‹ Urbain ChevreauChapitre 125 sur 371 · C'était le devoir d'un parfait amoureux · texte numérisé non relu

C'était le devoir d'un parfait amoureux

moins beaux. La couleur qui le rougit est celle-là même qui l'assure et on y peut bien monter par la cruauté, puisque c'est par elle bien souvent qu'on s'}' conserve. » Soyez plus résolu « et suivez-nous pour le moins avec la voix, si vous refusez de nous accompagner avec l'épée. »

Le roi reproche à Nicomède son ingratitude ; mais celui-ci accuse Déjotarus et moi. On saisit nos lettres, où l'on ne manque pas de trouver des preuves contre nous et en faveur de Nicomède. En vain Déjotarus s'efforce de montrer' qu'il est bien « V Amant respectueux, VAmifidHe et l'Homme de bien » et que la jalousie seule a pu motiver l'accusation ; en vain, il accuse Nicomède: Ariobarzane le fait garder dans une chambre, cherche à me convaincre qu'il avait avoué sa conspiration et n'y réussissant pas, mande Nicomède Celui ci maintient son accusation et on nous enferme, Déjotarus dans une cour assez obscure et moi dans une maison, qui n'était désagréable que pour ce qu'elle était déserte. » On m'avait laissé une servante ; je misa l'épreuve sa fidélité et sa discrétion. .\yant reconnu qu'elle me trompait, par les réponses à mes lettres où Déjotarus m'engageait à avouer notre complot, je lui en fis des reproches. Ce même soir, je vois rentrer dans la chambre Coraxe (c'est le nom, indique un peu tard, de la servante), avec Déjotarus qui se jette « d'abord » à mes pieds. La servante m'explique le moyen assez romanesque employé par elle pour amener mon amant. Elle a fait sortir le concierge deClidamire- avec la garde de la Princesse, sous prétexte qu'elle avait été injuriée par (( des insolents » et, à son retour, a éteint son flambeau en le bousculant, pour qu'il ne vit pas celui qu'elle avait introduit durant son absence.

Déjotarus, Clidamire' et Coraxe passent ensemble la nuit. Le matin, alors que Déjotarus venait de se retirer dans une chambre voisine, elle voit entrer Nicomède, qui lui renouvelle l'expression de son amour ardent. Elle lui reproche la cruauté dont il fait preuve, sous prétexte de lui témoigner son affection, et il se retire en la menaçant de sa vengeance. Pendant le sommeil de Déjotarus,elle se plaint, à Coraxe qui proteste, de cette deuxième trahison. Déjotarus, instruit du danger, se déclare prêt à mourir constant et fidèle, s'emportant uniquement « contre ce lâche Nicomède » qu'il a vaincu, sauvé et contre lequel il ne

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