CHAPITRE VI
Remarques sur les Poésies de Malherbe
Nous savons que le marquis de Cliandenier, retiré clans ses terres, accueillait avec la plus grande nffabilité ceux qui venaient le visiter. On ne s'ennuyait pas avec lui, au contraire. Scarron écrit en effet, dans son Epitre à M. de Turhies (sic) '.
Cliandenier clans I^nudun s'égaie De bals, ballets, collations, El toute la ville défraie De comiques inventions ....
Mais, si l'on s'amusait bien auprès de Cliandenier, on y travaillait ferme. Le noble marquis était un liomme de goût et de lecture, ami des « mâche-lauriers » et des savants. L'un de ses commensaux' lui rend ce témoignage.
gialae carpil artis amore Phœbigenas doclosque alios ; quae cuiqnu facultas, Hospitio donisque favet sludiisque laccssit. ,
C'est dans la « magnifique » demeure de ce « Père » des belles choses que Chevreau, ayant un jour » pris Malherbe », « lit plus de la moitié de ces Remarques en moins de trois heures, sans autre dessein que celui de se divertir ». M. de Cliandenier vit ce travail et pressa l'auteur d'y introduire tout l'ordre et tout l'ornement dont il était susceptible. Chevreau y consentit et, au bout de dix jours, acheva ses Observations, ce qui lui fut d'autant plus facile qu'il avait une fort heureuse mémoire et « avait employé près de quatre années à lire avec
1. Voir Itecueil (/es' éjjilres en lers biirlesijues de M. Scarron et d'autres auteurs sur ce qui s'est passé de plus remarquable en IG.'kI. Paris, Alex. Lessellii, I6.'i0, in-i".