‹ Urbain ChevreauChapitre 14 sur 371 · AVANT-PROPOS HI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS HI

senililenl l'avoir oublié dans hnirs lettres. A peine est-il niontionnc par la Piintcssc Klectonile, deuxième duchesse d'Orléans, dont il prépara la conversion et, par suite, le mariage'. La plupart des littératures enfin ne font aucune mention de lui*. On serait donc tenté de croire, d'après ce silence général, que Chevreau n'a auiuiic valeur littéraire et qu'il n'a joui d'aucune estime auprès de ses contemporains. Il n'en- est rien. Lié avec tout ce qu'on ren("()ntrait alors de distingué dans la iiolitique et dans les lettres, il joua, comme nous le verrons par la suite, un rôle assez important. Ce qui a nui à sa popularité, ce sjont ses déplacements continuels. S'il s'était li.xé en Suède ou en France, il aurait certainemi^nt conquis, avec d'autres, une place honorable parmi les savants et les gens de lettres. Mais, d'humeur vagabonde et foncièrement indépendiinte, il resta peu de temps à Paris, où se consacre toute réputation durable. Successivement il se rendit en Hollande, en Suède, à Copenhague, à Cas.sel, à Zell, à Brunswick, dans le Hanovre, le Palatinat, la Bavière et, après une clu'vauchée presque ininterrompue à travers l'Europe, vint mourir à Loudun dans une e.xiréme vieillesse.

En outre, au lieu de concentrer ses efforts sur un genre spécial, où il aurait |»u se faire un nom recommandable, Urbain Chexreau a dispersé sur tous les genres son activité intellectuelle, son besoin de penser et d'écrire. Courant d'un bout à l'autre du vaste champ de la littérature, il n'a laissé nulle |iarl rien de parfait ni de définitif; il n'a inquinié à aucune de ses productions une originalité propre, un caractère personnel. Son œuvre touffue |)orte la marcpie toutefois d'un travail ince.s.sant et d'une érudilioii profonde. Malgré ses imperfections réelles et sa

1. Dans iMif Icllie à .Vini'lii' sa ilcmi-sii'iii' {l'ersaillcx, iS (k'comljrc 1703). dans une autre à sa tante Sopliie de Hanovre (10 novemlire ITOi) elle nomme Clievreau, pour dire (jue son portrait ressemble à eelui de Saint-Evremond : puis, qu'il a la l)ouolie et le menton de Leibnilz. La tante Sophie, eomme nous le verrons, parle aussi de Olievreau à son frère riileeteur.

2. Il ne figure même pas dans la liniiiili' /lisluirc ilf In /.illcriiliirc frniiçnisr, composée sons la direction de .1/. /'dit i/e .hillnillc. Il liuil dire (pie, de son côté, il ne nous ilit rien de La Rochefoucauld, l'ascal, I.a liruyère, liossiiel. lîourdaloue, Fénelon. Ilussy-liabutin. .M"' de Séviîjné, Molière, La Fonlaine, Uacine, M"' de Maiiilenou même. Il ne meiilionne giière ipie ses amis intimes et (luelciues auteurs du conuucnccment du siècle, avec ipii il fui en rapport direct.

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