‹ Uranographie, ou traité élémentaire d'astronomie a l'usage des personnes peu versées dans les mathématiques accompagné de planisphèresChapitre 89 sur 123 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

Uno nnliquilc de 15 mille ans, durant laquelle ITIiatoire ic tait noiii|dëtcinent , offre une bien forte objection contre le système do Dupuis, et ce savant ne se l’est pas dissimulée; mais, persuadé par la force des preuves et leur accord , ne pouvant renoncer A uno opinion qui porte tous les caractères de la vérité, il a cru devoir faire une concession qu’il importe d’exposer ici (Orig. de» Culte», lU, p. 340).

« La seule objection qui paraisse de quelque importance contre « oette explication, à ceux qui croient à un monde créé, c’est la haiito il antiquité que nous supposons à l’invention du lodiaque; mais elle » pourrait être bien moindre si, ce que je ne crois pas, il était arrivé U quelque grande inégalité dans la précession des équinoxes. D’ailu leurs nous avons supposé que c’est le eigne dan» lequel entrait le So- ■ leil, qu’on a désigné par un caractère hiéroglyphique représentatif s de l’état du ciel ou de la Terre dans chaque mois ; mais on pourrait « dire que les inventeurs avaient placé cos symboles, non pas dans « le lieu qu’occupait le Soleil , mais dan» la partie du ciel oppo»ée , de H manière que la succession des levers du soir de chaque signe eût réglé K lo calendrier et eût exprimé la inaroho des nuits, comme le disent « Aratiis et Macrubc. L’invention de l’Astronomie appartiendrait en- « oorc incontestablement à l’Égypte, mais ne remonterait pas plus N loin que l’époque où le Taureau était le signe équinoxial du prinu temps , deux ou trois mille ans avant l’ère vulgaire. Ainsi , dans U celte hypothèse , lorsque le Soleil, en conjonction avec lo Taureau, U orrivait le soir a l’horiton, le premier signe qui se trouvait alors à « l’orienl au-dessus do l’horizon , et qui finissait de se lever, eût été la U Balance, et l’ascension de celte constellation eût aussi désigné l'é- « c|uiiioxe du printemps; do même, l’entrée du Soleil au Lion eût été « marquée le soir par lu lever total et achronique du Capricorne ; l’euf • trée au Verseau ou au solstice d’hiver, par l’ascension du Cancer; « l’entrée au Bélier, répondant aux moissons , par le lever du soir do « l’Épi , ainsi dos autres; et tous les emblèmes recevraient le même U sens. Il

Ainsi, au lieu de donner A la conslellalion où se trouve actuellement le Soleil, un nom tiré du phénomène naturel contemporain, Dupuis admet que ce nom aurait été imposé au signe qui en est éloigné de IBQo, et qui reste, à cette époque, toute la nuit sur l'horizon.

Le zodiaque est une invention égyptienne; il représente trop fidèlement la suite des phénomènes annuels propres au climat d’Égypte , pour qu’il reste le moindre doute n cet égard : le hasard ii’cnfanlo pas do ces réunions prodigieuses de faits qui tous conspirent vers un mémo

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ORir.lXE

but. Les douze principaux actes de la nature ont reçu pour emblèmes les douze signes célestes que parcourt le Soleil annuellement. Voilà ce qu’il est impossible de nier. Hais cet astre était-il dans l’un de ces signes, lorsque le phénomène physique qui s’y rapporte arrivait, on cette constellation se montrait-elle sur l’horizon dans une autre position de la sphère céleste? Cest là le seul sujet de doute et d’examen. La Vierge qui tient un épi de blé désigne incontestablement l'époque de la moisson ; mais cette époque était-elle annoncée par le Soleil dans la Vierge , ou par le lever achroiiique de l’Épi , on par toute autre apparence? Voilà la vraie question.

Pour faire un choix judicieux entre ces hypothèses, il faut les éprouver toutes successivement, les suivre dans leurs conséquences, et adopter celle qui accordera, sur tous les points, l’état physique de l’Égypte , avec les apparences qu’offrait le ciel dans ces temps reculés. C’est ce qu'a fait Fourier, avec cette sagacité qu’on lui connaît ; il s’est trouvé conduit à affirmer que lors de l'invention du zodiaque par les Égyptiens , le Soleil n’était pas dans le Verseau lors de l’inondation du Nil , dans la Balance à l’équinoxe printanier , dans le Taureau au mois des labourages, etc. ; mais que ces constellations se levaient le soir et restaient la nuit entière sur l’horizon, à l’époque des phénomènes physiques correspondants , qu’elles semblaient produire.et dont elles annonçaient le retour.

Celte opinion qui ne donne nu zodiaque qu’environ 4500 ans d’existence, s’accorde mieux aicc les traditions historiques. Les levers ordinaires d’étoiles , si faciles à observer sous le beau ciel d’Égypte, ont défaire In base de l’Astronoraie naissante : on n’avait pas, dans les premiers lemps, de procédé plus commode pour diviser l’année et prévoir le retour des saisons. Tous les écrivains, les fêtes, les fables même et le Calendrier attestent le culte des étoiles qui annonçaient les phénomènes physiques : mais les levers héliaques appartiennent à des temps plus éclairés , et les levers cosmiques supposent une Astronomie plus jierfcctionuéc encore.

Les partisans du premier système do Dupuis ne restent pas sans réponse contre ces assertions ; et d’abord le silence de l’Histoire durant 150 siècles n’est qu’une preuve négative, puisque nous ne savons pas lire les seuls écrits égyptiens qu’ait respectés le temps. D’ailleurs, ce silence n’est pas aussi absolu qu’on ledit. Les monuments do la Uautc- Égypte annoncent un étal de civilisation qui n’a pu succéder qu’à de longs siècles de barbarie j et le temple d’Esné, construit 2500 ans avant notre ère, suppose une inslriiclioii dans les arts et dans les

DES CONSTELLATIONS

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sciences, bien supérieure aux grossiers essais d’Aslronomîe qu’exige rinvenlion du zodiaque. Un iiniucnse intervalle sépare vraisemblablement ces deux époques. La pierre d’Axum, dont parle Bruce, date de 4000 ans avant J.-C. [Antiq. Égypt., Mèm, I, p. 6). Platon disait : « Si Ton veut y prendre garde, on trouvera chez les Egyptiens des « ouvrages de peinture et de sculpture faits depuis dix milleans (ce « n’es/ pas pour ainsi dire, mais à la îettre)^ qui ne sont pas moins « beaux que ceux d'aujourd’hui, et ont été travaillés sur les mêmes « règles. » [Livre II des lois.) Et ces périodes de restitution * que les

* Pourier Ji prouve que les I^{'ypliens conoaissniont la durée do la révolution lynodiqiie de la Luoe et celle de Paonéc sidérale. On lit dans Plutarque <\\>c \e hœuf \p\» était te sÿmboh de ta conjonction du Sottil et de la Lune, et qu'il mourait au bout de s5 ans / ce qui re * vient À dire qu'apres s5 aimées de 3G5/, les ncoménies revenaient aux mêmes dates : et, en eflRct, on trouve que s5 fois 36.V font ce qui produit cxarlrmcnl Sog lunaisons do

agy, 5507443 , durée de la révolution syuodiquc de la l.unc il y a 5ooo ans. Le cycle lunaîn^ était de s5 ans pour les b]*ypliens, comme il Ta été depuis 71e ig ans pour les Grecs.

Albatéguius, astronome arabe, affirme que les L^yplient faisaient Tannée sidérale «b* 365/ 6A 1 1 ' : cctic assert ion est confirmée parunp.is$a;;e curieux d'Hérodolc(liv. II, chap. i4a), qui exprime qu'on a vu, c-n 1 i34o ans, le Soleil ebanger 4 fois la place de son lever ordinaire, et qu'il s'est levé a fois au point où il sc couche aclueiletncnt.

« I/espace de temps parcouru dans la narration que je viens de faire, d'après les récits des Ivgypliens, particuliérement de leurs prêtres, comprend (si Ton s’en rapporte aux mêmes autorités) depuis le premier roi Mènes jusqu'au rèjnc du prêtre de Vulcain, le dernier dont j'ai parlé, 34 1 (jénéralions, et a fourni un égal nombre de rois et de grands-prêtres. Or, 3oo générations font 10,000 ami, cri comptant 100 .ms pour 3 générations ; ajoutant ensuite à celte somme les 4> générations, en surplus des 3oo, et qui donnent i34o an«, ou trouve ii34o années, pendant lesquelles les prêtres affirment qu'aucun dieu ne s'est montré sous forme humaine. Ils assurent de même qu'il rTen a point paru sous aucun des roU égyptiens qui ont régné, ou avant, ou de puis celle époque. Ils di.cnt de plus que, dans celle longue succession de siècles, le Soleil avaitehaiigé 4 fo>^ l«^ place de son lever ordinaire ; et qu’il s'est levé deux fois au |>oint où il se couche actuellement, et s'est couché deux Fois au point où il se lève aujourd’hui. Us ajoutent que, malgré ce changement dans la marche du Soleil, rien n'avait varié en Égypte, ni pour les proiluciions de la Terre, ni pour les inondations périodiques du Nil, ni enfin pour les maladies et la mortalité. » (T. I, p. 537 , chap. i43 delà traduction de M. Miot.)

Il ne faut chercher ici qu'un emblème, à la roanicro des révélations égyptiennes, relatif au lever de l'astre dans certaines constellalioos à diverses époques. On trouve que 6^ 11 ' répété

1417 fois, produit 365/, 07,

a835. a fois 365/,io,

11340 8 fois 365/,so.

En admettant que le Soleil coïncidait avec quelque étoile à no jour désigné, celle co'fnctdence ne se reproduisait plus à la même date civile dans les années suivantes, qui n'avaient toutes que 365/; l'anticipation élailde plus de 1 / tous les 4 ons, de 3i/ après iso ans, ; et le Soleil ne revenait k la même date coïncider avec la même étoile qu'après i4t7« sd35aD8;

4 fois ce dernier nombre dunne 1 i34o ; ainsi, après 1 1 34o ans, le retour du Soleil & la même étoile s'était reproduit 8 fois 5 la même date. Un aussi remarquable résultat ne peut être dù au hasard, cl montre que ces pciiplca connaissaient Taunéc sidérale et la précession des équf

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