I, p. 207 et II, pp
Oii voit avec quelle abondance Chevreau a traité de la Femme et du Mariage. Il nous en avait déjà entretenu ailleurs'. C'est que, sans doute, ce sujet l'intéressait particulièrement et i[u'il avait peut-être des motifs personnels pour n'aimer pas ou n'aimer plus ni l'un ni l'autre. Là dessus cependant nous n'avons pas de renseignements bien sûrs, qui puissent nous fixer et nous constatons qu'il n'ose se prononcer d'une façon absolue. La droiture de son âme ne lui permettait pas de faire entrer dans une appréciation générale ses rancunes particulières.
Sur l'A.ME, il nous dit que sa JSatuie a n'a point été connue des pa'iens ». Ils l'ont prise pour un rayon de Dieu, un composé des quatre éléments, etc. -. Quant à son Immortalité, elle a été mise en doute et, selon Grotius, ne saurait être démontrée « bonnement ' ».
On ne saurait non plus prédire exactement le jour de la mort de quelqu'un. Du reste, si cette curiosité, « défendue par l'Ecriture », pouvait être satisfaite, » ce serait la plus accablante des afOiclions ». Ne nous en préoccupons pas, selon le conseil du bon Horace '. Rien que le nom en est fâcheux. Les Romains l'évitaient et l'Ecriture aussi '. Mais (( il faut qu'un pécheur soit bien endurci, quand il sent approcher l'heure de la mort et qu'il ne pense point à ce qui la suit"». En l'attendant, il ne faut pas rester oisif, car (( le temps est la plus précieuse de toutes les choses et il est impossible de le réparer quand on l'a perdu ». Aussi Chevreau, à son âge, a-t-il « trouvé du loisir de reste » pour composer ce recueil, se souvenant du « mot de Sénèque : ISihil titrphts est quam graxis aetatc senes, qui nullum aliud habet anjumentnm. qno se pwbet diu vixisse, praeter aetatem ». C'est par cette citation que se termine la première partie du Checraeana' , résumant avec bonheur ce besoin de travail, cette activité inlassable, ennemie de tout repos stérile, qui caractérise Chevreau.