‹ Urbain ChevreauChapitre 26 sur 371 · Thvophraste lienaudot. Ch. 1", pp. 1 et · texte numérisé non relu

Thvophraste lienaudot. Ch. 1", pp. 1 et

Légué ', paysde justice royale, elle avait uu bailliage, uue prévôté, une élection et un grenier à sel ». Elle comptait 18 huissiers, 18 procureurs, 20 avocats et 8 notaires. C'était assurément plus qui! n'en fallait pour entretenir la discorde dans une ville, où catholiques et protestants se disputaient la prépondérance.

D'ailleurs, la zizanie régnait également entre le clergé séculier, qui comptait seulement deux paroisses' et le clergé régulier, formé de moines cosmopolites, indifférents àlaprospéritéde la ville, mais attentifs à établir leur suprématie.

C'est à Loudun que se tint, après l'échec des Etats Généraux de 1614, l'Assemblée provinciale destinée à établir un accord entre le jeune roi Louis XIII, qui était allé à Bordeaux chercher sa fiancée Anne d'Autriche, elles mécontents commandés par Condé. La paix de Loudun (mai 1610) ne fut pas durable. Richelieu, un moment exilé dans son prieuré de Coussay, près de Loudun, où il eut des démêlés de préséance avec le fameux Urbain Grandier, qui périt en 1634 d'une façon si tragique, revint au pouvoir et sacrifia la plupart de ses ennemis. Il fit démanteler le château de Loudun, ce que ne lui pardonnèrent jamais les habitants et donna systématiquement les fonctions publiques aux catholiques. Grâce à sa protection et à celle de François Leclercde Tremblay, plus connu sous le nom de père Joseph ou de l'Eminence grise, des communautés de toutes sortes accoururent et semèrent la désunion. Loudun décrut rapidement'. Cette ville était déjà bien diminuée, quand Urbain Cheireau y naquit en 1613.

Beaucoup d'erreurs ont été commises en ce qui touche à la date exacte de la naissance de notre auteur. Ancillon, dans ses Mémoires concernant les vies de plusieurs modernes célèbres dans la République des Lettres \ cite pour cette date le 18 février, le 18 avril et le 12 mai l()13. L'anonyme, qui a écrit la Vie de Chevreau mise en tête de ses Œuvres mêlées et qui n'est autre sans doute que l'éditeur lui-même ', ainsi que le Journalde rr^t)0!/a',donnentle ISavril". L'abbé Philippe Drouyn, dans sa

1. Urbnin Grandier et les Possédées de /.uuditn, d'après les ilocumcnts iiiôdils do M. Ch. Barbior, par Oabru'l Légué, p. 3.

2. Celle de Sainl-f'ierrc-du-.\farc/ii' et celle de S(iînl-/'ierre-du-.)/nrtra!/.

3. (^omme il n'aimait jias Loudun, il en transporta les principales attributions il la petite ville de /tichelieu, (|n'il fit liàtir en Touraine (aujourd'hui Indre-et-Loire, arrondissement de tlbinon),

i. Amsterdam, 1709. ln-12, pp. 210-213.

;i. A La Haye, chez Henri Sebeurleer, édit. 1717.

6. Mars 1701, p. 107, eité par los Frères Parfaicl, t. V, p. 300, noie ».

Page 1