‹ Urbain ChevreauChapitre 160 sur 371 · Editée chez Firmin Didot · texte numérisé non relu

Editée chez Firmin Didot

2. Cette première ode, qui lui est adressée, est également la première dans le recueil lie l'uesies placé à la suite des OEuires nv'tees (éditiim 1717), oii elle occupe les pages 3-14.

Espérance des affligés, soutien de l'innocent, ennemie de la lâcheté et ducrime, elle protège et cultive les lettres; puis, indifférente à l'amour des souverains et « lasse enfin de l'éclat de sa cour », elle quitte le pouvoir, et emporte dans » llle fortunée » la vertu, son unique plaisir et son unique étude.

C'est dans ce beau désert qu'il faut la visiter, Muses, qui, dès longtemps, respectez ses oracles

(V. 141 et 142.)

car, ôtant le souvenir des siècles passés, elle sera du sien

le boiilieur et la gloire.

Et l'exemple dernier des siècles à venir.

(V. 149 et 150).

Cette ode compte quinze strophes, formées chacune de di.x vers de douze syllabes. Les éloges qu'y prodigue Chevreau sont très exagérés. Le règne de Christine, fdle et successeur de riustave-.\dolphe, fut ruineux en effet pour la Suède, malgré soir côté brillant. Ce qui excuse Chevreau, c'est qu'il était lié vis-à-vis de Christine, par lemploi qu'il avait rempli auprès d'elle et les bienfaits qu'il en avait reçus. C'est encore ce devoir de reconnaissance qui n dû l'engager à commencer par elle son recueil de vers.

2" Le Tableau de la (jiterre ririle. Pourquoi appeler « chez nous nos plus grands ennemis ». Sombre tableau des fureurs de la guerre civile, où les parents s'arment les uns contre les autres.

Un zèle dangereux, un prétexte insolent Est le premier sujet de tant do tragédies

(V. 28 et 29.)

Les temples seront autant de cimetières; la justice sera étouffée ; l'insolence triomphera ; la discorde, l'effroi, l'intérêt, la colère et l'orgueil domineront partout. La peste et la famine s'y joindront.

Fameux liéios, illustres princes,

ce sont vos querelles qui font tout le mal.

Former des partis dill'érenls, Sous prétexte de nous défendre, Ce n'est qu'entretenir des lira>iers dévorants. Dont nous devons être la cendre.

Portez ailleurs vos traits ; rendez nous là liberté, la joie, une paix tranquille. La voici qui vient cette

Belle et divine paix si Icinglenips désiiée.

Ce poème respire le plus pur patriotisme. I^'auteur y fait sans doute allusion aux luttes intestines suscitées par les seigneurs durant la Fronde, peut-être à Coudé, Conti, de Longueville et autres qui, (( sous prétextedese défendre», avaient allumé la guerre entre citoyens ' et que Chevreau condamne, malgré les liens qui l'unissaient à eux. 11 y a en tout cent quarante-quatre vers, divisés en seize strophes de neuf vers, dont les quatre premiers et le dernier sont de douze syllabes et les autres de huit.

3" A Madame de Pons, depuis duchesse de Iticliclicu -. Elle renferme dix-huit strophes de cinq vers, les deux premiers alexandrins, les trois derniers octosyllabes.

Que ne m'est-il permis, trop discrète Sylvie, De forcer le respect dont je suis eomlialtu,

El de faire voir à l'envie,

Que le tableau de votre vie

Est le tableau de la V(;rlu.

Vous avez de l'esprit, savez éviter les plaisirs dangereux, aimez une

gaîté innocente. C'est par ma fidélité à une vertu « si parfaite et si

belle », que

Je veux faire pailer de moi.

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