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Voiture et Balzac ; mais son style est pesant, bizarre, trivial et même incorrect : il ne pouvait plaire à Chevreau, malgré ses nombreuses missives, d qui ne signilient que très peu de choses » ' pour notre auteur.
Chevreau apprécie mieux, quoique vaguement', les lettres de CoxRART. 11 les trouve « tontes belles, toutes obligeantes», laissaut voir (( depuis le commencement jusqu'à la fin, le caractère de Ihonnête iiomme et du bel esprit ». Mais, ce qu'il estime plus que la « délicatesse » de son langage, c'est la (( bonté » de ses mœurs. Coiirart fut en effet, pour les gens de lettres notamment, un ami dévoué, un protecteur généreux. Comme épislolicr, il est plus solide que brillant. Tous vantaient la pureté de son goût. On a perdu ses lettres à Balzac et à Godeau, les plus intéressantes peut-être ; dans celles à Félibien, à Saumaize, etc., on rencontre des réflexions judicieuses, mais un stj'le uni, sans fougue et, peu s'en faut, sans agrément. C'est l'homme qu'on prisait en lui plus encore que l'écrivain.
De tous ces auteurs c'est incontestablement Balzac, qui a le plus attiré Chevreau el dont celui ci a tenté le plus de se rapprocher. On trouve chez lui quelque chose de la sécheresse rigoureuse et froide de .Malherbe, du « baladinage » galant de Voiture, de la pesanteur grossière de Chapelain, de la régularité délicate et terne de Conrart; mais il tient plus encore de Balzac. Il a un peu de sa pureté d'élocution; de l'harmonie de ses phrases el de ses périodes. Comme lui. il abuse de l'antithèse : emploie des tournures emphatiques, des comparaisons forcées. Malheureusement il n'a pas atteint à sa netteté lumineuse et facile. Ses phrases sont trop souvent longues, enchevêtrées, interminables, «'avançant péniblement, chargées de (jui et de ii>tr. monotones et plates. En somme, il se présente à nous avec la plupart des qualités L'I des défauts de ses contemporains, en particulier de Balzac. C'est un écolier consciencieux (il a écrit ses Lettres nouvelles entre vingt et trente ans), qui a, sans trop de maladresse, imité ses maitics et pris un peu de leur méthode et de leurs procédés, tout en restant au-dessous d'eux. Car, malgré quelques hj'perboles excessives, quelques métaphores subtiles ou surannées, il sait d'ordinaire varier son style et l'approprier aux personnes à qui il s'adresse. Généralement sérieux, un peu dogmatique et guindé, avec des emprunts trop fréquents à la mythologie et à la