I. Pages
2 L-ne partie des points traités dans cette lettre, qui est très longue (pp. 38'.-39G), «)ut dans les Hemarf,ucs sur le.« Poésies de Afal/ierOe, qui formonl le manuscrit de
3 Peut-être y a-t-il ilans sa rudesse un peu de ressentiment contre son compatriote assez maladroit pour prêter an ptaj-'iain- Ménage un manuscrit qu'il lui avait confie (celui des Bemimiues sur les Poésies fie Malherbe)
Premier Billet. — « Dnns utrosque pedes dr.itr n'i ferit ,\ol\-c tumcfcnl est ingénieux, mais \cpcilcS(le.rlros n'est il pas venu du /ift/f.s dislorsil ou distorlos fecit de Sénèque'? Vous avez senti que, dans le vers d'Horace,
LU ridciililius ariiileiil, ila llciililiiis ai/.sim/
((il fallait mettre ila flenlibus adflcnt ))' .Dans le passage deTacite : Trans Suionas... vous avez (deviné qu'il laul forma ncjne cquoriim nonformasfjue deorum'-. Vos corrections sur Eustathe sont admirables. Lucain et Silius Italiens ont été vantés par les uns, décriés par les autres, il en a été de même pour Sénèqiie le Tragique '. Je vous envoie cinq remarques sur Dcnjs d'Alexandrie et sur Hérodote. Décliiffrcz-Ies et renvoyez-les moi. Je ne vous déroberai pas. (Allusion peut être au vol de Ménage.) Vous avez bien corrigé
Te niliil exacio, nisi nos peccasse falenlem Sponte sua piclas iillieinm(|ue juvat,
d'Ovide, par
Te uiliil ex ncio, nisi le fecissc pclenicm... '
Ne faut-il pas lire un peu plus loin pour Nec pelcrc cxcmplum, etc., Née capere exemplum, scd tiare digmis eraf? ^
Monsieur Morus est d'accord avec moi sur ce point. « Ce ministre a beaucoup d'érudition et d'esprit, peu de religion et de jugement. Il csl malpropre, ambitieux, inquiet, changeant, hardi, présomptueux et irrésolu. 11 sait le latin, le grec, l'hébreu, l'arabe et ne sait pas vivre n".
Deuxième Billet. — (( Votre correction sur le vers d'Ovide
Sit giacilis niacie qiia' nialc viva sua est au lieu de
qua^ malc visa sua est
\. 1\ '.VM. Celle corrcclion est donc antérieure à celle qu'on attribue à l'anglais lienlley, dont l'édition d'Horace est seulement de 1711. Le vers est tiré de ce qu'on aplijelle l',-!)-/ /;oe/iV/He d'Horace (livre 11, épilre 111, vers 101).
2. Tacite Dr lu (lernianie, iîi. La rerliticalion île Le Kévre a éli' adoptée.
'i. Chevreau, distingue Sênèiiiie le Trar/ii/iœ de Sfiii'i/iif Ir /'/iilnsiijj/ic. Nous n'y voyons qu'une seule et même pcrsoniu' aujourd'hui.
•i. i'. i07. On a délinitivemi'ut adopté ex acio, mais on maintient /iircasst' avec ferentein au lieu de jiciciitem et iidii au lieu de nos (Cf. Ponliiiues II, 111, v. HIKti.)
K. 1'. i()9. Malgré l'ingéniosité des hy|)olhèses de Le Fèvre et de Chevreau, on garde jielere.
G. A'ous savons en eti'el que l'irrégularité de sa conduite suscita à .Vlexaudrc Morus beaucoup d't^nnemis ipii l'oliligèriMil quelque temps à s'expatrier. Chevreau avait été plus élogieux dans la lettre (pi'il lui adrcssail (^t ijui figure dans la Correspondance des La Trénioille (pp. l'J3 el l'.lll. ainsi que dans les OhMvres iiii'livs, un peu plus haut (pp. .■UI-.'H).
est belle ». Reincsiiis' a fait ua ciiapitre sui malc employé pour vis, non, etc.
Voire eorrcclion sur ec vers du sixième livre de Lucrèce :
Nef|uc enim Dia de clade coorla Flammw lempcslas
pour m<?(/ia cfe f/a(/e est juste-. Notre crilii|ue est orgueilleux. L'émissaire de notre Ministre ne vaut pas davantage. N'opposez que votre silence à leurs pratiques '.
Vous avez restitue trois passages dont j'étais en peine. J'estime qu'il vaut mieux hésiter que d'èlre téméraire. Les diverses interprétations des grammairiens me rebutent. Souvent, comme Cicéron entre Pompée et César, je vois bien le parti qu'il faut abandonner, mais je ne sais duquel il faut me mettre. Il y a ici excès de modestie de la part de Chevreau, aussi compétent que Le Fèvre en cette matière.
Troisième Billet. — « Vous avez montré que Lucas Holstenius, Eustache et H. Etienne s'étaient trompés sur le Ikirrhiis i'.rjji-^:6-rr,ç ' . Ne s'est-il pas trompé en soutenant que le Itatlianavtes de S. Jérôme avait été pris pour ^loOivaTo,:. Votre liataniotî's ou liolaniatès me semble excellent '.
Sur les deux épigrammes de Catulle contre César, contentez-vous de ceci : César était un méchant poète et n'aimait pas à être appelé chance.
Dans le passage d Hérodote sur Pohcrate, je mettrais ^Aryo; ^sêi'.o-Ti-roç rr,; sOrjyCaç' au lieu de ~f,: 'izoniiiix;. Quant au colosse dc Rhodes, (i fait parCharès et dédié au soleil, » il ne faut pas le confondre avec le colosse de Néron, fait à Rome par Zénodore '.
Quatrième Billet. — Chevreau avoue à son correspondant qu'ils ont pu se tromper tous les deux : lui, en faisant venir patois de patarinitaa et Chevreau en disant qu'il venait de paticinus, T-'j-'y/pbiiJndigena. Pollion
1. Erudil allemand (Io87-10G7), remaïquable par sa science et sa sagacité.
2. Elle est adoptée généralement (V. Lucrèce, VI, v. Ci2 et 643).
3. Le critique et l'émissaire du ministre nous sont inconnus.
4. 'Elpas'.ÙTr.; (avec un u) signifie 71/1 fui cousu dans la cuisse de son père. C'est un surnom de Bacclius. Sonne explique pourtant 'ElpasiwTr,; îppoisE'.aj-r,;, par îp<7a3 (cf. k'pi.-v ionien ; altique ipp-c.v. imile : sanscrit rsnhhîili, taureau.
o. lialhanaeoles signifie liahilaiil de lliil/ia en Etliiii[)'ie. Sans li, il signifierait né à flalanèe en Syrie, fiolaniulès et llatanintèi que Chevreau rapproche des Hetnniulés et Riiilhaniiilés des manuscrits du Vatican signifieraient mangeur d'herlies. épilhéte appliquée par Saint .lérome à Porphyre qu'il traite d'impie et de scélérat, on peut ajouter il'Iterbivore ou de héte.