‹ Uranographie, ou traité élémentaire d'astronomie a l'usage des personnes peu versées dans les mathématiques accompagné de planisphèresChapitre 86 sur 123 · SUR LES DATES HISTOUIOIJES · texte numérisé non relu

SUR LES DATES HISTOUIOIJES

(l’Orbe* rouins excentriques -, ce qui suppose nutuur du Soleil une ntinu* sphère qui s’est étendue an delà du périhélie des cumètës observables, et qui, en détruisant les inoiivcincats de celles qui l’ont traversée pendant la durée de sa grande étendue, les a réunies nu Soleil. Alors, on voit qu’il ne doit exister pré«entcineiil que les comètes qui étaient au delà dans cet intervalle ; et comiuo nous ne pouvons observer que celles qui approchent assex près du Soleil, dans leur périhélie, leurs orbes doivent être fort excentriques. Mais en même temps , on voit que leurs inclinaisons doivent olfrir les mtviios irrégularités que si ces corps ont été lancés nu hasard , puisque ratmosphère solaire n’a point iiiilbé sur leurs mouvements. Ainsi In longue duree des rcyolutions dos comètes , la grande excentricité de leurs orbes , et la variété de leurs inclinaisons , s’expliquent très-naturellement au moyen de celte atmosphère. ' ' •

■ Mais comment a-t-cllc déterminé les monvemonts de révolution et de rotation des planètes? Si ces corps avaient pénétré dans ce fluide, sa résistance les aurait fait tomber sur le .Soleil. On peut donc conjecturer qu'ils ont été formés aux limites successives decette atmosphère, par la condensation des zones qu'elle a dû abandonner dans le plan do son équateur, en se refroidissant et se condensant à la surface de cct astre. On peut conjecturer encore que les satellites ont été formés d’une manière semblable, par les atmosphères des planètes. Tous les phénomènes découlent nalurcllcmciit de ces hypolhi-ses, auxquelles le* anneaux de Saturne ajoutent un nouveau degré de vraisemblance. i>

Usages de l’Astronomie pour vérifier les dates historiques.

243. Rien n’est plus facile que de déterminer les époques du retour des phénomènes, lorsqu’ils sont soumis à une durée périodique bien connue. En remontant dans les temps anciens , ai l’on trouve le récit do quelqu’un de ces pliéitomèhes, on peut donc fixer la date de ce fait, et confirmer ou détruire les témoignages historiques qui s’y rapportent. Nous en donnerons plusieurs exemples.

. I. Hésiode habitait la Béotie^ de son temps, il rapporte que Tétoilo Arclurus se levait 60 jours après le solstice d’hiver; c’est du lever héliaque qu’il s’agit ici. Comme un ignore à quelle époque ce poète a vécu, ce simple renseignement peut nous l’apprendre : car en calculant l’époque à laquelle le phénomène a dû arriver dans le pays habité par Hésiode, on trouve l’an — 980 à peu près. Celte date ne diffère guère de celles qu’indiquent Plutarque , Hérodote, et la Chronique de

SUR LES DATES HISTORlOliES.

Paras, sar les niarbres d'ArunilcI. Ainsi Hésiode niirnit été contempornin d’Homère , ou ne l’aurait guère précédé. Celle conséquence s’accorde très-bien avec celle qu’on tire de l’examen du style des deux poètes dont In diction a une conForniité remarquable.

II. Au rapport d’IIipparqiie, Eiiduxe affirme que, de son temps, le pôle était occupé par une étoile ; il ne peut être question de notre Polaire, qui alors en était fort éloignée. Le cercle dont le centre est au pôle de l’écliptique, et qui passe par celui de l’équateur, indique à peu près les divers points de la sphère céleste (coy. pl. 1 et 11) , qui tour à tour occupent cc dernier pôle, lorsque le mouvement de précession porte lentement les étoiles vers l’orient (n° 100). Sur ce cercle , x du Dragon peut seule avoir fourni l’observation dont il s’agit, attendu qu’elle est remarquable à la vue simple. La longitude de cette étoile est, en 1829, de 133" 80' 14"; sa latitude de 61"45'0": pour qu’elle occu|>c le pôle, ou que sa longitude suit de 90°, il faut que son cercle do latitude passe par le solstice d’été; la différence entre ces doux longitudes est de 48°, 8372 ; c’est le mouvement dû à la précession. Mais ( n" 106 ) , à raison de 1",39 par siècle, cet arc n’est produit qu’eu 3164 ans; et comme on sait d’ailleurs qu’Eudoxe vivait il y a 2180 ans, on voit que ce savant a décrit une sphère antérieure de mille ans , et dans laquelle le solstice était au milieu du Cancer (roy. page 307 ).

On suppose que celte sphère est celle que Chiron a donnée vers le temps du siège de Truie. On pourrait aussi croire que les Égyptiens , ayant depuis longtemps négligé les observations du ciel, avaient conservé la tradition d’une sphère ancienne, qu’Eudoxe leur n empruntée. Au reste, ce qui confirme notre calcul , c’est que l'obliquité de l’écliptique était alors 23° 84' 35"; quand la longitude est de 90°, le cercle de latit. est aussi cercle de déclin. : ajoutant donc la latit. 61° 48' G", qui reste constante, on a 88" 48' pour la déclinaison de x du Dragon , il y a 3184 ans ; ainsi cette étoile n’était qu’à 4° 18' du pôle, distance peu sensible surtout pour des observateurs qui n’avaient pas d’instruments bien parfaits.

Columelle indique dans son Calendrier, construit pour les Romains, le lever de la grande Ourse , et le coucher de Céphée, qui ne passent jamais sous l’horizon de Rome : il parle de Canopus, et cette étoile n’y est jamais visible; il dit que le Centaure brille aux yeux des Romains, etc. Il est donc évident que Columelle n’a jamais observé le ciel à Rome, et qu’il répétait les leçons des professeurs d’Alexandrie.

III. Le père Gaubil rappcirtc que Tcheou-Koung , frère d’un empereur do la Chine , mesura l’ombre d’un gnomon , aux époques roéri-

dieunes des deux solstices , dans la ville de Loyang, aujourd’hui Honan-fou : la hauteur du gnomon étant 8 , les deux longueurs d’orabre étaient 1, K et 18. Une foüle de témoignages attestent la réalité de ces observations. Cependant , comme on a accusé les missionnuircs d’avoir exagéré l’antiquité de l’empire de la Chine, interrogeons l’Astronomie pour confirmer ou détruire cette accusation.

Le rayon solaire , qui rase le bord supérieur de l’astre et le sommet du gnomon , faisait alors , avec son axe vertical , des angles dont les tangentes sont J-j et angles qu’on trouve être run de 10®,62 , l’autre de 88', 39. Ajoutons le demi-diamètre du Soleil, faisons les corrections do réfraction et de parallaxe , et nous trouverons, pour la distance vraie du centre du Soleil au zénith de Loyang, à l'époque des solstices, 10°, 885 et58°,687. La demi-soin me de ces distances zénithales est la latitude du giiumon (page 59), la demi-différence est l’obliquité do l’écliptique, à l’époque de l’observation, c’est-à-diro 1100 ans avant notre ère : or, c’est précisément ce qu’on trouve ètf® à très-peu près. Cos observations sont donc réelles, puisque, pour avoiè^ été arrangées récemment, il aurait fallu les disposer l’une et l’autr^ d'après la lui de variation de l’obliquité de l’écliptique , loi qui alors était inconnue (roy. un Mémoire du M. Laplace, Connaisiance des Tenu, 1811, et VAstronomie de Biot, 11, 315).

244. IV, L’antiquité de plusieurs monuments égyptiens est constatée par le mouvement équinoxial ; décrivons les temples d’Ksné et de Dendérah , qu’un climat conservateur a préservés d’une ruine entière, malgré les efforts du temps, et dont les savants attachés à l’expédition française ont étudié les sculptures et rapporté des dessins corrects.

Sur le plafond du portique du grand temple de Dendérah, on voit une double figure, qu’on suppose être Isis , on , selon d’autres, l’Année, qui cncèint, de son corps, les douze constellations zodiacales , rangées sur deux séries dans l’ordre ci-après :

Pour se faire une juste idée du tableau suivant, il faut tenir le livre ouvert devant soi , et l’élever ensuite horizontalement au-dessus de la tète, afin de lui donner la position qu’il a .sur le plafond uuso/itedu portique du temple. On a ainsi le Cancer à la gauche et le Lion à la droite j on est censé entrer sous la colonnade qui forme le portique du temple dont la porte est à l’extrémité. Or, en procédant uomme si l’on voulait entrer dans le temple, on observe que les deux files de constellations sont des figures tournées, savoir, six pour entrer dans le temple, les six autres pour en sortir, formant une sorte de procession : le Cau-

98G sur l.F.S HATF.S IMSTORIQrFS.

ccr, les GémcQUX, le Taureau, le Bélier, les Poissons ol lo Verseau regardent la porto du temple, où ils vont siicoessivciucnt entrer; lu Lion, la Vierge, la Balance, lo Scorpion, le Sagittaire et le Caprin corne, sont tournés en sens contraire, et sortent du temple, les regards dirigés hors du portique.

Façade du Portique.

POITB DD TBins.

Cette procession des doute constellations sera facile à comprendre, on les lisant dans l’ordre où le Soleil les parcourt chaque année; et comme c’est le Cancer qui entre lo dernier, et lo Lion qui sort le premier, il est clair que celte singulière disposition n’est point un efiot du caprice ou du hasard , et qu’on l’a adoptée pour signaler une époque que la contemplation du ciel a pu faire recunnaitre.

Tout dans ce monument est disposé pour indiquer que le Q était dans le Cancer, lors du lever hélinque de Siriua ; le débordement du Nil reoomuiençait l’année suthique , un mois après , le 0 étant dans le Lion. £n effet , on voit distribués çà ol la divers emblèmes très^xpressiFs, qui caractérisent des phénomènes naturels propres an climat d’Égypte: une barque, qui aunonce l’approche de l’inondation, une fleur de lotus épanouie, un serpent qui semble s’élever au-dessus du niveau des eaux, une figure qui verse l’eau de deux amphores, etc. Eu outre, le solstice est indiqué par le disque solaire, élevé au plus haut point de sa course , et versant des flots de lumière , d’où commence à sortir une tète d’isis, symbole caractéristique de Sirius , ei présage du débordement.

Bue chose très-singulière dans ce tableau , o’est que le sculpteur a pris soin de faire sortir le corps du Cancer de l’enceinte qui réunit tous les hiéroglyphes, et qui est fermée par deux figures dont les pieds sont en (A) et (D), vers la porte du temple, et la tète au fond, en (B) et (C) , comme voulant désigner que l’aiinée suthique finissait, le Soleil étant nu solstice vers le milieu du Crincer. Lu Lion , signe iiii-

Cancer ^ Lion (B)

Gémeaux {:( Vierge lïp

Taureau y Balance ^ t

Bélier 'Y' Scorpion TI\ R *

Poissons )( Sagitlairo +>

Verseau e» Capricorne JL (A)

ZOniAQL'K. t87

Uni ilo In scrio sortante , correspond donc à l'ëpoque où le Nil commence à déborder, environ un mois nprès le solstice d’été. Aussi, pour éviter l’erreur, on a réuni les emblèines do ce solstice auprès du Cancer, tandis que le Lion est seulement précédé d’un sonrabée à une seule aile ; et l’on a , avec intention , commis une faute de symétrie dans la sculpture, en donnant au Cancer une position aussi irrégulière quo remarquable ; car les Egyptiens ne se sont peut-être écartés que cetlo seule fuis de la symétrie qu’on trouve dans toutes leurs soulpturea, comme pour indiquer ici, par une disposition spéciale, qu’on devait y trouver nn emblème important.

Comme le commencement du xodiaquo est évidemment ici placé au lever hcliaqne do Sirius, qui alors arrivait quand le Soleil était etitre le Cancer et le Lion , et que le Nil commençait en même temps à élever ses eaux , phénomène qui suit de près le solstice, ce sodiaque semble indiquer lu retour du Soleil au solstice dans le milieu du Cancer. Pour remonter à l’époque de la uonstructiun de ce monument, ou du moins celle où les aspects célestes étaient conformes à co qu’ou y voit figuré, il faudrait ooiiiiuitro les points où les nnoiens limitaient la constellation du Cancer, afin d'eu inférer l’étendue de l’aro de rétrogradation.

Il est très-vruisemblabic qu’ils partageaient, oomine nous, le zodiaque en douze parties égales de 20° chaque, et que les constellations, inventées dans les temps antérieurs, ont reçu des bornes fixes et convenues; mais quelles étaient ces limites? c’est ce que l’histoire ne nous apprend pas. Eu cherchant à diviser le cercle de l’écliptique en douze arcs de 30°, et variant le point de départ , il ii’y a à peu prèa qu’une seule disposition qui remplisse les conditions principales, 1° de laisser les plus belles étoiles de chaque constellation daus i’espace qui s’y rapporte ; 3° d'enfermer le Scorpion juste dans son espace de 30°, et de le séparer du Sagittaire. On sait que les .moiens Égyptiens avaient sur oes astérismes des idées qui ne permettaient pas d’en confoudre les étoiles. Cette disposition est celle qui sépare le Bélier da Taureau, par le cercle de latitude des Pléiades, et qui fait commencer le Lion à Régulus. Eu effet, l’équinoxe a clé longtemps remarqué dans le Taureau, qu’on honorait sous l’emblème de Mithra, et les Pléiades sont une des parties les plus remarquables de cette coiislellation : en outre, Régulus a lunglcnips été regardé comme le chef des mouvements célestes. Le Bélier se trouve commencer un peu h l’est de « Poissons. D’après celle opinion, la'seule qui remplisse les conditions énoncées et plusieurs autres iiiuiiis hu|>ortaiiles dont nous n’avons pas

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