‹ Uranographie, ou traité élémentaire d'astronomie a l'usage des personnes peu versées dans les mathématiques accompagné de planisphèresChapitre 44 sur 123 · MASSES PLANÉTAIRES · texte numérisé non relu

MASSES PLANÉTAIRES

horizontale qae la plus légère impulsion fait mouvoir, en tordant le fil métallique qui la supporte, d’une valeur angulaire proportionnelle à la force de torsion. Co fil se tord, et sa résistance à l’action imprimée épuise peu à peu la vitesse; l’aiguille s'arrête alors un moment au maximum d’écartement; l’élasticité du fil le force à se détordre, et l’aiguille revient à sa position initiale; mais alors la vitesse acquise l'oblige à se tordre en sens contraire , en s’écartant du côté opposé, d’une valeur angulaire presque égale à la première. Après diverses oscillations, l’aiguille finit par revenir au repos dans le point même de départ , semblable à un pendule qui ne répare pas les portes qu’il éprouve par le frottement et la résistance de l’air.

Or, on sait qu’une sphère homogène de plomb, par exemple, exerce son action comme si sa masse était réunie au centre. En la présentant à l’aiguille, il est aisé do connaître l'intensité de l’attraction par la durée des oscillations qui en résultent. Comparant ensuite la longueur de l’aiguille à celle d’un pendule que la gravité ferait osciller de la même manière, on en déduit le rapport de la force d’attraction de la sphère de plomb à celle de la gravité, qui n’est que l’action exercée par la masse entière du globe sur les corps placés à sa surfaèe. Ou a donc ainsi le rapport des masses de la sphère de plomb et de la Terre, et par suite celui des densités. Nous ne pouvons ici qu’indiquer le procédé, sans parler des précautions qu’il a fallu prendre pour écarter tout ce qui pouvait nuire au succès do cette belle expérience, et pour donner au résultat le degré d’exactitude dont elle était susceptible. On trouvera le calcul exposé dans le t. II de la Mécanique de H. Poisson, p. 3A. Cavendish a trouvé que la densité moyenne de notre globe est 5,48 fuis celle de l’eau, ainsi que l'illustre Newton l’avait prévu (ray. les Trans. Phil,, 1798).

1 16. Si la Terre devenait tout à coup deux fois plus dense, tous les corps y pèseraient deux fuis plus, puisque l’attraction est proportionnelle à la masse, et que cette masse étant à peu près sphérique, attire comme si elle était condensée à son centre. Un changement de masse se manifesterait par un changement proportionnel de vitesse; au lieu de tomber de 4,9 mètres dans la première seconde de sa chute , le corps devrait tomber de 9,8 mètres. On voit donc comment la vitesse de la chute d’un corps vers un autre, peut faire connaître le rapport ,dc leurs masses. Ce que nous avons dit pour la Lune (p. 147) comparée à la Terre, disons-lc pour la Terre par rapport au Soleil.

Soit (fig. 28) le Soleil en S ut la Terre en A : la vitesse de notre

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