IV AVANT-PROPOS
médiocrité générale, plie mérite d'arrêter un instant notre siècle, si curieux de son passé et si disposé à rendre aux esprits les plus variés l'hommag'e qui leur revient légitimement.
« C'est un triliut, dû à la mémoire des grands hommes, dit l'auteur anonyme de la l)iograpliie de Chevreau', que d'informer la postérité de ce qu'ils ont été et de ce qu'ils ont fait ; mais, s'il y a quelqu'un quile mérite, c'est surtout ceux qui ont laissé aux siècles à venir quelques ouvrages au dessus du commun. Celui dont on a dessein de donner ici l'aljrégé de la vie est de ce genre ' ».
Il nous a donc semblé faire acte de justice et tenter une légitime réhahilitation, en consacrant cette étude <à Urbain Chevreau et en cherchant à lui donner, après de longues années d'ouhli, la place qui lui convient au milieu de la respectahle phalange des érudits du wW siècle. S'il n'égale pas les plus illustres de ses contemporains, il vaut hien certainement quelques-uns de ceux qui, ayant moins de qualités, sont arrivés cependant à une plus bruyante réputation. Il s'est distingué « avec tant d'avantage » parmi les gens de lettres, dit son biographe anonyme, « que les grands et les plus savants l'ont trouvi" digne, les uns de leur plus intime confiance, les aulnes de leur estime et de leurs éloges ».•
Quelques points sans doute, a|)rès notr(^ travail, resteront encore dans l'ombre ; nous serons réduits bien des fois à émettre des conjectures, à suppléer tant bien i|ue niai à l'absence de documents ]irécis et formels ; mais nous aurons du moins obtenu ce résultat appréciable que, si la vie et les œuvres de Chevreau ne sont pas aussi connues ni goûtées que celles des écrivains du XVII'' siècle déjà en possession delà r(Mi(niim(''(\ malgré tout elles retiendront un instant l'attention des érudits.
On nous reprochera peut-être d'avoir fait un livre trop volumineux pour un bien maigre auteur ; nous répondrons avec
). (IKiiriPX mêlée.': ilr M. Clirrrriiii. h l.;i Ihiyr", clioz lliMU'i ScIi(>\ivI(-it, 1717. Inlrodnction, p. I.
i. « yiioiqu'il ne soil ijas^^do la prcmièio classe, outre les sitiuid.-; Il |hmiI Icnir le pri'iiiipr raiif;, assure le /'. Drsiiinlrl: île l'Oruloire, l'onlimialeui' îles Mrninirfs ilf lillrraliire cl il'liialiiiri' ilr M. ilc Siilli'iii/rr (T. II, p. 2'.l). II a ilu fiëiiie. ilii liii. ilii savciir el soiilicnl liieii une pensée, .suit eu prose, soil en vers franeais, luiiiiiie les ouvrages publiés ilcs deux sortes le témoigucnt. »