I. — Œuvres mêlées
La composition de notre auteur intitulée Œuvres rwtes parut une
première fois à la Haye, en 1697, chez Adrian Moetjens, << marchand
libraire près de la Cour, à la librairie française». Elle formait un volume
de 662 pages, sans compter la table des matières ni le catalogue des livres
en vente à la même librairie ' et portait en titre : Œuvres m'ioes de Monsieur
Chevreau. Le Privilège, l'Enregistrement et l'Achevé d'imprimer n'y
a étaient pas marques-.
Une autre édition, également in-I8 comme la première, fut publiée
en 1717 à la Haye aussi, chez Henri Scheuricer. Elle comptait deux
tomes, ayant pour titre : Œuvres miîlkes de Monsieur Chevreau, ri-devant
précepteur du Duc du Maine. Les deux tomes, i)ien que constituant des
volumes distincts, étaient numérotés à la suite l'un de l'autre ; le pre-
mie. allait jusqu'à la page 4a7, an milieu de laquelle commençait l'autre,
pour arriver à la page 662, où se trouvait la table des matières. Au
commencement du premier tome, était un .ihréqe de la vie de M. l'rhain
1. La liilili' (les malif'ros occupe 17 |i:if,'ps; le enliilo,i;Mi' di's livri's en cnniple ."..
2. Cela s'ex|ili(|ue, couimc pniir l'éililidii siiisiuili', piii- ce liiil (|iie l'iuivra^i' eliiil imprimé en nnllande el mm en France.
Chevreau sans signature et, à la fin du second,. 166 pages de Poésies, extraites du Recueil de notre auteur. Nous les avons déjà étudiées et nous n'en dirons rien ici. Aucune date pour le Privilège, l'Enregistrement et l'Achevé d'imprimer. Tout au début et avant le titre même, un magnifique portrait de l'auteur, que nous avons signalé dans la Biograplne. On le retrouvera dans le Chetraeana '.
L'Abrégé de la vie de Chevreau est remplacé, dans l'édition de 1697, par un Avertissement du libraire. Celui-ci y déclare qu'un des amis de Chevreau lui ayant offert de sa part ses ffictres mêlées, il se résolut à les imprimer, «sans balancer un moment», à cause de la réputation de l'auteur. Les ayant communiquées à (d'un des plus savants hommes du siècle », il en re^nt « quatre vers latins, pour être mis au dessous du portrait » qu'il a fait graver en tète de l'ouvrage', avec un jugement très favorable, dont il cite un extrait. H y est dit que Chevreau réunit « le bon goût des Modernes » à celui des Anciens ; que, loin de manquer de bon sens et de délicatesse, comme la plupart de ceux qui ont pratiqué r.\ntiquité; de se montrer vain et pédant; il a fait des écrits « pleins de finesse, d'élégance et de jugement, où l'on voit que sa « très grande lecture » a, non seulement rempli et enrichi sa mémoire, mais formé son esprit et réglé les mouvements de son cœur ; qu'enfin « tout cela peut également le rendre aimable aux gens d'étude qui ont du discernement et à ceux qui, pour n'avoir pas d'étude, ne laissent pas d'avoir le sens bon et droit, etc. » Voyons nous-mêmes ce qu'il faut penser de ces assertions, qui peuvent paraître intéressées et dictées par l'intention compréhensible et toute naturelle de vendre mieux l'ouvrage.
Les Œlvres .mêlées ' sont, avant tout, un recueil de Billets, c'està-dire de lettres rédigées librement, sans prétention ni raideur, avec naturel et franchise, sur n importe quel sujet. Il s'y rencontre toutefois des E.rplications de passages grecs ou latins, italiens ou espagnols ; des Réponses surquelipies points obscurs de l'écriture ou de notre langue ; des Dissertations curieuses ', des Poésies et des Portraits. Voilà pourquoi
1. 11 a été peint par Petitot et firavé par Giin-:t comme celui de V Histoire du .Monde. mais les vers placés au dessous sont différents. Les voici :
-•Ere pxpressa vides suimni Pol>historis ora. Ingeuium hoc liliro piuveral ipsc suum.
Graias et L.atias vciieres ubi miscct iu uiium. Et si *{uas Gallis Musa benigna iledil.