‹ Uranographie, ou traité élémentaire d'astronomie a l'usage des personnes peu versées dans les mathématiques accompagné de planisphèresChapitre 87 sur 123 · SUR I,KS DATES HIS TORIQUES · texte numérisé non relu

SUR I,KS DATES HIS TORIQUES

parlé, c’est 140 ans avant noire ère * que l’équinoxe était à la Uinile qui sépare les Poissons du Bélier, et où les signes et les constellations étaient en coiiicidenee : l’équinoxe était à la limite opposée, origine du Taureau, en — 3196 ; il entrera dans le Verseau l’an 3016, dans le Capricorne l’an 4173, etc.

Les limites que nous assignons aux constellations, que tout s’accorde à rendre vraisemblables , déplacent les signes, à leur égard, de 37‘*j en sorte qu’à S" près, nous appelons maintenant signe du Bélier ce que les Grecs nommaient constellation des Poissons; et ainsi des autres, en reportant chaque signe de 37° à l’ouest de la constellation de même nom. Nous voyons donc que, pour que le solstice d’élé fût plaeé au milieu du Cancer, il faut que l’équinoxe le suit au milieu de la constellation du Bélier; et l’cpoque où cet état du ciel s’est réalisé est antérieure de 1078 ans à l’an — 140 déjà fixée ci-dessus, savoir en — '1318. En admettant que le zodiaque de Dendérah représente le solstice nu tiers on'au quart du Cancer, il ne faudrait remonter qu’à l’an — 860 ou — 680. On conçoit que la question dont il s’agit n’est pas susceptible d’une solution plus précise; c’est .à deux ou 3 siècles près, 8 cents ans avant notre ère qu’un voyait au ciel les phénomènes représentés par ce monument.

Le temple do Dendérah renfermait aussi un autre zodiaque, quia été transporté à Paris par M. Saulnier en 1831 ; on le voit au Musée. Il est appelé sodiaque circulaire uu planisphère par la Commission d’Egypte. C’est un plaiiisphére en forme de médaillon circulaire dont le diamètre est do 7 pieds : il n’est manifestement qu’une copie du grand zodiaque qu’un vient de décrire, et se trouvait sculpté au plafond d'une petite chambre sur la terrasse du temple. Les constellations zodiacales y sont disposées en cercle autour du pôle; et pour indiquer les deux bouts de la procession, ou y remarque qu'elles y sont disposées en ligne spirale : ce qui met en évidence que la série commence par le Lion et finit par le Cancer, puisque les extrémités ne ae réunissent pas , mais seulement se trouvent placées sur le même rayon du planisphère **.

* Frérvt prend pour limite du Bélier i'étoilc y de cette constulUlion, ce qui reporte i ao« avant notre ère l'cpoquc où réquinoxe a quitté le Bélier, à — celle où il y c&t enUv , en quittant le Taureau... . Ce sentiment, que j'avais adopté de confiance, n'càl qu'une conjecture que n'appuic aucun document hiitorique, ci ne peut «outenir rexamen : car Heguiu* et y du Lion ne fccraicnl plus danà le Lion, les Pléiade» icraicul linr» du Taureau i ^ Verxeau et tomalhaul feraient à peine partie du Ver»cau; ^ du Scorpion Krait dan» la Üaiauoc, Cic. (y. loj).

**On a prétendu que le temple de Uendérah avait été t'on»li*uil »oti» Ij domination roinaînc ;

On Toit à Esné deux autre* zodiaques Lien plii* anciens. Celui du grand temple offre de même les douze figures du zodiaque sculptées

cette opinion ne mériterait paa d'étre réfutée, «i elle n'arait clé soutenue par det hommei lrè»-iniLruiti. Mais, outre que Slrabon dit avoir admiré ce monument, i qui prétend-on persuader que les empereurs romains ont fait construire dans un pays d'exil, déjà peu peuplé de leur temps, un monument dont la majesté et la maj^nlficence dépassent tout ce que ritâlie possédait alors de plus beau ? C'est à Rome, ou du moins à Alexandrie, qu'ils auraient élevé ce temple, et non pas au milieu des déserts. Cet édifice se lie d’ailleurs, par son style, à la multitude infinie de constructions qu'on voit dans la mécuc contrée, et qui lui sont mani> festement plus ou moins contemporaines. 11 faut le dire, on ne son0e à contester Tantiquité du temple de Dendérah,que précisément parce qu'il y a des xodiaques sculptés qui la démontrent.

On Ht, dit*on, sur le planisphère, le mot AUTocasToa en caractères phonitiqutt, et ce titre ne peut se rapporter qu'à Néron. Sans nier ce fait, je ferai remarquer que, de la multitude d'hiéroglyphes qui couvrent tous les murs égyptiens, on ne sait lire que ceux, en très* pelilnombre, qui sont enfermés dans des espèces de médaillons. Aussi ce mol autocrator estil le seul qu'on lit sur une lande chargée de symboles, dont l'original est détruit, et qu’on no connaît que d'après une copte dont l'exaclitude peut être douteuse.

Dans l'éloge prononcé par M. Arago des travaux de Th. Vouog {Revu»d«t deux Mondes^ T- IV, |5 décembre, i 833 , p. 75^)00 trouve ce passage: «Ainsi, pour le dire eu passanl.se trouvera tranchée, d'une part la vive et éternelle discussion que l'àge de ses monuments a fait naître : ainsi l'autre sera constate sans retour, que sous la domination romaine, les hiéroglyphes ctah nl encore en plein usage sur Ic-t bords du Nil. »

Ce savant so fonde, pour justifier ces as.serlions, surre qu'un lit en effet le nom de CUopàtre sur l'obélisque de Pbilv, deux fois le nom A' jilexandre sur les temples de Karnac, un titre impérial romain sur le xodi.iquc de Dcndérah et sur le grand édifice même les noms et noms Aet cmpcTcun Auguste, Tibère, Claude, Piéron, Domtiien.

Sans contester ces faits, la force des raison» ci-dc«sus exposées est telle que, plutèt que d'attribuer la construction de l'édifice à ces empereurs, j'aimerais mieux croire que ces noms ont été mis après coup, soit sur des espaces libres de sculptures, soit sur des médaillons vides de signes, comme on en voit ailleurs. Si le temple a été restauré sous la domination romaine, Q*a.l.on pas pu y construire ccltc petite chambre qui e»t placée au haut de l'édifice, y copier le grand zodiaque et dédier celte copie à Néron ? Nous avons vu de nos jours les chiffres do Napoléon couvrir les murs du Louvre ; et aujourd'hui 1 a colonne que la grande armée a érigée, à ses frais, à Boulogne, en l'honneur du cet empereur, porte les fleurs de lis des Bourbons. La flatterie a usé de tout temps des mêmes moyens, pour plaire aux hommes puissants cl s'attirer leurs faveurs.

Accordons cependant que le temple de Dcndérah n'ait été construit que dans les premlcra siècles de notre ère; qu'importe cela à ranliquilc du zodiaque? Il est cerl.vin qu'à unoépo* que où l'Egypte était florissante, les habitants ont remarqué que le solstice d'élé arrivait dans le Cancer, et qu'ils ont conservé la tradition de ce fait, qui remonte à »6 siècles. Huit cents ans avant notre ère, ce peuple bâtissait des temples dont l’étendue et la majesté nouséton* oeol; ils pouédaient la Mécanique, l'ArchitecUirc, l'Astronomie et tous les arts dont ces •cieocet supposent la connaissance. Et même il faut remonter bien plus haut oncoro pour retrouver l’époque dus monuments du Louqsor, Karnac, E»né, de. On n'en doit pas être surpris, lorsqu'on remarque que 1700 ans avant noire ère, Thèlas n’était déjà plus la capitale de l'Egypte, puisque Joseph, qui ailminislrail cet Etat, résidait à Memphis, où scsfrèret vinrent lui denander des secours contre la famine qui désolait la Judée. Les Egyptiens connaissaient la durée des années tropique et sidérale, avaient inventé la semaine, et faisaient usage de diverses périodes de restitution qui supposent des observations célestes continuées peoant une longue suite de siècles (v. p. «9), 999 cl do 3 ).

An reale, ce ne sont auurément ni les Grec», ni les Romains, qui ont sculpté les xodiaques, rRAXOGRArnTK,

200 SDU LKS nATF-S HISTORIQUES.

«urdcux léric» longiladinales, ditposéei en procution comme on le voit ci-aprM :

Façade du portique.

Lion

Vierya

Caacor

Balauco

Carneaux

Scorpion

ni

Taureau

Sagittaire

Bélier

Capricorne

Poiiioai

Verseau

rOlTE DE TiarLE.

Il faut lire ce tableau comme le précédent, en tenant le livre onverl horiioninicment nu-dessus de la tète, pour le voir comme il est lorsqu’on passe sons lu porliqne, dans la direction où l’on entre du dehors dans le temple, qui se trouve au fond.

La ligne des figures qui sortent comprend la Vierge, la Dalanco, le Scorpion, etc.; l’antre ligncconticnl le Lion, le Cancer, etc., dirigés en sons rétrograde. Des étoiles sont groupées près de chaque figure iod>U' cale [H)ur la distinguer des autres emblèmes qn’on y a représentés. Après les six premières figures zodiac.ilcs, il y a beanenup d’autres figures dont la signification est inconnue, mais qui, n’étant pas di>tingnées par des étoiles, ne représentent pas des eonstellations.

3ur la S' bande, la fin de rannée sothiipie, annoncée par le lever luTia()ue de Sirius, su trouve dans le f.ioii ; et un mois ajirè-s, la Vierge recommence cette mince avec le débordement du Nil; et jnnir qu’on ne s’y méprenne pas, clic est précédée de deux scarabées, cmblèinis de régénération, üii y voit aussi un sphinx à tète du femme, sorte du combinaison du Lion et do la Vierge , qui ouvre la luarchu, et coiniiience la procession que le Lion termine. Sur la 1'* bande, on remarque

pniK|ue c€i peuplet n'ont jamai* tracé d'inéroglypheaf et que Jet aliribuU dont iU (liMMnl usage ne se trouvent nulle part dans ces monuments : les temples portent des empreiolos certaines d'une origine égyptienne {voÿ. la Arvue Encycl.^ mei 1806 et mai i8ss).

On a prétcodn que les Komains avaient employé les Egyptiens à construire le monument de Dendérah ; mais ce n'est là qu’une conjecture tout à fait dénuée de preuves, et llitstoire SC tait absolument à cet égard, l/assertion est même sans vraisemblance. Quarante mille pieds carrés couverts de sculptures ne s’exécutent pas sans que les historiens et les poètes ne citent ce superbe emploi de la puissance qui les ordonne et les paye. D’ailleurs on sait que les Grecs ont parlé avec orgueil des réparations qu'ils ont faites à quelques roonumenU ; comment croire qu’ils n’auraient rien dit de la construction entière «l'un édifice aussi majcstufiux?

qitfl la sdiio de* ligne* qui enlrenl finit par lo Lion , dont la queue ast «aisiu par une figure scmblnblo à la Vierge. Selon la oonjecturo de M. Jomard, oette image exprima que le lolitioe quitte la Vierge pour entrer dan* la Liun. Mai>, d’un autre oAtd,on pourrait aiiiii croire que oe «oUlioe répondait alors au milieu du Lion, en considérant que la série est terminée par deux figures égales d’hommes à têtes de lions, qui *e donnent la main, et en outre, par deux lions parfaitement égaux. Ce'sont des nuages qu’il ne nous est pas donné de pénétrer.

Il est clair que, dans la première expliealion, tout semble disposé pour indiquer qu’à l’époque de l’édification du temple d’Esné, le Soleil solsticial était à la limite des constellations de la Vierge et du Lion. Ce monnmont asironontique daterait donc d’environ 4S00 ans avant notre ère. Dans la seconde explication, le Soleil solsticial serait au milieu du Liun, et le inunumeiit d’Esné ne remonterait qu’a 3400 ans avant notre èfe; et si l’on admet que le solstice arrivait au cuinmeiicemcntdu Lion, oe qui mosemblcplus vraisemblable, ou ne trouverait .à ce temple que 4200 ans d’anliquilc. Certainement il sera bientôt reçu cuiiimc une vérité classique qu’au inuins 2400 ans avant notre ère, les Égyptiens étaient réuni* en corps de nation civilisée, et eultivaient les arts et les sciences, qu’il* avaient porté* déjà à un usseï haut degré de splendeur.

Dans un autre xodiaque au nord d’Esné , sculpté, comme le précédent, sur lo plafond d’un temple, en remarque les même* symboles a l’ouverture de l'année, c’est-à-dire nn Lion, terminant la série dos signes qui entrent dans le temple.

Voici le tableau de ces figures ;

Façade eatérieure.

Vierge

Lion

Balance

Cancer

Scorpion

ni

Gémeaux

Sagittaire

Taureau

Capricorae

Bélier

Vertesa

PoiUODI

NSTS BV

TxarLi.

On lira CCS constellations comme il a été expliqué ci-devant. On y remarque d’ailleurs que la queue du Liun est saisie, dans si« partie supérieure par une femme; nu membre viril ailé, placé auprès, désigne

is’

son LES DATES niSTORIQÜKS.

encore qne le solstice n reproduit In crue du Nil, cause principale de fécondation. Dans ce second nionunaeiit, l’image de la Vierge, et les symboles qui l’.iccompagnent, sont détruits par l’âge; on n’en a trouvé que les débris ; mais le reste du zodiaque ne laisse aucun doute sur la figure qui commençait la série des signes sortants. L’époque parait être un peu plus récente que celle du zodiaque du grand temple; une partie des pierres est tombée sur le sol ; mais il a été facile de rapprocher ces débris, et de dessiner l’ensemble dans un état de restauration tel qu’il était avant d’être dégradé.

Du reste, en comparant l’état de conservation de Dendérah aux ruines d'Fsiié, remarquant les détails des sculptures, voyant enfin que Dendérah est au-dessous de Thèbes, tandis qu’Esnéest dans la Haute- Égypte, il est évident que le premier monument est d’une bien moins haute antiquité que ceux d’Esné . ce qui s’accorde parfaitement avec notre calcul.

A la vérité, on a trouvé une courte inscription grecque sur une des colonnes du petit temple d’Esné qui paraît avoir été sculptée après coup et à une époque postérieure ; mais ce temple n’a jamais été aêhevé, ce qui permet de croire que l’inscription n’a rien de commun avec le grand temple , qui est un édifice d’une vaste étendue.

C’est là Fourier qu’on doit l’interprétation de ces zodiaques. Servi par un heureux hasard, ce savant n reconnu le premier la signification des douze figures, et a saisi l’ingénieuse idée dont les Égyptiens se servaient pour perpétuer le souvenir des événements et en fixer la date. Ce qui eût échappé à un homme ordinaire, est devenu, pour Fourier, un trait de lumière qui a dirigé bien des recherches.

Nous n’avions le projet que de montrer comment l’.Aslronoraie peut servir à fixer les dates historiques de quelques événements passés , et nous sommes arrivés à établir que les Egyptiens connaissaient le zodiaque et la prcccssion. Puisque le zodiaque a été gravé sur des monuments bien antérieurs aux siècles de la Grèce, ce n’est donc pas aux Grecs qu on le doit. D’ailleurs , si l’on considère que le zodiaque sert à peindre les événements naturels et périodiques propres à l’Égypte, ainsique nous l’exposerons (n“248), tandis qu’il n’aurait eu aucun sens pour les Grecs supposés inventeurs ; qne d’un autre côté, le solstice est placé dans des constellations différentes sur les murailles do monuments antérieurs de 600 ans au moins à Hipparque, il faut avouer que ce n’est pas cet astronome qui a découvert la précession. Qu’on nie, contre l’évidence, que Thaïes, Anaxagoie, Pythagore, et tant d autres Grecs, allèrent puiser en Égypte les connaissances qu’ils

rapportèreut ensuite dans leur pairie; qti un prétende mémo, contre toute raison , qu’ils firent , au contraire , briller leur savoir en Égypte, qu’ils y prédirent des éclipse^et mesurèrent la Terre; et qu’enfin, comme pour rendre cette opinion plus ridicule , on ajoute que, sans Thaïes, les Egyptiens u’auraienl pu trouver la hauteur de leurs pyramides, d’après la longueur de l’ombre qu’elles portent; nous ne songerons pas à réfuter de pareilles assertions, tout à fait étrangères à notre objet. Il nous suffit que des monuments d’une exécution admirable aient prouvé non-seulement l’habileté des artistes qui les ont élevés , mais encore le savoir des hommes qui en ont dirigé les travaux.

Je n’ignore pas qu’un savant d’une vaste érudition, Delambro, s’est déclaré pour l’opinion qui ne fait remonter qu’à 160 ans avant notre ère les premières notions exactes d’Astroiiomie : c’csl à Hipparque et aux Grecs de l’école d’Alexandrie qu'il attribue toutes les connaissances que nous devons aux anciens sur cette belle science. Sans doute un pareil suffrage donne une grande force à cette opinion , que je n’ose entreprendre de combattre. Il me parait que ces deux sentiments ne sont pas incompatibles ; car les Égyptiens, après avoir posé les fonde- ^ nients des sciences et brillé dans les arts , ont pu, après des temps de prospérité, laisser éteindre le flambeau qu’ils avaient allumé. Des siècles d’indifférence et de mépris pour ce qui avait été le sujet d’une longue adiiiiration ont pu succéder à ces beaux siècles; et la Grèce, après avoir longtemps reçu les leçons de l’Égypte, a pu prétendre à l’hunncur de l'enseigner à son tour. Les hiéroglyphes, devenus inintelligibles, même aux descendants de leurs inventeurs, ont pu rester inutiles aux Grecs. Du temps d’Hérodote, qui vivait A60 ans avant notre ère, cette écriture mystérieuse était déjà une langue à peu près perdue. Ce qui a été dit de la sphère d’Eudoxe (p. 28A) vient à l’appui de cette as.sertion , et prouve que les Grecs n’avaient pas compris lus leçons des Égyptiens. Il se peut donc qu’Hipparquo n’ait presque rien dû à ses devanciers , et l’on ne doit plus s’étonner que ses écrits montrent autant d’indices de génie.

V. Un tablcifu astronomique découvert par Cbainpollion dans le Khamesscum de Tbèbes , qui a été construit 16 siècles avant notre ère, a fait le sujet d’un mémoire de M. Biot ; ce savant fait remonter l’antiquité de ce tableau à 3286 ans avant l’ère chrétienne. C’est en calculant la position de quelques étoiles en cette année, qu’il a trouvé que l’équinoxe vernal était dans les Hyades, sur le front du Taureau , ce qui place le solstice d’été dans les étoiles du Lion , et l’équinoxe d’automne dans celles du Scorpion : il remarque cette particularité.

301 SUR M;S DATKa lllSTftRIQUES.

que l’énlipliquo ao trouviiil perpendiculnire à rhoriinii de Thèbea au manient où l’équinoxe du printempa ae coucliait. Or, ce aont toules et» circonstanoea que Biut voit réunies et représentées dans lo tableau du Rhameaseuin , où elles sont figurées dans un cadre à part.

Une fuis éclairé sur lo sens de celle scène, M. Biol l’a relrotiYée avec des oaraclèrcs scniblables ou analogues dans d’autres monuments , les uns plus anciens , cunimo le tombeau de Ménephla I", découvert par Beliimi ; d’autres plus modernes, comme le temple d’Herinonthis : do sorte que le souvenir s’en est ainsi perpétué pendant plus do 80 siècles, pour désigner une époque remarquable; et , comme la construction du Rhainesscum ne date que de l'an — IBOO , le mémo tableau représente aussi une position plus tardive des équinoxes : en sorte que les emblèmes de chaleur qui sont figurés dans oes deux scènes semblent désigner les Hyades comme brûlantes dans un cas , et comme tempérées dans l’autre , ce qui prouve qu’on avait fait l’observation de ces deux états successifs du ciel , aux deux é()(iques de — 838B et — 1800.

Ce cadre à part , où lo Soleil vernni est figuré dans les Hyades, oonoorde avec l’époque où le lever hélinque de Sirius arHvait nu solstice d’été. Pendant plus de mille ans, ce lever a pu paraître arriver au solstice d’été, pour les Égyptiens, qui se contentaient du simple aspect du ciel, sans s’apercevoir qu’il s’établissait peu à peu une différence entre ce lever héliaqne et le solstice. Mais il se trouve que l’année unique où les deux phénomènes ont mathématiquement coïncidé est précisément en — 8285, le 20 juillet Julien , époque du retour de la période sothiaquo, qui commençait quand l’nnnéo vague égyptienne de 865 jours revenait avec lo solstice d’été.

On trouve dans le tome 11, pl. 82 do la Description de V Égypte, la représentation du plafond d’une chambre sépulcrale de Thèbes , qui désigno évidemment la position de l’équinoxe vcrnal dans le Taureau : le Lion solsticial , le Scorpion de l’équinoxe d’automne, et le Verseau du solstice d’hiver, sont les seules constellations qui s’y trouvent , et qu’on voit entourées des emblèmes qui caractérisent les phénomènes . concomitants. Lapl.96, tome I du même ouvrage, figure aussi une scène astronomique où le Taureau et le Lion se rapportent au même état du ciel. M. Jomard avait déjà montré ( tome Vlll de l’édit. in-8° ) que ces configurations, consacrées d’ailleurs par le culte mythriaque, remontent a plus de 3000 ans avant notre ère. La pierre d’Âxuin, décrite par Bruce, a une antiquité plus grande encore. Tout prouve donc que les peuples do ces contrées avaient observé l’état du ciel.

ZODIAQUK.

et étaient citilués , il y a plbs de BO siècles ; que le xodiaqae est leur outrage , et que les inonuracnts qu’ils ont construits portent les empreintes incontestables de leur haute antiquité.

245. Quelques personnes ont regardé les Indes comme le berceau de In civilisation , et ont attribué à ce pays nos connaissances astronomiques : te Gérttil et Unilly ont développé cette opinion. Le zodiaque trouvé dnnji les Süiitet'i'nins de la pagode de Salsetté (Elephanta ) , place la Tiérge ,'iu sol.slice d’été, et doit avoir 6000 ans d’Cxistence. r.a chronologie des Indiens date de 3600 ans avant J.-C.; Cës peuples paraissent avoir en des relations directes avec les Perses et les Chinois, dont l’antique civili.sation remonte à la même époque; depuis un temps immémorial, les Brames connaissaient la précession des équinoxes, et même ils l’évaluaient à 54" par an, ce qui est très-approché; ils se servaient de la même semaine que nous, et enfin précisément du même zodiaque. Voici les dénominations qu’ils donnaient aux divers signes :

( Ariei, Taurin, Gemini, Cancer, Léo, Tirgo,

Asouina, Cartica, Mai^asireba, rancha, Magha , Phal^ouna ,

{ Libra, Scorpiui, Arcilenent, Caper, Jmphora, Pisces ,

Tcbailra , VUsaek , bjyaichla , Acbara, Sravana, BhaJra.

Ces mois étaient accouples deux à deux pour former une taùon; il y en avait six dans raiinée. On divisait aussi le zodiaque en 27 parties égales, de 18" chaque, appelées MacAë/rons. Comme la revoluliou sidérale de la Lune est d’environ 27 jours et un tiers, ces espaces célestes étaient le domicile de la Lune durant un jour (t>oy. l’Attronomie atteiehnê de Bailly, et le Mémoire de Dupuii eur le Zodiaque), Ces nachétrons étalent ainsi dénommés :

Sravithtka 1, Satabhitha 2, P. Bhadrapada 8 ,

U à Bhadrapada 4, Bevati 5, /Iswini 6,

Bharani 7, Kritica 8, Rohini 9,

Mrigaeira» 10, Ardra 11, Punamata 12,

Puthija 18, Aeleeha 14, Magha 15,

P, Pkalguni 16, U. Phalguni 17, Hatla 18,

Chitra IB, Swati 20, Pieakhà 21,

Anuradha 22, Jyestha 21, Nirili 24,

P. Ashadha 25, 5rarana 26, Sravana 27.

200 SUU LK!> UATKS lIISTOlUQIJKS.

Ou Irouve dans le Quarterly Oriental Magasine de Calculln , u® x , avril-juin 1826, p. 265, un tableau, que nous avons représenté fig. 59, des luaisuns lunaires des Indiens , et des mois des saisons, lorsqu'elles correspondaient avec les constellations, dans l’an — 1192.

Voici les noms indiens de quelques étoiles :

yiswini 7 » ou /3 Bélier. ^bhijit. . . . . , ,

Magha. ..... Cœur du Lion. Sratana

Chitra Épi de la Vierge. P. Bhadrapada

Swttii Arclurus.

Le culte de Mithra avait été très-répandu dans la Perse et l’Inde, et le temps a même épargné plusieurs inonunients curieux qui se rapportent à l’époque où l’équinoxe avait lieu dans lo Taureau (roy. YOrigine des Cultes). On remarque dans les Transactions philosophiques de 1772, un zodiaque trouvé dans une ancienne pagode près le cap Coinoriii. Les constellations y sont figurées dans l’ordre marqué ci- a près :

Sud.

Au centre C est une figure de femme , qu’oa a prise pour la Vierge céleste , ce qui a fait attribuer à ce monument une 'antiquité égale au moins à celle d’Esné : la manière dont les signes sont distribués , tant entre eux que relativement aux points cardinaux , fortifie cette opinion. Cependant, comme M. John Call, à qui on doit cette copie, n’y a pas joint les détails caractéristiques de l’état du ciel.qu’on y a ■voulu représenter, cette opinion n’est qu’une conjecture. La distribution des signes, trois par trois, semble devoir marquer des saisons, et la position initiale du Taureau à l'éqiiinoxe du printemps , et du Lion au solstice d’été, rapprochent ce monument de l’époque où le Soleil était adoré sous le nom de Mithra; ainsi ce zodiaque pourrait dater de 3000 ans avant notre ère.

a Lyre , a Aigle, a Pégase.

Page 1