l'HI, pp. 217 el
:t. Déjà, le ',1 avril tOtiO. il avait rriivoyi' à Mgr le due de Mi'issae les provisions dn liénéfii'e dont eeliii-e.i avait liien voulu le pourvoir, parce ipi'il iic pouvait remplir les eondilions exigées (V. Œiirri'x iiii'li'rK. p. i.'i), niniilraiil ainsi sa nolilcsse d'àme cl son alinégatiou.
petite et qui était tombée,, en essaj-anl de mieux s'asseoir. Il y remarquait, écrit la comtesse ' « (jue plusieurs seraient bien aises d'avoir fait le saut que j'avais fait, voulant parler du tabouret que peu de filles avaient en ce temps-là en France » et sur lequel on l'avait assise. La lettre était en prose mêlée de vers.
ni. — Correspondance axer Chapelain (IfjtiO-IGOl).
M. Philippe Tamizey de Larroque a publié les lettres de Jean Chapelain, de l A radémie française, de septembre 1632 au 20 décembre 1672. Il manque la correspondance de 16il à i6o8 inclus'. Elle nous aurait été très utile et aurait peut-être porté à deux ou trois cents, comme le dit Chevreau, les lettres qu'il avait reçues de Chapelain '. Malheureusement, nous écrit .M. Osmont, le distingué conservateur des manuscrits à la Bibliothèque nationale (24 mai 190!)), ce précieux volume n'est pas retrouvé, depuis que M. de Larroque en a signalé la disparition en 1880.
Et cependant Chapelain avait pris de minutieuses précautions pour éviter celte lacune. Dans son testament olographe du 12 novembre 1678, il recommandait à ses héritiers de garder. « sur toutes choses », les reçjistres originaux de ses lettres « sous la clef ». dans sa bibliothèque, « formée par nous, ajoutait-il. avec beaucoup de choix et de curiosité, pendant l'espace de plus de cinquante années ».
Revenant, parun codicille du luavril 1671, surccsujet qui lui était particulièrement cher, il laissait les prescriptions suivantes : « Il faudra mettre toutes les lettres que j'ai reçues... dans le plus long de mes
1. Y. Mniiiiires de CUnrliilte-Amrlio ili' la Tminiilli'. rnintesxo d'.Mleinbnnrq, pp. 0-8 (lu raanufcrit iirif;inal. C/iarIrier de T/imiiirs. liilil. .N'ai. Lm' lit", p. 2X1. Sans l'inilication (liiiinée par la comtesse, on sérail pm'lé à cniire que la lettre ilont elle parle n'est antre que celle dont M. Imliei t nous a l'ourni la copie (V. Currex/joiid/inre de la Treniinlle, pp. 170-178 et notre ouvrage, pp. 2o-2(i), mais où il n'est fait aucune remarque l't qui est datée de C.onslance. l'eut-élre y a-t-il là nu sim[de défaut de mémoire de la part de la comtesse, fort jeune quand la lettre lui lui adressée.
2. De janvier lOtl à fin décembre ll'ioS. Ecrite pendant et après la Fronde, cette «U'respondance devait |u-ésenter un intérêt exceptionnel, même en dehors de ce qui touche à Chevreau. Klle fcu'mait la matière de deux tomes, selon .M. li. Uaiiréau, à qui Sainte-lienve avait confié son manuscrit des lettres de i:iiapelain. Toutefois, d'après -M. l'amizey de Larroque, elle n'occupait probahlemeni qu'un volume. Espérons qu'on retrouvera et qu'on puldiera ce manuscrit.
.1. Chevreau, t. I, p. 2(S. D'après M. Tamize.v de LarrorpuMll, '.12. note 1). Chevreau aurait exagéré le nombre de ces leltr(îs et diminué leur inti'rèt. « .V peiEU*. ajoule-t-il, si t!liapidain, en tonte sa vie. lui adi*essa la dixième partie des ileux l'eiils indiiiuées. » -M. liriqnel. dans son fiiilleliii i(V//i«/)/(//c (1872, p. ;tiS). déclare, entre antres choses, qn'anx derniers feuillets de l'invenlairi' des « lettres écrites an <lit défunt, sieur Chapelain » et qui sont au nombre de iOOO, celles de Chevreau fif^urenl .au total de 4.'). Nons anrions été heureux de les retrouver.
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cofîrcs que j'ai Jesliiié à cela..., pour ne les jamais piilîlier, non plus que les miennes, qu'en cas qu'elles fussent nécessaires, non pas pour ma gloire, mais pour la défense de ma réputation, » Malgré ces recommandations, une partie des œuvres de Chapelain s'est perdue. Occuponsnous dans celles qui restent, de ce qui a trait à notre auteur.
Ici, comme dans la correspondance avec Le Fcvre. il n'y a rien de la main de Chevreau. On compte en tout huit lettres de Chapelain à lui adressées.
Dans la première, Chapelain annonce à Chevreau qu'il lui envoie par(( le bon Monsieur Monglar » une ode sur la paix et le mariage du roi et attend des nouvelles, qui le consoleront de l'absence de Chevreau et lui permettront de ne pas laisser « laneuir '> sa " réputation littéraire parmiles habiles ». Il lui apprend, en terminant, que sa « méconnaissante maîtresse est partie de Rome pour Vienne ».
La lettre est datée de Paris, 17 août 1660.
La suivante, également de Paris, 14 septembre 1661), contient un remerciement pour les liemarques sur Malherbe, (]ui lui ont été remises par M. de la Ménnrdièrc ; l'éloge de Chevreau et de Le Fèvre ; ses respects enfin pour M. le marquis de Chandenier et M""' de Bourneuf.
Le 28 octobre de la même année. Chapelain conlirme son jugemeyt favorable au sujet des Remarques sur Malherbe.
Le 14 septembre 1660 il avait demandé à Le Fèvre, par lintcrmédiaire de Chevreau, des observations pour l'édition d'Ovide <|ue préparait Heinsius'. Le 12 janvier 1661. il envoie à ce dernier, avec son approbation, la réponse de Chevreau, refusant de « faire une prière, qu'il trouverait peut-être incivile », à son an>i désireux de conserver, pour ses lettres criliiptes, les nombreuses corrections (]u'il a rédigées sur le texte latin.
Ce même jour. Chapelain vante à Chevreau les mérites de Le Fèvre, auteur d'une épigramme obligeante sur la Pucelle.
Dans les trois autres lettres des 10 juillet, 23 août et 12 novembre 1661. Clia[)elain rend compte à Chevreau des démarches qu'il a faites en sa faveur auprès du comte tic Tott ■ ; le félicite de sa dignité en face des coups de la foriniie et regrette de ne pouvoir mieux les servir. Le Fèvre et lui. Nous ignorons la nature du service que Chapelain voulait rendre à Chevreau. II ne réussit i)as à faire diminuer les tailles de Le Fèvre \
I. l'hililofiiio l'I parle, m- à I.eydc on Kiill. niorl à La llayi- l'ii 1681. Z. l.c l'iimir lie T(ill ou Tdsl fut ainliassadeui' o.vlraiinliiiaiir de Siiè<le en rrance en'.re ItiVS el Ki.'ii; de |)lus, ainliassadeur imlinaire en l(i72. 3. l'elliss-in ohlinl eetle diminution.
Et maintenant quelle (ilacc assigner à (Ihevrcau clans la littérature épistolaire ?
On a formé ' des épistoliers de ce temps limi qroupcx principaux : les rois et les politiques, les çjrands écricains, les religieux, les indépendants, enfin les mondains. On peut classer Chevreau dans le deuxième groupe, parmi les écrivains (|ui uapprirentà écrire, non pour bien dire, mais pour dire quelque chose » et o mirent à la mode le sérieux dans le fond et le naturel dans le style ». On peut aussi le mettre avec les Indépendants. U rosscmhle en effet à l'avocat Patru, qui inclinait vers la simplicité et l'exactitude, comme en témoigne notamment sa lettre sur la réception de la reine Christine de Suède à l'Académie française, et vécut, ainsi que Chevreau, « isolé, probe et droit », au milieu de ses quelques amis et de ses nombreux livres. 11 ressemble aussi à Maucroix, ce chanoine libéral et lettré, qui aida l'auteur des Fables à bien mourir ; gaulois à l'occasion, tout en restant parfait chrétien ; « ingénieux critique, qui ne suit et n'impose aucune doctrine, mais soumet à ses amis des remarques fines et personnelles. »
Peu importe d'ailleurs le groupe auquel on le rattache ; ce qu'il est intéressant surtout d'examiner, c'est son genre de mérite propre.
« Je sais, dit-il, dans son avertissement, que les auteurs les plus célèbres de notre siècle ont pris ce même genre d'écrire ; qu'ils ont été mes législateurs et mes maîtres et qu'il faudrait avoir leur délicatesse pour avoir leur réputation. » Il reconnaît ensuite que a tous les hommes n'ont pas le même bonheur ni le même esprit, et qu'après tout il n'était pas vraisemblable que son « coup d'essai dût être un chef d'œuvre ».
Quels sont ces législateurs et ces maîtres dont parle Chevreau '.' de quelle façon les a-t il « étudiés » ? dans quelle mesure at-il prolité de leurs leçons ? Quelle place peut-on lui assigner à côté d'eux ?
Dans la phalange touffue des épistoliers qui ont précédé Chevreau au xvii<= siècle, nous n'en voyons guère que cinq ayant pu exercer quelque influence sur son esprit et lui servir de modèle. Ce sont, par ordre de date, Malherbe, Voiture, R.vlzac, Chapelain et Conrart.
La correspondance de AL\lherbe est assez considérable. Elle comprend quatre vingt-onze lettres adressées particulièrement à l'ciresc, conseiller au Parlement d'Aix. Avec une exactitude minutieuse, Malherbe y entrelient son ami de tous les événements qui concernent la politique ou la cour. Le style en est sobre et vigoureux, un peu sec et
I. Ilixtiiirc (II- lu liinr/iir cl ili- lu lilliTiilivr friinçnisr puliHùe sous la ilirccUon de !.. l'i'lit il.-.liillcvillc. I. V, lui. M. mUAi.
rude, ayant des iic'fj;ligcnce.s et des expressions populaires, sans confidence ni effusion, mais avec une parfaite élévation de sentiments. Chevreau a dû chercher à reproduire sa noblesse et sa vigueur, sinon sa raideur et sa fierté bourrue.
Il conseille par contre, dans son Chci-raeana ', de ne pas (( se mettre en peine d'imiler Voiture, ([ui écrivait à des personnes de qualité, dont il avait étudié l'inclination, l'humeur et le goût ; qui faisait valoir, par cette raison, jusqu'aux bagatelles, jusqu'aux équivoques et aux proverbes, (|ui tombaient dans leur conversation ordinaire )). « Il a badiné, ajoute-t-il, sans avoir passé pour méchant plaisant et l'on s'était fait à son badinage. Ce qui était bon en ce temps là ne serait pas aujourd'hui re(,'u et 1 on peut fort bien écrire, sans être guindé ou sans plaisanter ».
Ce jugement est celui que nous portons encore sur ce bol esprit, uniquement occupé à plaire aux raffinés et parlant souvent un jargon obscur pour nous, mais déclaré ingénieux et charmant par la société du XVII" siècle. Chevreau ne devait pourtant pas aimer sa manière.
Immédiatement avant do juger Voiture*, Chevreau avait blâmé ceux qui s'ofîorçaiciit d'imiter Balzac ; car, « poursuivre de près M. de Balzac, il faut avoir son élévation d'esprit, son oreille pour la mesure et pour l'harmonie des i)ériodes, son tour, ses manières et une connaissance exacte et parfaite de toutes les beautés de notre langue ». C'est lui, avait-il dit dans ses Quirrcs mêlées', qui « a engendré chez nous l'Eloquence ». C'est bien ce que pensaient les contemporains du « grand épistolior de France ». De nos jours, nous trouvons qu'il veut trop être éloquent ; qu'il manque d'intiiiiilé, d'abandon. Le premier en effet il a traité la lollre comme un genre littéraire véritable et tourné péniblement des péi'iodes pompeuses pour exprimer, dans un style hyperbolique, des banalités froides. Ce que Chevreau a essayé sans doute de lui emprunter, c'est l'ordre savant d'une phrase admirablement construite, bien liée, remarquable de régularité et de correction, malgré la lourdeur et parfois la subtilité de ses oppositions ou de ses pointes. Ce qu'il s'est efforcé de fuir, c'est l'exagération dans les mots et les tours, l'hyperbole creuse et vide.
Jean Ciiapf.lain passait pour un critique sûr, mais il manquait totalement de grâce. Sa correspondance est inléressanio pour Ihisloire des lettres el des mœurs: Elle nous inilie à bien des délails négligés par