Il l'Idil dans sa dix-septii-mc anni'C
3. Ollc indication nr se retrouve pas dans IVMliti'>u de Ili'.IS. (|iii ((inlienl. au déliul clu seplième livre senlenieni, le plan noié ici.
i. Hans liMlition ili- l(i,Sti, la preniièie. Celle division a éti' ni ulifiée dans 1rs éditions suivantes, ijui cumijorlent un plus graud uumbi-e do tomes, de livres et de chapitres.
murailles et les jardins suspendus de Babylone, le Temple de Diane à Ephcse et le Temple de Jérusalem. Chevreau estime cette dernière Merveille bien supérieure aux autres et la sultstitue axi Labyrinthe, à la Tour de Pharos ou au Temple de Jupiter Hammon cités ailleurs. Le HUITIÈME LIVRE enfin s'occupe de l'Inde occidentale ou Amcricjue (du Mexique et du Pérou en particulier) el de l'Inde orientale (de la Chine spécialement). Des Rcmarcjues et une Table générale tcrmiiientl e second tome, comme d'autres Remarques et une autre Table avaient terminé le premier.
Chevreau ne se contente pas d'indiquer le plan de son œuvre, il le justifie. S'il y a beaucoup d'érudition et de critique dans le premier livre, c'est que, (( pour donner l'histoire du vieux monde et du nouveau, il fallait nécessairement traiter d'abord des Assyriens et des Mcdes » ; et que, d'autre part, ne visant pas à l'originalité, il jugeait bonde signaler l'incertitude et les divergences des plus fameux chronologistes sur les dalcs et les faits, la succession et les noms même des rois, afin de permettre à chacun de prendre parti à son gré. Pour le reste du tome premier, il a « suivi la route ordinaire des écrivains ecclésiastiques et des profanes». On pourra juger, par les Réflexions et les Remarques du second, s'il a (( du discernement et de la lecture ». Il a publié son Histoire à la prière de ceux à qui il l'avait communiquée et qui lui en avaient tous parlé avec estime. Au lecteur de décider s'il a bien fait en montrant de la déférence pour des amis, qui lui ont toujours paru «trop habiles pour être trompés et trop sincères pour tromper les autres ».
On voit avec quelle netteté et quelle modestie dégagée Chevreau expose sa méthode et la manière dont il a été conduit à rendre public son ouvrage. Il n'a pas fallu moins que les instances de ses intimes pour l'y décider. A d'autres de dire s'il a eu tort ou raison de le faire.
De nouvelles éditions de l'Histoire du Monde parurent à La Haye en 1687 et à Paris en I6S9 ', celle-ci augmentée d'un volume sur les Empereurs d'Occident et d'un chapitre De la République des Hébreux-. Elles furent très favorablement accueillies. C'est ce que prouve l'Avertissement suivant, placé par l'auteur en tète de l'édition de 169S, à La Haye, la dernière publiée de son vivant '.
1. La Inbliothèque. de La Hoche-sur-Yon possoile une édition en cinq volumes in-12, publiée h Paris en 1695. C'est la reproduction de l'édition de IGS'J.
2. Le chapitre Ûe In firpiihlique fies Hébreux, devait compléter les renseignements contenus dans le premier chapitre du premier livre. L'Ilisluiie des Empereurs (l'Occident était nécessaire pour combler une lacune regrettable.
3. Elle porle le litre de deuxième édition, parce qu'on y tient compte uniquement de celle qui a été imprimée en Hollande.
Le Privilège est en Hollandais. 11 porte les signatures de Oaspar Fai/el et do Simon
« Si parles diverses éditions d'un livre on doit faire quelque jugement de sa bonté, je ne crois pas que l'on m'accuse de présomption, ((uand je jugerai favorablement de cette Histoire cl la manière dont elle a été reçue du public m'a déjà payé assez dignement de toutes les. peines qu'elle m'a coûté ». « Mais, ajontc-til, il n'y a que cette dernière édition qui me fasse bonneur et c'est au lecteur à examiner si je suis indigne ou de sa grâce ou de sa justice ».
En eiïct, ainsi que nous l'apprend le libraire, Chevreau, plus difficile que le public, n'avait pas trouvé parfait son premier travail, malgré la vogue dont il jouissait. Aussi l'avail-il revu, pour le modifier a presque à toutes les pages)) et y ajouter de nouvelles parties. C'est ainsi qu'il y introduisit l'Histoire de Sirile, celle du grand Gustave de Suède, la Révolution du Porttigal et divers autres faits, puis donna à l'œuvre sa constitution définitive '.
Il avait donc lieu d'être particulièrement satisfait de sa dernière édition de 1698 et raison de le proclamer. On éprouva pourtant le besoin de l'améliorer encore après sa mort ou, du moins, on alllcha cette prétention peu justifiée.
En 1717 parut une troisième édition de /'Histoire du Monde, revue corrigée et augmentée de la suite de l'Histoire des empereurs d'Occident jusqu'à l'empereur Charles VI à présent régnant et de pbtsieurs autres additions considérables dans le corps de l'ourrage, par M. /'abbé Veutot, Amsterdam, Mortier, 1717, in l'J, 8 tomes.
« Ce titre, dit le P. Niceron', est faux en plusieurs manières :
van Bcaiimrml. Après la «table des chapitres », mise au rlébiit, est le porirail de Chevreau, avec ce distique, différent de celui q\i'oii lit ailleurs, sous son portrait : Hic vil-, hic est. per quem prisca omnia s.TcnIa vi\unt; (Jiicm nostri dicent sa-cla fuUira deciis.
Ces vers s'appliquent liieii à l'auteur de l'/fixioire du Mondp. Le portrait, comme ceux qui figurent en léte des Œuvres mi'lres et du Chcvrncnna, a été peint par Pclilol et grave par Cunst. C'est [lartout le même portrait, l'épigrammc seule diffère.
1. Le chapitre SI/)' /('.s- ÛCHJ- .Sicilcs {\[\. cliai>. 8) a été ajouté sans doute pnurplaire aux La Trémoille, qui se prétendaient héritiers des rois angevins de Kaples et s'intitulaient/(-ihccs lie Tarenle. Les développements sur (iuxtave-.lddlji/ie et la Ucvoliiliou du Portufjiil (V, chap. 2) s'expliquent par les fonctions anciennes de Chevreau auprès do Christine, fille de Custave et par le désir d'éclaircir les origines d'un royaume récent.
L'édition de IfiflS con)pte cinq tomes et neuf livres. Le premier tome comprend les livres I et II ; le deuxième tome les livres III et IV ; le tome trois les livres V et VI; le tome quatre les livres VII et YIII, enfin le cinquième U)me le livre L\. Il y a se|)t chapitres dans le livre I ; six dans le livre 11 ; seize dans le livre 111 ; quinze dans le livre IV ,- deux dans les livres V et VI ; quinze dans le livre VII ; Iniil dans le livre VIII et cinq dans le livre IX.
2. Mêmnireu pour servir il l'hisluire des liuiiiiiies ilhisires diins lu /li'/iuhln/ue des lettres, Paris, liriasson, 1730, t. .\I, pp. 3î)i-3i)3.
1» l'édition s'est faite à Paris et non à Amsterdam, où l'on a seulement fait imprimer les litres de chaque volume ; 2" les additions ae sont pas de M. Yahln' Vcrlol ', iiui n'aurait pas laissé les fautes grossières qui y sont, mais de .M. Bourgeois duChaslenet. connu par d'autres ouvrages ; 3" les additions ne sont pas si considérables qu'on le croirait; car, quoiqu'il y ait trois volumes de plus que dans l'édition de 1698, les caractères y sont plus gros et les lignes moins serrées; 4" c'est mal à propos qu'on la dit corrigée, puisqu'elle est remplie de fautes qui ne sont point dans l'éditinn précédente. Ainsi, tout bien considéré, on peut dire que l'édition de [îj\^^ est préférable à cette dernière, quoiqu'elle ne soit pas sans fautes. Elle est pl-us nette et plus correcte ; elle est tout entière l'ouvrage de M. Chevreau et n'a point d'addition.s étrangères, que l'auteur n'aurnil \i\\ vraisemblablement approuver ».
On doit en dire autant de la iinatrihne édition, im[irimée à Rotter- (lam chez Jean-Daniel Ikman en 17"2'2, et dans laquelle on s'est contenté d'ajouter les événements. les plus récents. Toutefois, dans l'Avertissement, on rend hommage au (( génie vaste » de l'auteur, qui ne s'est pas contenté de glisser superficiellement, dans un simple discours oratoire-, sur les matières qu'il traite, mais a embrassé et approfondi l'histoire particulière de toutes les nations, tait voir (( l'origine, les progrès et la décadence de tous les Etats, leurs religions, les lois, la forme du gouvernement, les princes ou les magistrats qui les ont gouvernés successivement et les principales époques consacrées par les plus célèbres événements de leur règne ». On ne pouvait mieux résumer l'immense matière traitée dans celte (( bibliothèque choisie des meilleurs historiens », ni mieux définir le but visé par l'auteur.
Nous ne comptons pas étudier en détail et par le menu l'œuvre historique de Chevreau, pour en relever au fur et à mesure les inexactitudes et les erreurs, les lacunes ou les faiblesses. Outre que la matière serait trop considérable et sullirait seule à remplir un volume, nous déclarons iiumblement notre incompétence : Non omnia possumus omnes. L'histoire est devenue de nos joiii's une science si délicate et si compliquée
1. C'est (T que riemlile neltemenl imliciuer r.t/j/truhnlioii suivante, qui précède le privllêjte diilé du 7 seplemlïre 1712 :
« J'ai lu par ordre de .Mgr le Chaneelier l'/Z/x/di/c ilii .l/n/irfc composée par M. Chevreau et continuée jusqu'à présent et j'ai cru que le public verrait avec plaisir cet ouvrage, dont on a déjà fait tant d'éditions, entièrement complet En loi de quoi j'ai signé.
« A Paris, le K! novemlire 1710.
« De Vektot. »
î. Comme celui de Bossuet, sans doute, sur l'HisInire uniierxelle.
qu'il faut s'y être adonné spécialement pour prétendre à quelque auto rite et nous ne voulons pas nous exposer aux foudres redoutables ou aux plaisanteries faciles des critiques documentés. C'est pour cela que nous avons insisté sur la bibliographie, beaucoup plus accessible h nous et, qu'après avoir brièvement indiqué ce qui nous semble particulièrement distinguer notre auteur, nous allons essayer de fixer la place qu'il doit occuper, selon nous, dans l'histoire, au wu-^ siècle.
De l'examen des deux premiers livres il ressort clairement, à nos yeux, que Chevreau avait une connaissance approfondie de l'antiquité hébraïque, assyrienne et grecque. Nous parlons, bien entendu, pour le temps où il vivait. Une œuvre littéraire est le plus souvent en rapport avec l'état social et, pour en jufîcr avec équité, il faut tenir compte du milieu et du temps où elle sest produite '. Faute dagir ainsi, on ri.sque d'être injuste ou trop absolu. L'Orient était encore inconnu : les hiéroglyphes et les inscriptions cunéiformes ou cludiformes gardaient leur secret; à peine avait-on entrevu Thèbes et Memphis. On était réduit à commenter les renseignements obscurs ou incomplets, laissés par les compilateurs d'anecdotes. L'érudition historique était dans l'enfance. L'épigraphic et l'archéologie n'avaient pas donné leurs plus importants résultats. La critique des sources et des témoignages n'exis tait guère. On respectait les auteurs anciens, on ne les contrôlait pas
en général.
Nul. avant Chevreau, n'avait pénétré aussi loin dans l'étude des origines; nul ne s'était davantage imiirégné des ouvrages écrits sur les peuples anciens. La Bible n'a pas de secret pour lui; il connaît tout ce qu'ont écrit les Grecs et les Latins, les écrivains ecclésiastiques ou profanes, les critiques du xvi- et du xvu" siècles. Pnrtmil el toujours il es! bien renseigné et c'est avec une attention particulière qu'il relate, sans rien omettre d'essentiel, tout ce qui est paru jusqu'à lui sur les sujets
(lu'il traite.
Il fait preuve, en même temps, de grandes connaissances géographiques, sans lesquelles (< l'histcire n'est qu'un amas confus d'actions particulières et de noms propres ou appellatifs, qui ne peut laisser que des idées fausses ou imparfaites » ». Ici. il est en avance sur son .siècle, où l'on tenait généralement peu do complede la géographie. Par contre,
1 „l',mrjiii;tM-(li'lii liraiilr d'un iiiivni;.;.', (lil {■\mU-nv\h- {KliKlrsiir r,,nii'illi: p 20i), il suffit lie le .-linsidércr on hii-nirm.' ; iiKiis, pniir jn-j.,;- ,lii m-vWr .le laulriir. il faut le compiivei- à son siècle. >•
i. 1. V, p. 8i. On voit iiu'il reconniiissail hien la parenté (le la géoprapliie et île l'hislciirè, ainsi que la néi-essilé pour eelle-ci de s'appuyer sur celU^-lft.
IIlSTOIHIi nu MONDK 307
il lie dit rien do l'origine dos Modes, de rndmiiiistintioii et dos mœurs du pays. .\do[itiiiit le systcino des liioij;rnplios et dos nuecdoliers, il s'arrête au.x particularités intcressaiiles. aux détait.s caractéristiques. La philosophie do l'histoire lui fait à peu près défaut : c'est unccoiiquôle do notre lom[is.
Chevreau a introduit ilaus ses llemarques. cltroDoloDiijucs tous les rciiseignenieiits coiiqiléuiontaires (|ui n'ont point pris place dans l'histoire proprement dite, ("est là surtout que s'étale la science do notre auteur et qu'on peut se faire une idée ilo ses lectures imnionsos, de ses minutieuses roeherchos, autrement dit du travail écrasant de compilation et de rédaction auquel il s'est soumis pour mener sou œuvre à bonne fin. Tout cela nous explique l'admiration des coniemporains et nous frappe aujourd'hui d'olonnomeni, élan! donné l'état dos sciences criliipies et historiciues, les maigres éléments fnurnis par les iiiljlio(lioi|ues pulili((ues et privées. Qu'on se reporte par la iiensée au moment où vivait Chevreau, au petit nombre d'œnvres similaires déjà composées et <pii pouvaient lui servir de modèles, on verra qu'il ne mérite pas l'orgueilleux dédain avec lequel nos contemporains accueillent, pour la plupart, les œuvres historii|ues des siècles passés.
Chevreau indique le plus souvent les sources auxquelles il a puisé, les auteurs fju'il a suivis. C'est qu'il vise plus à l'exactitude qu'à l'originalité, à l'information précise qu'à l'invention ingénieuse. 11 multiplie les renseignements, accumule les témoignages '. Il a tout lu, tout vu de ce qui intéresse son sujet ; mais, loin de chercher à nous imposer son jugement, il s'efface derrière les hommes et les faits, risque rarement une appréciation, ce (|iii, de nos jours, nous paraît un défaut, quand c'était nulrofois un témoignage de respect poui' l'.^nliquito.
Eu ce fini concerne l'exécution matéi-ielle de l'œuvre, il faut signaler l'incertitude et la variabilité de l'orthographe. Le même mot est écrit de plusieurs fai;ons différentes, sans qu'on iniisse saisir les motifs de ces changements aussi inattendus que nombreux. La ponctuation est également peu soignée et, çà et là, des fautes d'impression dénotent le peu de surveillance apporté à la publication d'un ouvrage, dont le fond seul dev.iil préoccuper l'aulonr. Cotlcpi'éocciqi.ilion est encore accenluoo par les inuKchcKcs ou notes additionnelles placées à la marge oxlériouro,
!. Son l'xarlilinli' au^nirtilr à nii'siirc ([.ic l'on >i' ra[HHMfln' ili' la pi-i'iiidr (»ù il vivnit. li s'i'liMid |iaiticuliri'i'ineiil ^uv C/irixIiiie, sai' la CDinersinn el If iiiurimjv (l'Iilisiibelli ('Imiidllr de Hiirinc iircr /'/iili/i/ie irO/lciiiis livre (lu roi (V, p. 2). Il ri'vifiulra sur ces sujets dans ses HhUivreu nii'lri's el sou r/irrr/iffitta (Olv mèl., ()|). IT-ll*. — • Chevraeana, 1, pp. 2i-2:i el i)p. I.SO-IHS).
308 L'KCniVAlN
pour compléter les renseignemeiils foiifiiis et tloriner toutes les indications désirables.
Cnr, nous le répétons à dessein. (HieviTau n voulu avnnt tout être complet et, pour cela, il s'est livré à un véritable labeur de Bénédictin. S'il n'a apporté aucun fait nouveau ; s'il nous laisse sans renseignements ou à peu près sur les institutions et les coutumes des différents peuples qu'il étudie; sur la religion, les sciences, les lettres et les arts ; c'est C)ue ces matières écliappaient en grande partie aux investigations des liisloriens. Les faits princi[)aux, les souverains et les personnages en vue, voilà ce qui préoccupait iinii|ucment ; le peuple était peu de chose; le mouvement intellectuel laissait les esprits indifférents; on ne prêtait qu'une attention distraite aux causes et aux conséquences des événements, à leur répercussion sur l'état social et les individus. On se bornait au côté extérieur et brillant ; on ne fouillait pas au creur des sociétés, pour en dégager l'essence et les principes constitutifs. .Vu lieu de sonder les entrailles des liommes, jiour y découvrir les mobiles secrets de leurs [lensées et de leurs actes, on ne jetait sur tout cela qu'un coup d'œil furtif et intermittent ; ce n'était nullement l'objet d'une étude approfondie.
Notre époque est par excellence une époque scientifique. I^'hisloire jette tous les jours des clartés |)lus vives sur les mystères jusiju'ici impénétrables du passé disparu. 11 y aurait néanmoins beaucoup d'in gratitude à méconnaître ce que doivent les générations nouvelles aux générations antérieures. Le genre liislori)|uc a eu de tout temps chez nous des représentants illustres, depuis les poêles des Chansons de geste, les Bossuet et les Voltaire, sans oublier les Chroniqueurs et les Mémorialistes, jusqu'à Augustin Thierry, de Tocqucville, Taine et Fustcl deCoulanges, (îuizot, Thicrs et Micbelet. Mais la conception de l'histoire a changé et ses moyens d'information se son! mullipliés. Chevreau avait eu l'iiituilion de la vraie mélhode. Ku se plaçant au point de vue du xvM" siècle, on ne peut mamiuer de rendre hommage à sa véracité comme à ses lumières, à son lalenl décrivain comino à s(mi imparlialilé. Il a essayé de varier son récit et de le rendre inléressani aiilani (|uiiistruclif et sobre : partout il a fait preuve d'une sincérité indiscutaiile.
Quelles sont d'ailleurs les condilions du genre (|u'il avait abordé '.'
L'IIisloire est, d'après son élymologie' la connaissance acquise par
1. 'IiTopix (de oîoa, part, i île tiZut. racine l'io, voir; en latin, liilpn) signifie recherche, iiifiirmatitm, d'où rrsiilKil il'iiiic infnniiiihiui. curjiiiussaiii'e el. par suile. relation verbale ou écrite de ce (|ii'iiii a aiipris.
une recherche intelligente de tout ce qui constitue la vie d'un peuple ou d'un individu. « C'est dit Cicéron ', le témoin des temps, la lumière de la vérité, la vie de la mémoire, la maîtresse de la vie, la révélatrice du passé. » Tout acte accompli par un être intelligent et libre appartient à l'histoire. On voit par suite combien vaste est l'étendue du domaine qu'elle exploite et combien il lui faut de sagacité et de peine pour réussir. Elle ne se contente pas en effet d'intéresser et de plaire; elle veut avant tout instruire. Pour cela, elle cherche à appuyer ses récits sur des documents authentiques, contrôlés avec soin, puis habilement mis en œuvre et animés d'un souffle régénérateur, qui rende le mouvement et la vie aux âges depuis longtemps disparus. Elle s'efforce de joindre à une grande dextérité dans la présentation et le groupement des faits ou des personnes, un savoir profond, un jugement sûr. l'expérience de la vie politique ; à un style clair, rapide et sobre, d'une chaleur sans éclat mais continue, une imagination puissante, un amour de la vérité, de la justice et de l'humanité qui permette de rester impartial, sans se montrer impassible et qui, à égale distance du panégyrique et du pampldet, fasse deviner derrière l'écrivain équitable et sincère une àme sensible et généreuse ; à côté du chercheur scrupuleux et avide de vérité, l'homme capable de s'éprendre du beau et de s'enthousiasmer pour le bien.
L'Histoire ainsi conçue est le triomphe du xix» siècle. A cette époque seulement les progrès de l'archéologie, de la numismatique, de la géographie, de la linguistique et de l'ethnographie ont permis de rendre au passé la vie, la couleur et le mouvement. L'historien, mis en possession de la vérité par une critique savante et méticuleuse, peut aujourd'hui faire valoir cette vérité parle choix et la mise en œuvre des détails, la suite et l'enchaînement de l'ensemble; ressusciter, par une peinture vivante, par des tableaux réels, les âges primitifs, que leur éloignement semblait avoir réservés à un oubli éte."nel.
Autrefois il n'en était pas ainsi. Désireux avant tout de plaire ou d'être utile- ; d'étaler son talent d'écrivain ou ses facultés oratoires, de faire admirer la puissance évocatrice de son imagination ou la profondeur de ses conclusions morales, l'historien cherchait à montrer en lui un artiste ou un philosophe.