Cf. Horace {Odes, IV. viii, v. i
4. Les avantages et les ennuis de la Richesse et de la Pauvreté ont été souvent exposés par les philosophe? et les moralistes. Ils n'ont pas moins insisté sur la nécessité de la Mort, qui fait l'objet du chapitre suivant et sur le courage ou l'indifférence, dont il faut se cuirasser contre elle.
cette vie n'est qu'une farce, il faut seulement vous efTorcer d'3" repré senter votre personnage le mieux qu'il vous est possible et ne se point soucier dans quelle scène vous achevez votre rôle,, pourvu que vous le finissiez bien ' ». Chevreau insiste sur ce lieu commun de la Mort, exploité [)ar tous les écrivains anciens et nouveaux.
Certains parlent beaucoup, dans l'espoir de trouver, « à force de dire les mauvaises choses », (( l'art de dire les bonnes ». D'autres fatiguent en étalant ce qu'ils savent ; d'autres enfin » aiment mieux perdre un ami qu'une rencontre -' ». Le Silence est, d'après Aristote, la plus difficile dos choses ; c'en est la plus belle, d'après Caton ; la plus importante, d'après Salomon. Le Sage sait quand il faut fermer ou ouvrir la bouche et ne dit qu'une partie de ce qu'il sait, car la nature lui a donné une langue et deux oreilles, « pour lui montrer qu'il doit moins dire de choses qu'il n'en peut entendre ». Chevreau était discret et détestait le bavardage.
Le chapitre V traite delavérilable et de la fausse Amitié. L'auteur reconnaît à l'amitié trois bases: ïintérrt, \eplaisir on la rertu et n'admet que la dernière. 11 ne sort pas de la banalité ordinaire et ne dit rien qui n'ait été déjà développé par Aristote etPlntarquc, Cicéron et Sénèque, d'une façon plus complète encore, sans parler de Montaigne et des moralistes modernes.
La loi du travail est également une de celles qui ont été le plus souvent proclamées. C'est une nécessité reconnue de tous, tenant à la nature même de l'homme, fait pour vivre en société et contraint, pour remplir son rôle ici bas, d'apporter sa part contributive à l'œuvre commune et de remplir, comme l'abeille ou la fourmi dans la ruche ou dans la fourmilière, sa tâche spéciale. Sénèque a composé un traité de Otio". Chevreau, au chapitre Vi, prêche contre l'Oisiveté et montre que depuis le péché de notre premier père, le travail est une loi subie par tous. Du reste le travail combat les mauvaises pensées, fonde les empires, fertilise les terres, illustre les hommes. Les oisifs sont inutiles '.
La joie chatouille le cœur ; la tristesse l'abat ; la jalousie le rend ingénieux ; la miséricorde l'attendrit ; l'amour le tyrannise ; l'envie le
1. a Quomoiln fabula, sic vita, écrit Srnù(j)ic à Lucilius (Lettre LXXVII) ; non quam diu, seil quain bene acta sit, refert «.
i. Ces bavards deviennent au besoin des médisants ou même des calomniateurs.
3. Il vient d'être fait sur ce sujet une excellente thèse par M. Wall/, (19U9).