‹ Urbain ChevreauChapitre 161 sur 371 · II. Stances. — 1" La Helle Gueuse · texte numérisé non relu

II. Stances. — 1" La Helle Gueuse

L'Art gale i)ien souvent les plus parfaits ouvrages

(V. Ib]

1. Les malheurs de lu guerre civile ont été sotivcnl ctiantés, par opposition au bonlieur de la paix, nntamnieut par le tendre Tiliiille (I, 10). Ce Tdhii-iiu do la ijuerre chile se retrouve ilans les (HiuirfS i/u'léex (l'oésie;; pp. 76-8i).

2. C'est le 2t) décenilire Itii'.l tpie Anne Poussant de Fors ilu Vigean se remaria, malgré sa sreur la dui-liesse d'.Viguillon, avec le duc de Uiclielieu. Elle avait épousé, en tOti, François dWllirot, sire de Pons, cnnite de Mareunes et était veiivede|iiiis KiW. C'est la sieur ainée de la cliarmante .I/o/ //lei/ii l'iVyeo/i, tant aimée par le duc d'I'lngliien.

3. Ces stances se retrouvent dans les (Miirrex im'lces. (Poésies, pp. 148-134.) Ettes sont peut-être adressées à la liellr /Cfifi/iliniiiie, objet un peu plus loin de liuit madrigaux.

Malleville a clianlé également cette lieaulé dans vingt-une strophes de quatre vers, .Sur une hellf Hufiise. Voici la première strophe : Pieds mis e( toute l'-clievelée.

Fliilis. en I'a\ril île ses jours.

Les ((vaines Déités » (( ciuc la cour i(iolàtre». ont besoin de céruse, d'or et d'un luxe ingénieux pour charmer. Ici 1 œil est (étonné

De leiKonlrer tant de lieliesses Au milieu de lapauvrel(5.

(V. 53 et 54.)

Sous ces haillons a de couleurs diflérenles ».

On cioiiait avoir vu l'Auidie Dessous riiaiiilieineiil d'Iris.

(v. Cî et 63.)

Respectée et aimée, malgré sa misère, elle touche le cœur de ceux à quielledemanderaumoiic.Chevreau.se mettant lui-même en sctMie, termine par ces deux belles strophes :

Alors que je vous vois, (;t si pauvre et si lielle,

Soumise à de si rudes coups, Je trouve la nature ou trop prodigue en vous.

Ou la torture trop cruelle.

De colère et d'amour je me sens enflammer, Pesant votre nn'rilc avec votre requi-te, Et ne sais, quand mon cœur commence à se calmer,

Qui d'abord est le plus honnête

De vous plaindre ou de vous aimer.

Dans ces deux mouvements mon âme, partagée

Entre l'amour et la douleur, Ne peut vous soulager dans un si grand malheur

Et ne peut èire soulagtîc.

Je vous plains dans vos raau\, j'en ressens la moitié. Mais, quelque sort cruel qui trouble votre vie, Si vous i^tes pour moi sensible à l'amilié,

Je ferai beaucoup plus d'envie

Que vous ne faites de pitié.

Non moins Leilp quo di^*solée.

S"en va de porte en porte implorer du secours.

En souvenir de cette pauvresse, célébrée par la plupart des poMcs du liinp? (Tristan, riDuriIfs, Ci)lli'tfl fils, etc.). on appelait Hclle Hiiriixe, à cause de sa pauvreté et de sa beauté, .I///c de C/témmiull, ou encore Française île liarbezière. f|ui l'pousa en 1644 Mfice Hertriiiiil de lu Jluriiiiéri\ trésorier de l'épargne el devini liientol la nuiitresse du surintendant dKmerv. Parmi ses nomluenx sciupiranls. elle avait le nian|uis de Coislin. le due de Verneuil. iilurs évèque «le Metz et Cinq-Mars. Klle plaisail au roi pour siui haliilelé et sa hardiesse ; un la chassa néanmuins de la Cour, eu lt>.'W, à cause tin triple jeu (pi'elle avait jouée ci.iuinie espionne, auprès de la reine, de M"' de Hauteforl et du laidinal de Uiehelieu. Le Gniiul l'ressigny appartenait à son lieau-i)ère : il l'avait acheté en 1037 ù .M"' de l'uisieux, qui l'avait elle-même acquis d'Emmanuel d'Averton.

Comme on le voit, il y a en tout cent hn'A vers, répartis en slropiies de neuf vers dont les premier, troisième, cinquième, sixième et septième, sont de douze syllabes et les quatre autres de huit. Nous avons cité les plus beaux passages. Le reste est un peu terne, plat et banal.

2» La Belle en (/eui/'. Les stances sont au nombre de dix-huit, chacune de quatre vers à rimes alternées, soit soixante-douze vers en tout. Cette œuvre, à part trois stances, estfaible. L'auteur célèbre la beauté de Philis qui éclate malgré ses vêtements noirs. Il la compare à Cytliérèe,

Lorsqu'elle crut mourir de la mort d'Adonis.

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