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Passons aux textes de 1' Ancien et du Nouveau Testament, dont Clievrcau apprécie les interprétations variées. Ils sont nombreux.
Le premier a trait à la femme de Loth, qu' « il a plu à Rabbi Eliezer de nommer Adith ou Edith, pour le témoignage qu'elle a rendu de la colère de Dieu à son égard ». C'est ce que relate le dix-neuvième chapitre de la Genèse, qu'Aben Ezra a expliqué d'une façon ridicule, en disant que la femme de Loth fut chaj^ge'e en sel, parce qu'elle ne lui avait donné que très peu de sel pour assaisonner les viandes dont il arait le soir précédent réfjalé ses hôtes '. Un vice-roi de Norvège a donné cette explication à Chevreau que, d'après un vojageur envoyé en Orient, la femme de Lotli « devint roiJe et immobile comme une pierre », pour avoir vu « pleuvoir du sel et du soufre sur la ville d'où elle sortait » et que, toutes les pierres étant salées dans ce pays, l'Ecriture a dit pierre ou statue de seP. L'étonnement et la surprise, d'après les Cartésiens, peuvent en effet produire l'immobilité par l'afflux des esprits au cerveau ^
Dans un verset du dix neuvième chapitre de Saint Matthieu, Origcne, Saint Jérôme et beaucoup de Pères de l'Eglise traduisent /.ia-rilov par chameau : d'autres le prennent pour -/.iaûov et le rendent par cable, ajoutant que la comparaison entre le trou d'une aiguille et un câble est plus juste qu'entre le trou d'une aiguille et un chameau. Ils ont tort. Les Arabes disent bien d'une chose difficile que c'est vouloir (aire passer par un trou d'aiguille vu éléphant; le chameau étant plus connu en Judée que l'éléphant. Dieu a pu dire, pour être plus clair, qu'il est plus aisé à un chameau de passer par te trou d'une aiguille, (ju'àun riche d'entrer dans le royaume des cieu.r '•.
Sébastien Psochien, dans sa dissertation De la Pureté du Nouveau Testament, a voulu prouver qu'il est écrit en pure langue grecque. Thomas Gatacker lui a faitvoir que les exemples cités h étaient presque tous des Hébra'ismes ' » et plusieurs autres docteurs en ont dit autant. Mais, de même qu'à l'occasion de la comparaison du riche avec le chameau, notre pieux auteur n'admettait pas qu'on pût accuser Dieu « de s'être servi d'une comparaison trop éloignée " »; de même il trouve impie celui qui soutiendrait « que dans le Nouveau Testament, qui a