‹ Urbain ChevreauChapitre 179 sur 371 · De Oi-alore, p · texte numérisé non relu

De Oi-alore, p

2. Quand elle n'était pas une œuvre de rhétori(iue, l'histoire était une œnvre de morale. .Vyant pour olijet la vérité « hunmine », générale et constante, elle négligeait les traits particuliers à une race ou à une époque. On ne possédait pas le sens du relatif, qui est le sens même de l'histoire, le véritable historien devant avant tout « tlistinguer ». selon le mot d'Augustin Thierry. Il faudra attendre au xis* siècle, pour que l'histoire devienne une science, tout en restant un art apjiliqué à la fiiléle représentation des choses passées.

Ce n'est pas loiilcfois que plusieurs auteurs n'aient entrevu et indiqué une autre façon d'écrire. Sans remonter aux Grecs et aux Latins, chez nous, dès le xvi'" siècle, Jean Bodin'. dans son livre intitulé Mcthodus ad facilem historiaritm cofjnitionem, n'a-t-il pas défini le rôle de l'histoire, tenté d'expliquer l'évolution des Etats, de fonder la chro-' nologie, de montrer l'adaptation des gouvernements aux climats, de formuler l'idée de progrès ? De Thon n'a-t-il pas travaillé vingt ans à son liisloria mei teinporis, malheureusement en latin, « pour représenter historiquement, c'est-à-dire avec la vérité, comme les choses se sont passées » ; voyageant en Europe, compulsant les papiers d'Etat, interrogeant de vive voix ou par lettre les témoins '? Bossuet, occupé de l'éducation du grand Dauphin, ne proclamait-il pas, dans sa lettre latine au pape Innocent XI, De Institutione Delphiiii (8 mars 1673) que l'histoire est «la maîtresse de la vie humaine et de la politique»; qu'elle doit être enseignée avec une rigoureuse exactitude et que. sans s'attarder « dans un trop grand détail des petites choses », il faut « remarquer les mœi;rs de la nation bonnes et mauvaises, les coutumes anciennes, les lois fondamentales, les grands changements et leurs causes, le secret des conseils, les événements inespérés » ?

Malgré tout cela, l'histoire, comme science, n'existait pas. Son champ était borné. Ignorant les peuples de l'Orient, connaissant peu les Grecs et les Latins, on acceptait et on répétait sur eux les vieilles légendes, s'eftorçant surtout de bien écrire, sans viser à l'exactitude, représentant sous le même jour toutes les époques; faisant servir les événements d'exemples et d'appuis pour ses propres idées. Il fallait attendre Augustin Thierry et notre époque pour voir une résurrection véritable, l'imagination unie à la critique, la reconstitution d'un drame vécu, à l'aide de matériaux fournis par une érudition franche et scrupuleuse'.

Au début du x\ir' siècle, l'écuycr Jacques Charron présentait, sans rire, dans son Histoire universelle de loutes les nations % les soixantedix-sept prédécesseurs de Pharamond qui, depuis Japhet. avaient régné sur les Gaulois. A peu près au même moment, .\grippa d'Aubigné,

1. .lean Bndin (l.'inO-laOS') avocat, plu-; lard inaitro des rcqui'tps et procureur du roi. publia la Minlmde en l.'iOG et \^^^ six livres rie lu ll/'/jublii/ue en lu77.

2 Kn songeant à Uacine et à Roileau, liisloriotTai)lios du roi, La Fontaine disait en 16S7, dans son h^pilre it lluet. alors évè(|ue de Soissons :

( Il nous promet i'Iiisloire et c'est un bel objet. Tout le monde alors allendail cette liisloire basée sur l'érudition, lu théologie, la conlroverse, sur la science enfin et sur la critique philosopliiqne ; mais elle ne devail veni^qu(^ plus lard.

3, t;ctle histoire fut écrite en 1021.

dans son llisinirc iniitcrxcllc' , doniiail. avec lui sommaire « des alTaircs d'Orient, d'Occident, du Midi, du SciitcntricMi », im résumé do ce qui s'était passé eu France de looO à IfilO. Hossuet lui-même, le seul (|uc l'on puisse considérer en ce siècle comme historien, malgré le caractère substantiel, la concision lumineuse de son Discours sur l'Histoire viiicersclle {[QS['-) n'a guère présenté qu'une apologie do lu religion. Certes il a bien marqué, « dans clinquc temps, les secrètes dispositions qui ont préparé les grands changements et les conjoncturesinporlantes i|ui les ont produits » ; mais sa chronologie est sus[)ccle. 11 omet, outre les ludions et les Chinois, alors peu connus, les Phéniciens qui jouèrent un rôle si considérable dans la civilisation antique ; Mahomet et les Arabes, qui ont tant influé sur la civilisation moderne. La pénétration de son esprit ne l'a pas empêché d'accepter avec confiance les récils peu véridiques de Diodore de Sicile sur l'Egj'ptc ; de Tito Livc sur les premiers temps de Rome ; enhn, guidé par ses idées religieuses, il a subordonné tous les [leuples au pou|)lo juif, glorifié le calholicismc au.x dépens des autres religions et expliqué les grands événements par l'intervonlion de la Providence- On remarque le même point de vue, la même idée capitale daus son llisloirc des variations des Efiliscs protestantes, où il avoue que « d'aller faire le neutre et l'indifférent », à cause qu'il écrit l'histoire, ou de dissimuler ce qu'il est, quand tout le monde le sait et qu'il s'en fait gloire, " ce serait faire au lecleur une illusion trop grossière ».

Les qualités qui mainiuaicnt à Bossuet et aux autres historiens, n'espérons pas les rcncoutror dans l'Iicrrcaii. 11 avait, nous le savons et nous en aurons bientôt de nouvelles preuves, une vive passion pour le vrai, une perception claire do la méthode historique, une idée nette dos qualités d'un bon historien et de l'importance de l'histoire.

« De tous les grands ouvrages on prose, ditildans son llierracana'^,

1. .Vgi'ippn (r.\iiUiyiii''( l.'ilU-lli.'tO), fil piiniilT'o son //isluiri' iiiiiii'rsi'l/i', ([ui coniiirciiil trois viiliimos, eu HUO, KilS i-t 1020.

\ 2. On l'xpliciue li's ili'fiiuls de Hossuet, eu faisant ress irtii' (jai' soii /liscniirx est un ouvrafie d'instruction, eoniposé pouvuu enfant destiné à régner et dans lecpiet l'exagé-ration a pour tint de reliausser le |ieu|ile ou le |)ersannage, (jiuinil il y a chez lui fpieli[ue cliose « à apprendre et à imiter ». ("est pour cela que, passant rapidement sur les tCtIdopiens « nations sauvages et mal cultivées ». il aurait idéalisé l'ICgypte ifnne façon eomiilaisanle (t^If. Disc, xur l'/iisl. unir, f/e /Snxnni-l, III, p i.'iti éd. .lacquiuet et //i.sl. (Il' lu lin. friiiiç.. sous la directi m de C.h. Petit de .lulleville, V, p lil.'i, par .\lfied IléljcUiau).

3. Chcrriiriiiui. Il (pp. 277-27.'^). Dans la première [larlii' du l'/ifi riirriiin (|ip. l'.ll-l'.t^) il avait ilil : -. Il y a peu de persiinnes cni'ieuses ipii n'aimeul l'Iiisloire et il n'y en a guère (pii la sachent liieii. parce (|u'il est nécessaire, pour la hieu entendre, desavoir au m liiislagéographie. .Mais ce n'est rien, si l'on u'étend i>as ses vues plus loin, .\vant

il n'.v en a point de plus difficile, de plus agréable ni de plus utile que l'Histoire. Il n'y en a point de plus difficile, parce qu'il faudrait, pour bien l'écrire, être sans parents, sans roi, sans pays ; n'être prévenu par conséquent d'amour ni de crainte où il s'agit de la vérité. Il n'en est point de plus agréable, parce que l'on y voyage sans frais et sans peine ; que l'on s'y trouve dans les combats et dans les batailles, sur merci sur terre, sans aucun danger. Il n'y en a point de plus utile, parce qu'en y voyant les vertus des uns, on s'efforce de les imiter ; qu'en y découvrant les vices des autres, on y apprend à se corriger des siens et à prévenir par ce moyen les mêmes disgrâces qui sont venues des mêmes défauts ' :

Ex viliu Mlleiius sapiens ciiiendal siuiin,

et il est certain (]uc les exemples y contribuent beaucoup plus que les préceptes. Ce n'est pas tout. Pour bien remplir tous les devoirs d'un liistoricn, on ne doit rien a'vancer sur le bruit commun, mais sur des .Mémoires très fidèles ; éviter le style sec, le dur et le trop fleuri ; ne l'avoir, ni trop concis, de peur d'être obscur; ni Iroj) étendu, de peur d'ennuyer. Il faut proportionner ses expressions à la grandeur des événements ; tirer de ces derniers tontes ses maximes ; blâmer sans aigreur, louer sans affectation et, pour dire loul, n'avoir en vue que la vérité, sans la travestir et sans la cacher par un principe de honte et de crainte. Outre ces conditions que j'ai marquées, je suppose qu'un historien doit avoir une connaissance très exacte de la situation des lieux,

que de lire un hislorien, poiir en l)ien juger. je veux èlre instruit lie sa qualilé, lieson pays et île son Iniineur. .le rcf-'arile en quel Icnips, sous quel prince il a IravaiUé ; s'il n'a p[iiiil été sou affranelii. son pensionnaire on son ilomesliciue : s'il a véen pauvre on rielie ; ciininienl il esl devenu l'nn nu l'aiili-e el par quelles raiscuis il s'esl fait auteur... et, quauil la liea\ilé iln style se Ironve jointe à la prandenr des événements, on peut s'éerieravee un Romain ISelihis piiln ijtiihiis Dearum minière doliini esl nul faeere .icrihriiilti, mil xrrihere lei/eiiild : liediixsiiiios iiiiihiis iilriiiiifiiie ».

Si ninis avions nn regret à exprimer, eesl qn'k la suite de son adiniralde résumé des qnalilés de l'historien et du reproche qu'il adresse aux (irees el aux Latins d'avoir manqué île (pielqiies-unes d'entre elles {l'/ieiraeiiiia. II. p. 278). i;hevreau ait semhlé excuser les liiographes des princes, i|ui mit caché les défauts de ceux-ci. par crainte des persécutions on des supplices.

Oette fin d''|)are nn peu le resle.

1. (In reconuait là que l'/ieireiiii, connue la [diiparl de ses conleniporains. veut instruire par l'exemple des générations précédentes, sans toutefois chercher comnu» eux à « fournir au lecte ic ipn'lques oriuuueuls mapnitiqiu'S. tels que harangues de héros, ri'flexions politiques pour le nifrairfiir ilr sa fiilii/ite n suivre Imtjnurs une iinuée jKir flea /ifiijs ruines el tiéseris i>. (V. Hisl. tie In lill. franc., sous la direcliou de .1/. /'elil lie Jiillerille I. IV, ch. .\. p. liliTi. Cepi'udanl il ne traite que par accident des mo'urs el instil'illons et suivant la ini'lli ide il'HeriiiInle, il reprend. ;i |iropos de chaque peuple el de chaque ville, depuis l'origine Jusqu'à répO(|ne de la disparilion de l'un ou de l'iiiilre.

HISTOIUE DU MONDE 313

de l'ordre des temps, des caractères singuliers de ceux dont il parle, parce i|iic le lecteur s'inioirinc voir les choses (|u"il lit et que ces Lawges (|ui l'iiislruisent, servent merveilleusement à le divertir. »

Comme on le voit, Chevreau trouvait de la difliculle, de Vagrcment et de Vittilité à l'Hisloire, à cause de l'impartialité exigée ; des voyages accomplis sans déjicnses. fatigue ni danger; de la leçon morale qui découle du spectacle instructif des vertus et des vices. Il veut que l'historien soit bien informé, écrive clairement, sans aride sécheresse ni ornements superflus, distribuant sans exagération l'éloge ou le blâme à propos des faits ; soigneusement fixé sur les localités, les époques et les individus.

Tels sont les « devoirs indispensables » reconnus par notre auteur et ceux qu'il s'est efTorcé lui-même de remplir'. Son ouvrage, d'après son propre aveu, lui « a coûté plus de trente années ». Durant ce long espace de temps, il a recueilli les matériaux nécessaires, classé et disposé les documents utiles, s'est entouré en un mot de tous les renseignements que pouvaient lui fournir ceux (|ui avaient écrit déjà sur les matières qu'Use proposait de traiter à son tour. Il faut rendre liommage en ce point à ce désir de certitude et à cette sincérité curieuse, qui lui ont fait abandonner sor. habituile de composition courte et rapide, pour consacrer le tiers de son existence à une œuvre historique.

L'un et l'autre apparaissent clairement dans les auteurs excessivement nombreux qu'il cite à l'appui de ce qu'il avance et. en particulier, dans les /^cma/v/xcs placées à la fin de cliaiiue tome, sur quelques passages des didérents ciiapitrcs de son histoire. Il sait mèmi! faire un choix parmi les témoignages invoqués et marquer ses préférences, dont il fournit le plus souvent les raisons. Dans cette vaste composition, il y a certainement de l'embarras, des détails trop minutieux, à côté d'omissions importantes; un vain étalage d'érudition, des confusions de

1. Il av;ii( uni' liuiinc liililii)llii'iiuc ?l il a su bien ?"eii servir. .Xinsi. dil Bayle (\i)uirllex (le In /trpiihli'iiie di'x lellrex, novembi'e lOSIi. t I. p. 67Si. nn doit considérer l'el ouvrage, « eminie un tniit qui est parvenu à lelat de maliirilé, après une enUure très bien eonduile ». Cependant l'abbé Li-n^let {('riliilii(/iie dex liislurieits) reprocbe à l'auleur de n'avoir pas. avec son savoir et s la haliilet'-. ilounéaux Histoires d'i;j:y|ile et dWssyrie tout le jour qu'il [lonvait ; Masson, dans son //ixlnire riiliiiiie de lii /ii/iiih/iiiiic flex li'llres (t. XIV, p. ;i!(S), exprime le regret que rn-uvr.- ne soit pas plus étenilue. pins exaele, mieux travaillée, moins superfieielle : <|ue l'auteur n'ait jéuui (jiie le denii-ipmrl des matériaux (pi'il lui fallait, et ipi'enfin il ait pillé, sans le dire et en m- le citant ipie pour le critiquer, le livre de Cbrélien .Malbias imprimé pour 'a ileuxiéme fois à .Vuisterdaui en l()"il) el iulitiilé T/ieiiliiiiii liislnriniiii. llirarelini prarliriim. iii ijiii) iiiialiiir .\h)ivtrilii;r luirii l'I /irli/irin's/i iiifl/iudi) dfsrriliiiiiliir. Oe pln.u'iat est loin d'èlre pr.iuvé. mal.iiré li'S affirnuilions ren nivelées par les .Xuiiiellex lilUrairex (t. IV, p|i. i21-23>t. Uenève. 171(11. liel article du 7 juillet est signé I. K. (i. H, !.. H.

noms, des erreurs de faits, des identifications risquées, des iiypotlièses trop hardies, une confiance trop aveugle dans les auteurs anciens, dont il a cependant, à plusieurs reprises, signalé l'inexactitude au cours de son Histoire même, dans les O'Jncrcs mrires et le llicrracaiia : un manque général d'esprit critique et de métiiode dans le triage et le . classement des matériaux ; la reproduction trop docile des ciu'onologies de Bunling, L'sher et autres ; la préoccupation trop constante de concilier l'histoire profane avec l'histoire sainte et de subordonner la première à la seconde '. Mais on ne peut nier qu'il a fait son possible pour cire complet, pour être vrai. Il a parlé, d'après les récits de voyageurs récents, des Arabes, des Turcs, des Chinois, des habitants du Nouveau- Monde, ignorés |iar Bossuet et ses iirédéccsseurs - ; rappelé, à propos de l'origine du monde et du peuple assyrien, les principaux événements de l'histoire juive ; à propos des peuples de l'Orient, ceux de l'histoire grecque et. à propos de l'empire romain, ceux de l'Europe et delà Chrétienté, en prenant pour hase de ses récits les travaux antérieurs. Dans son envie de satisfaire la cuiiosité, il a décrit les .Merveilles du Monde et, pour marquer les vicissitudes humaines, narré l'existence des princi|)ales citésde l'univers ancien '. (tu le voudrait peut-être moins pédant cl moins féru d'érudition livresque; plus soucieux de l'ordre et de la sobriété ; mais il faut lui savoir gré de sa conscience et rendre hommage h ses lectures. Ce que l'oii sait de positif encore maintenant sur r.\ntiquité, sur les origines, les coutumes, les mœurs, l'existence, les migralions des peuples primitifs cl notamment sur l'.Assyrie, le peuple juif cl les chrétiens des premiers temps est si maigre; les renseignements certains sur la création. Ii> mélange des races, l'Egypte, sont si peu de

1. l/alilii' dArlif-'iiy lui ri'|ir }clii' [i mi-laiil (.V"»/''«h.)- iiifliiiii/rx ilf rnlUjiir ri ilr lillcriilure. 1. I. |)ii.-<sim) ilc se (•.)iil-iUer, p iiir riii,*toiri>clii peu pif juif, ik' lalili's cliroiiulojiii|ues scelles et (Irchai-m'es, i>l ilc rappnrloi- forl cxaclcmi'iil li's ivvoi-ies ili-.-i rabliiiis, les (liffércn les siipp'i la lions lies eliiMiinld'xisle-^.niiaiil àsadeseripliniuliiTcinpleile ;^all)luol!, il la ilevi-ail à i'ciMivreile llahlii .laeoh.Ielimla Li'oii, impiiniée en lléliieu, eu Kspaguol, en Klamaiiil eu Français el Iradail" eu Lalin |iai- .leau SaaliiMl, pnifesseur à Helnislad. Le Jiiiiniiil ilcx Sdiniil.'t (l 111, pp. 1H)-'.)I) rend lioniuia^e à la vaste éi-udilinn de l'auleur el ineutionne sesquestionsde pli.vsi(|uo curieuses el iusli-uclives à pnip is de la Créaliiiu, avec ses Tahles elieDU'ilngitiues fui-l exaeles p)ui- r.\T]li(iuilé.

2. 1 .S >u llixliiin' ilii .Uoiiili- SDUvenI réimprimée el éerile d'après les auteurs i)rij.'iuau.x, dil l'alilié Sabalier /,<■.•>■ Irins su-clox île lu litlrralurf fniiiçiiKi' I" vol.. p. 2S((), lionne uiu' idée avantageuse de sou érudition. Personne u'avail traité avant lui d'une manière plus vraie et plus instruelive ce qui ooueeriu' les Orienlaux el en parlieulier les .Musulmans ». « Il était des lions iTillqies de s m temps i. diM-lare Uaillel (/1/7. rfra Sillilills. I. III, p, tSS) el elle iiiii liuinini-le est d'un ,:;r:nid sennir- dans une lelle hisloirii ■',

:i. Il esl i-erlain, il ■■elareliayle(.Vi<"r/7/ev ilr lu lliinihliiiiio îles Irlirrs: n iveuibre I68I), t. I, art. I, p. liSI), qu'il siii'fii de lire l'eei , pour voir ramassées, eu nu niom-eau liieu

chose, même après les découveiies de Renan, de.Maspéro, de Duruy, de Rambaud, du duc de Broglie, de Havel. d'Oppert, de Leiiormand, de Mariette, de Fustel de Coulanges et d'un millier d'autres savants, queles incertitudes de Chevreau, voire même ses erreurs, n'ont pas lieu de nous surprendre. \ous avons trop de peut être à placer auprès de chaque phrase, pour nous montrer difficiles et nous ne devons pas repousser la légende, issue « d'ordinaire d'un mot juste, d'un sentiment vrai, transformé en réalité au moyen de violences faites au temps et à l'espace » ; de traditions, le plus souvent basées sur des réalités et qui remplissent les vides historiques.

.\u point de vue du style, on peut noter des tours vieillis, des idiotismes condamnés, des expressions hors d'usage, une marche parfois pénible et embarrassée ; mais, çh et là, se rencontrent des termes forts et qui peignent. Chevreau n'a pas, comme Mèzer.w, son contemporain, sacrifié le fond à la forme, ni cherché avant tout à écrire c d'une belle manière ». .Vussi bon compilateur, d'une franchise moins brutale, également amateur d'exactitude, incapable de llatterie, il s'exprime avec naturel et simplicité, dans une langue expressive sans étrangeté et souple sans mollesse. 11 ne tente pas d'étonner ou de séduire : il va droit son chemin, emploie les termes les plus communs et, dans une phrase chargée de faits, do dates et de références, qui l'alourdissent sans la rendre obscure, expose, d'après un plan nettement coni;u et bien marqué, ce qu'il y a pour lui de plus intéressant et de plus utile dans l'Histoire du Monde. Elle fait bonne figure auprès des œuvres de même espèce du xvm" siècle et Bayle', quoique peu disposé à l'indulgence pour l'auteur, lui a rendu sur ce point un juste hommage.

disposé, mille chose? très curieuses el très savantes, qui ont cinUë lieaiicoiip de temps • à SI. Chevreau. »

(( Son mérite, ilit lîeauval (ffixlnire ites oun-nr/ea (les Sni'finls janvier 1607, art. 8, p. 238), lui a acquis l'estime et l'amitié de tous les haliiles pens de son temps et son Histoire du Muiulc justifie qu'il était digue des louanges qu'il en a reçues. »

l. Voir un long article ilaus le premier volume des Xoiivelles dr la Rr/jiihliijiii' des lettres, mois de novembre 1680, jip. 678-681.

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