‹ Uranographie, ou traité élémentaire d'astronomie a l'usage des personnes peu versées dans les mathématiques accompagné de planisphèresChapitre 81 sur 123 · GÉODÉSIE, NAVIGATION · texte numérisé non relu

GÉODÉSIE, NAVIGATION

Il y a un autre élément néeeuaire, c’est la direction que suit le navire : elle est donnée par la bouuole ou rose de vents, en ayant égard à la déclinaison de Tainiant (n° 239), qui est constante en chaque lieu. Cet instrument sert à maintenir et à rétablir cette direction ; mais elle ne donne pas directement celle que suit le vaisseau, laquelle en est très-différente, à cause de la Dérive : on nomme ainsi un effet qui porte le vaisseau dans le sens où le vent souffle, et qui varie avec la qualité de la mer, la force du vent, la quantité de voiles, etc. . . . Pour connaître la vraie roule que suit le navire sur la surface de la mer, on se sert d’une autre boussole, nommée Compas de varùtlion; elle est portative et munie de pinnules. En visant la houache, trace que le navire laisse au loin derrière lui sur les eaux , on eu conclut aisément l’angle formé par celte longue trace et la ligne où l’ou gouverne : c’est la dérive.

Une fois connues la direction du vaisseau et sa vitesse, l’officier fait alors son Point, c’est-à-dire marque sur une carie marine le point où il se trouve, cl c’est dans celte suite d’opérations incertaines que consiste ce qu’il noninie son Estime ; il prend soin de la rectifier ensuite par des moyens plus exacts que lui fournit l’Astronomie.

238. III. Par les éclipses du Soleil, de la Lune ou des satellites de Jupiter, et par les occultations d’étoiles.

Lors d’une éclipse de Lune, supposons que deux astronomes, placés en des lieux differents, et munis chacun d’une bonne pendule, réglée sur les méridiens des lieux où ils se trouvent, observent avec soin l’instant précis où l’une des taches lunaires disparait. Cet instant physique est le même pour toute la Terre, cl la parallaxe ii’y influe en rien J l’heure seule est différente j des pendules réglées avec soin sur le méridien du lieu n’indiqueront pas les mêmes heurës : leur différence est celle des méridiens. Une éclipse pouvant durer 3' 7 , en opérant de iiièiue pour l’immersion et l’émersion des diverses taches de la Lune, un a le temps de faire une centaine d’observations, dont chacune donne une valeur du la longitude; la moyenne entre les résultats est la valeur qu’on doit conserver.

On peut même calculer d’avance, pour un lieu tel que Paris, l’instant des principales phases d’une éclipse; en consultant ces prédictions, on en conclut la longitude d’un lien d’où l’éclipse est observée, sans qu’il suit besoin d’établir de communications avec quelque autre observateur. Le Soleil se prête mieux que la Lune à ce genre d’opération, parce que, dans les écli[ises de Lune, les bords de l’ombre terrestre

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