‹ Uranographie, ou traité élémentaire d'astronomie a l'usage des personnes peu versées dans les mathématiques accompagné de planisphèresChapitre 55 sur 123 · CONNAISSANCE DU CIEL · texte numérisé non relu

CONNAISSANCE DU CIEL

Des Constellations.

IM. Nouf avons juiqu’ici cherché à démêler les mouvement* réels des corps célestes d’une fou)e d’apparences plus ou moins trompeuse* ;

il s’agit maintenant do rétablir ces apparences, de les étudier en elles-mêmes, d’en prévoir les résultats , et de les employer à la résolution de divers problèmes.

Nous avons vu l’espace peuplé d’une multitude d’étoiles fixées à des distances prodigieuses de nous ; ces myriades d’ustres , qui ne nous paraissent que desimints étincelants, sont autant de Soleils lumineux . par eux-mêmes , foyers de chaleur et de lumière, que réloigiiemeut rend presque insensibles k nos organes (u° 134). Dans ce désert immense que les étoiles laissent entre elles et nous , et dont l’étendue est peut-être à peine égale à celle qui les sépare les unes des autres, est placé le Soleil, astre qui n’est liii-inêtiie qu’une étoile dont l’éolat et les dimeusiuiis sont accrues par le rapprocheraeut. (]’est autour de lui que circulent plusieurs sphéroïdes opaques qu’on nomme Phnèles, qui ne sont visibles que parce qu’ils nous renvoient la lumière solaire. Ces corps ne sont pas immobiles comme les étoiles j au contraire, ils ont un mouvement propre qui les transporte dans les espaces célestes, en même temps qu'ils tournent sur un axe; ayant ainsi deux mouvements, l’un de rotation sur enx-mèmes, l’autre de translation dans une courbe elliptique. Ces deux mouvements sont, pour toutes les planètes dirigées dans le même sens, d’occident en orient, comme s’iJa eussent résulté d’un choc unique, imprimé à toutes à la fois, daus une direction excentrique à chacune , et que ces mobiles eussent ré'-.^ parti entre eux cette impulsion dans des relations indépendantes de leurs masses , de leur état initial , ou d’autres circonstances primitives (n<’ 92).

CONSTEU.ATIONS.

Le Soleil e*l pincé au foyer de ces diverses ellipses (fig. 26), tonninn l lui-même sur son axe d’occident en orient, et l’attraction qu’exerce sur les planètes sa masse immense croît comme leurs masses et décroit comme les carrés de leurs distances. Cette action retient ces corps dans leurs orbites, accélérant leur marche vers le périhélie, la retardant vers l’autre apside, enfin communiquant à chacune un mouvement d’autant plus lent que l’orbite a plus d’étendue. Ces trajectoires sont peu inclinées entre elles, et les planètes s’écartent à peine du plan de notre orbite, laquelle est une ligne presque circulaire tracée dans l’espace; car la Terre n’est elle-même qu’une planète, et même elle est bien loin d’être une des plus volumineuses. Son mouvement de rotation diurne produit l’apparence d’une révolution entière du ciel en sens contraire, ou d’orient en occident , et la succession des jours et des nuits; son mouvement annuel se faisant autour d'un axe dont l’inclinaison est constante sur le plan de l’orbite, et qui est emporté dans l’espace, en conservant le parallélisme, produit les saisons, et cette sorte d’illusion qui nous fait attribuer au Soleil une place différente chaque jour, et change les aspects célestes, comme si un mouvement commun transportait de 1° par jour ces astres vers l’onest. Comme nous nous jugeons immobiles, le Soleil nous semble doué de notre propre translation : de même que la rotation diurne de la Terre se traduit à nos yeux par la rotation apparente de la sphère étoilée, de même nous traduisons la translation delà Terre dans son orbite annuelle par une translation apparente du Soleil dans le ciel. Cet astre répond successivement à divers points, et semble parcourir chaque jour à peu près un degré, en allant de droite à gauche. C’est ce qui sert à expliquer la différence d’aspects que présente le ciel dans les diverses saisons.

Plusieurs planètes ont des satellites, sortes de globes qui circulent autour d’elles, et parcourent des ellipses dont elles sont le foyer. Ces satellites, emportés dans l’espace par la translation de la planète, qui en est le centre d’attraction, marchent suivant les mêmes lois que celle-ci autour du Soleil, et cet astre attirant ces corps et leurs satellites, comme tous s’attirent réciproquement, il en résulte des altérations dans leurs vitesses et dans les éléments de leurs orbites. Ces perturbations changent les durées des révolutions; la position des apsides, qui tournent lentement autour du foyer; les nœuds, qui rétrogradent sans cesse; enfin les inclinaisons, qui varient en se balançant autour d’un étal moyen. La Lune est le satellite de la Terre, et la petitesse de sa niasse étant compensée par le rapprochement, nous

CONSTELLATIONS

en ressontoiis l’influence, qui ae manifeste par divers phénomènes : les marées, la prccessiun et la nutation.

Lus comètes, enfin, complètent notre système solaire; ce sont des corps opaques qui se meuvent, sous toutes les directions et dans tous les sens, dans des ellipses excessivement allongées, dont le Soleil est aussi le foyer d’attraction. Ces corps ne sont pas perceptibles pour nous, lorsque, situés à d’immenses éloignements, la lumière du Soleil qui les éclaire n’a pas assez d’intensité pour frapper nos yeux; mais, en s’approchant de nous , ils reçoivent eu même temps plus de lumière ; et vers leur périhélie, où une temjrérature excessive les pénètre et les vaporise, nous les apercevons sous ces figures singulières qu’elles reperdent peu à peu eu s’éloignant.

Tel est le système que nous avons exposé, et qui a été exprimé par un du nos plus grands poètes, dans ces vers élégants :

Dan* le ccolre écUUot de ces orbe» immensoa ,

Qui n'oolpu août cacher leur marche et leurs distances,

Luit cet astre du jour, par Dieu même allume,

Qui tourne autour de soi sur* sou axe enflammé.

De lui parlent sans fin dos turrenU de lumière ;

Il donne, en se montrant, la vie à la matière,

Et dispense les jours, les saUous et les ans,

A des mondes divers autour de lui flotUots.

Ces astres, asservis à la loi qui les presse,

S’attirent tiens leur course cl s'évitent sans cesse ;

Et, servant l’un à l'autre ci de règle et d’appui ,

So prêtent les clartés qu*üs rcroivent de lui.

Au delà de leur cours et loin de cet espace ,

Où la matière nage et que Dieu seul embrasse.

Sont des soleils sans nombre, et des mondes sans fin t Daus cet abime immense il leur ouvre un chemia.

Par delà tous ces cieux lo Dieu des cieux réside*

UaKXUMf VU.

137. 11 est d’autant pins nécessaire de se bien pénétrer du système de l’univers, tel que nous l’avons démontré dans la première partie, qu’abandonnant désormais lus réalités dos mouvements célestes, c’est à l'élude des apparences que nous allous surtout nous livrer. La récapitulation rapide que nous venons de faire des vérités astronomiques doit sans cesse être présente à l’esprit, pour rectifier l’exposition qui va être donnée des seuls mouvements apparents, concevoir les nsages qu’on en fait pour les besoins de la société, et démontrer chacun des jirocédés qu’on va enseigner, soit en les ramenant au véritable état du ciul , suit en conservant les ajqmrciiccs que nous lui substituons.

CONSTHLLATIONS.

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