‹ Urbain ChevreauChapitre 224 sur 371 · I, PI · texte numérisé non relu

I, PI

marié h deux femmes' et la défaite du marijui^ du lliiast-, qui d'avance avait fait annoncer sa victoire à son épouse.

A l'Angleterre, Chevreau a emprunté ce qui suit. Cunllaumc le Conquérant, pour se venger d'une raillerie de Philimic I'"^ sur sa grosseur', non seulement lui répondit (( qu'il accoucherait, comme Sémélé, avec la foudre », mais encore prit Mantes et en tua tous les habitants. Jean sans Terre, fils de Henri II d'Angleterre et d'Eléonore d'Aquitaine, qu'avait répudiée Louis Vil, se montra impie, en disant d'un cerf gros et gras que l'on dépouillait : « 11 faut ([ue cet animal ait bien vécu, quoiqu'il n'ait jamais entendu la messe. »

Thomas Mnnis, recevant d Un gentilhomme en procès deux flacons d'argent, les ht remplir de son meilleur vin et les renvo^-a, avec prière de ne pas épargner le vin, si on le trouvait bon '. C'est lui qui, au moment d'avoir la tête tranchée, pria le bourreau de bien(( accommoder» sa barbe sur le billot, car l'arrêt portait seulement qu'on devait lu' couper la tète ■.

Gardiner, évèque de Winchester, disait des Protestants (( que leur âme était si noire qu'elle ne pouvait être lavée que dans leur sang )). Le scnsililc et modéré Chevreau trouve avec raison qu'il fallait avoir l'âme noire et aimer le sang », pour parler ainsi.

Il devait plutôt approuver la réponse de iY. ]iacon à la reine Elisabeth, qui, amie des lettres, et les étudiant à ses loisirs'' appréciait les mérites de ce puissant génie et jugeait sa maison trop petite : (( Elle est assez grande pour moi, mais votre Majesté m'a fait trop grand pour ma maison'». Quant à Elisabeth, elle ne se maria pas, soit que ses amants l'eussent dégoûtée du mariage, soit quelle ne fût pas faite comme celles de son sexe, dit notre auteur".

En Espagne, il relève les vertus et les vices d'Alphonse le Sage de Castille, onzième du nom, ami des Belles-Lettres, mais entêté d'astrologie et qui se ruina par ses dépenses pour l'établissement des Tables

1. II, pp. 397-308. Kail esclave, il dut, quoique marié, épouser la fille de son maître, pour oliteiiir sa liberté, et Je pape l'aulorisa à garder ses deux femmes, qui vécurent toujours d'accord.

•2. I, pp. 39- iO.

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