à mettre un peu plus de temps à descendre qu’à monter.

L’étendue des eaux doit contribuera leur élévation , puisque, dans une vaste mer, tout y favorise l’action lunaire ut solaire; aussi, dans

GlVWIïA'riON.

In Méditerranée, les marées sont à peine sensibles, et elles ne le sont nullement dans In mer Caspienne et la mer Nuire. Cependant le phénomène est assez remarquable, dans ces lieux mêmes, lorsque la transmission des ondes se produit dans des parties profondes et resserrées. On observe des marées au fond du golfe de Venise , et l’on dit qu’un philosophe grec s’est noyé de chagrin de n’avoir pu expliquer les mouvements de la mer dans le détruit de l’Euripe.

La configuration des rivages retarde aussi beaucoup l’époque du flux, et les divers lieux d’une côte en reçoivent l’effet à des moments différents; niais comme ces causes de retard sont constantes, leur effet l’est aussi. Le retard que la marée éprouve dans chaque lieu sur le passage méridien de la Lune , est toujours le même dans ce lieu ; il est de 3'‘30' à Brest, de 6 * à Saint-Malo , de 8*7 à Lorient, de 10*7 *' Dieppe , etc. : c’est cë qu’on nomme l’Établissement du port. Ainsi il est 3* 30' à Brest lorsque la mer est haute , les jours de la nouvelle et do la pleine Lune. Si l’un conçoit un large canal ouvert d’un côté dans la mer, et se prolongeant de l’autre au loin dans les terres ; lorsque le flux arrivera à l'embouchure , le mouvement des ondes se propagera successivement jusqu’à l’autre bout du canal ; mais ces oscillations se feront sentir d’autant plus tard que la distance à la mer sera plus grande. Telle est l’idée qu’on doit se faire du retard des marées dans les différents ports. Nous nous occuperons des moyens d’en annoncer les retours.

114. L’attraction de la Lune sur les mers est ioconlestable, et l’on doit juger que ratinosphèrc doit céder encore plus facilement à son action. C’est peut-être à cette cause qu’il faut rapporter la croyance où l’on est que les phases lunaires déterminent les grands changements de temps. Cette opinion, que démeut sans cesse l’observation , est qne erreur accréditée qui probablement n’est pas prête a finir, puisqu’on contradiction perpétuelle avec les faits, elle résiste partout à l’évidence. Au lieu d’avouer qu’on ignore la cause des variations atmosphériques, on a préféré les attribuer à la Lune , comme on lui a accordé mille autres vertus aussi chimériques.

En eflet , si les rivages , eii s’opposant à l’envahissement des mers , causent deux marées par jour, la grande mobilité de l’air ne permet pas un effet semblable dans ratmosphère , qui changerait deux fois par jour l’état météorologique; nous n’observons pas qu’aux syzygies les vents changent leur force et leur cours. Si donc l'action lunaire est incontestable, elle n’est qu’un des éléments les moins importants de

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MASSES PLANÉTAIllES. 171

cegraiid problème. L’état électrique do l’air, le lieu du Soleil d.niis l’écliptique, le mouTeraent de la Terre, la direction et In force dos vents, la température, paraissent avoir une influcuce bien plus marquée, et enfin on ne voit pas que les vents, ni les pluies, attendent le retour des phases pour exercer leur action ; ni que tous les pays aient le même temps, comme ils ont les mêmes phases^

Masses et densités des Planètes.

IIS. Les grandes montagnes de notre globe produisent aussi une attraction sur les corps qui en sont voisins. Qu’un astronome, au sud (le la montagne , observe une étoile vers le nord ; si le fil à plomb est influencé par l’attraction et écarté de la direction verticale, le zénith apparent, ou le point du ciel qui est sur la ligne de ce fil à plomb, reculera au sud, et la distance de l’éloilo au zénith sera trop grande.

Hais si le fil à plomb est dévié lorsqu’on est au sud de In montagne, il l’est en sens contraire quand on se place du cêté du nord. Ainsi, une observation faite dans cette région donnera une autre distance zénithale fautive. Dans le premier cas, le zénith a reculé au sud j ici il reculera au nord de la même quantité. La moitié de la diiférence de CCS deux distances est l’arc dont l’attraction de la montagne a écarté le pendule de la direction verticale. Bouguer a on etfet trouvé 7"^ do déviation près du Chimboraço (eoy. Connawance des Tem$, 1810).

Cette déviation explique très-bien la discorda nce.des riisultats obtenus dans la mesure de la Terre par des géomètres également dignes de fui. Uuttoa a même employé cette action des montagnes à la recherche de la densité du globe , en comparant leur masse à la distance ducorps attiré. Maskeline avait trouvé que le Schehallien , en Écosse, fait dévier le fil à plomb de prés de 6", et il en a conclu que la densité de cette montagne est les | de celle de la Terre , et cu(nme il suit d’un examen litholugique que la pre(nière est 3,8 , il en résulte que la densité muyenno du globe est B fuis celle de l’eau.

11 est vrai qu’une aussi petite déviation du fil à plomb ne peut mesurer avec précision une masse aussi grande : cette densité est en effet un peu trop faible ; ainsi qu’on le voit par l’expérience de Cavendish , qui est bien plus concluante, étant faite avec la balance de torsion , imaginée par Coulomb, pour mesurer de petites forces dont elle augmente les effets.

Un fil de laiton est fixé à son bout supérieur, et tendu verticalement par un poids faible suspendu au bas ; on dispose à ce bout une aiguille

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