‹ Urbain ChevreauChapitre 226 sur 371 · I, pp. 345-34G · texte numérisé non relu

I, pp. 345-34G

Voici maintenant ce que Chevreau doit à I'Jtalie et à la Papaité. C'est tort peu du reste. Pour la première, il se borne à une réponse spirituelle de Cosmc de Miklicis a l'alla Strozzi qu'il avait banni de Florence ', et à une imprécation contre ce même Cosme, écrite sur la cheminée de sa prison par Philippe Stro'zi. an moment de se tuer -. Au sujet des Papes, il nous dit que lionifacc ('///détestait les Gibelins ' ; que Jean .VA/// aimait les louanges ' ; qi\' Hadrien /V'raffolait de la merluche^; que /'î'e // aimait les Belles-Lettres, tandis que /'aw/ // les détestait "; que Sixte Quint déplorait l'échange du royaume de Naplcs contre une haqueuée" et ne craignait pas de mentir à sa foi, en taisant couper les mains et percer la langue de celui qui avait reproché à la sœur d'un ancien gardeur de cochons, d'avoir été (( lavandière ». De même le cardinal Balthasar Cossa, n'hésitait pas à se nommer lui-même pape, sous le nom de Jean VA/// ou V.V/F et à soutenir par des troupes son usurpation". Il fut d'ailleurs, «après plus de quarante crimes capitaux », déposé du Pontificat dans le concile de Constance, « et l'on voit par là, ajoute Chevreau, qu'il y a quelquefois une dilTérence fort considérable entre le très saint l'rre et l'Homme saint ». Par contre Pierre de Crète, pape sons le nom d'Alexandre V, était un homme picu.\ cl instruit qui, ne pouvant faire tout le bien qu'il désirait, disait gaîment : Qu'il avait été riche Evéque, pauvre Cardinal et qu'il était Pape mendiant ".

Notons, enfin que le Tartare Tamerlan est l'ojjjet d'un article élogieux, établissant qu'il était de la race de (icng'iskhan , lit des conquêtes et montra, le cas échéant, de la modération et de la justice'". Mais Schickard a eu tort de mettre (lengisklian au dessus d'Alexandre " qu'il n'égale pas.

Voyons ce que dit Chevreau des différents peuples.

Il défend les Juifs contre l'accusation d'adorer un ^/kp, un pourceau,

l, I, p. 87. Slrozzi avait cliar^;!' ([iii'lciii'iiii de ilii'o à Citsme C/ic lit (jiillinn corn el (■clui-ci lui fit répotulre : Dite à .ifesxer /'iillii clie nulle /iiu curiir la liullinii fuora tiel milij. Le premier avertissait son adversaire « que la p;>ule couvait » et le second répliquait : « Dites à Palla (Strozzi) que la poule peut mal C(mver hors du nid ».

î. I, p. 9i. C'est le vers de Virgile, lînéide, IV, 02ol :

Evoi'iaiT aliiiiiis nosirisex ossibus tillur.

i. II, p 7.

i. II, p. .SOO.

.•) I, pp. 19:i-19i.

». I. p. 287-288. Oiinfro dil .Iran Wlll <■[ PlaliiM\ .Imu VV/I".

lu. I, pp. i:)i-i;i2 et 3j:;-367.

U. 11, pp. 19-20.

37r. L'ECRIVAIN

les nuées et clierclic. tl;iiis iiii loiiy article', à expliquer, avec l'aide de Nicolas Fullor. Diodali, Driisius, Ouscl, Bocliart, Vossius, Le Fèvrc. Moril). Gaiïarel, Grégoire Michel, etc., l'erreur des pa'i'ens sur ce point. Ensuite il parle de leur éducation, de leurs coutumes -, du sabbat, des [irincipes de leur religion, etc.' ; déclare, d'après un rabbin, qu'ils sont devenus « l'opprobre et l'aversion du genre humain ' », pour avoir adoré le veau d'or; et enfin relate que, selon quelques docteurs, un juif sans femme ne peut être appelé Homme, parce que le premier chapitre de la Genèse ne sépare pas l'un de l'autre et qu'ailleurs on proclame la nécessité de leur union ', En passant, il daube les Jobes ou Jobclins, maris qui, semblables à Socrate. ont, vis-à-vis de leurs femmes, la patience de Job, d'où leur nom et cite, à leur sujet, quelques inscriptions typiques. « Les Egyptie.ns. dit Chevreau, sont tous médecinx », d'après l'espagnol Huart dans son Examen des Esprits et « aucun ne peut ni ne doit traiter qu'une seule sorte de maladie'- ». C'est une bonne habitude, car la médecine est une science difficile, où l'expérience vaut mieux que les règles. Un même remède n'est pas toujours bon ni pour toulc espèce de personnes et les conjectures font parfois des médecins de vrais bourreaux'. Dans le deuxième tome de son ouvrage, Chevreau aborde, sans la résoudre, mais en citant les commentaires de Bochart, du Père Kircher. de Vorslius et du Père Corneille de la Pierre, la question du péchi' de Chani, qui serait cause do la " noirceur des Egyptiens" ». Plus loin, il reproduit quelques plaisanteries adressées par Juvénal et un poète comique grec aux Egyptiens, à propos des bêtes, plantes et autres objets qu'ils adoraient ".

1.1, pp. i6-'>3. En février 1908, ,1/. ili" Mrli/ rcpreuanl ft l'.Vc-aili'mic des Insei'iplions el Bclles-I.ctlre?, l'npinidii île Marin, pasieiir proleslant cité par Cliovreaii. a iiiDiitré qiieVelte aeeusiiUon, nelleineiil l'cirniiilée ilaiis .lii?e|ilie (2' miitié (lu 1" siècle) ciliréc (l'.Vpion (30 après .I.-C, sous C.alifîula). pnivienl il'uu .ie;i de mois, xivOïpor, en grec, signifiant à la fois l'inc, esrnrhnl el ifisr il boire. L'urne qui servait à einscrver la manne ressemlilant vaguement. avec ses deu.'c anses cl sou ventre rnnd, à une tiMe d'une, rliiimer, urne, aurait été pris pour r/iamor. Ane. d'après Moriu. D'aju-ès liocluirt. llailnil, épitliète du vrai Dieu, aurait été contoiulu avec fimlril, solitaire, épitliète de l'une.

2. 1, pp. 107-1(1!) il'aiin'-s Ituxlorf (Si/iinr/ni/iir des Juifs) et Léon de Modène (Crrrnionies des Juifs).

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