Voir Œtitres méliks, (lages 18-1 'J
3. Jamais Clievreau ne s'est départi du respect dû à une femme, à une reine et à une bienfaitrice : il l'a même louée bien des lois. On voit de plus que Chevreau n'est pas d'accord ici avec l'auteur de la Hriève relnlion, quiattriliue l'abdication à la folie, à la volonté de taire lianqueroute ou, d'après les mieux avisés, à nue légèreté d'esprit et à uu caprice. Kn réalité, Christine, reconnue reine à six ans, après la mort de son père Gustave II Adolphe (1032), songea dès Itii'J il abdiquer et, après avoir déposé la couronne à la diète d'L'psal (5 juin I6.")i), partit pour l'étranger, oii elle mena jusqu'en IOS',1, époque de sa mort, une vie d'extravagances et de désordres (Cf. Ilislnire générale VI, xvu, pp. 613-621, article de M. Christian Scheffer, professeur à l'école des sciences politiques). Dans une lettre du dernier février lO.'il. elle avait écrit à Chanut, pour lui rendre raison de son abdication, qu'elle projetait depuis huit ans et donteUe a communiqué à lui seul et à un autre les très solides motifs. Cet autre est peul>-être Chevreau.
effet, qu" « à parler franchement, il semble que les luiliériens sont les vrais singes des papistes, qu'ils imitent en la plupart de leurs cérémonies superstitieuses». C'est un fa/c/Hîsîe' profondément attaché à la Religion réformée, dont il vante les dogmes et la pureté méconnus par la reine.
Au surplus, pendant que nous cherchions à nous fixer sur ce point et à trouver un nom à mettre au bas de nos deux opuscules, nous sommes tombes, à la Bibliothèque Mazarine et à la Bibliothèque de Sainte- Geneviève, sur des renseignements précieux.
En ce qui concerne la Briève rel.\t[o.\, nous avons rencontré, dans V Histoire de la rie de la reine Christine de Swde, que possèdent les deux bibliothèques sus mentionnées et dans deux Recueils de quelques pièces curieuses serrant à l'éclaircissement de l'Histoire de la rie de la reine Christine, un libelle intitulé. L'Adieu des Franç.\is a la Suède ou la
DÉMISSIO.X DE LA GRANDE ChRISTLNE, REI.N'E DES SUÉDOIS, DES WaNDALOIS
ET DES GoTS, etc. Or, ce libelle absolument identique à la Briève RELATION, moins l'Aris au Lecteur qu'i la suit, est signé
A Paris, le 5 sept.
GiLLOT LE Songeur.
C'est donc Gillot le Songeur qui a fait la Briève relation.
Mais qui est ce Gillot le Songeur ? Ce nom est-il réellement celui de l'auteur? est-ce un nom d'emprunt?
Nous inclinerions volontiers vers la seconde hj'pothèse, n'ayant pu avoir nulle part des détails biographiques sur cet écrivain.
En revanche, voici ce que nous avons pu lire dans le Bulletin du Bibliophile et du Bibliothécaire, revue mensuelle publiée par J. Téchener. libraire à Paris. Le sixième article de la livraison juin et juillet, treizième série, 1838, est intitulé Anecdote bibliographique racontée par Albert delà Fizelicre sur Cherreau et la reine Christine de Suède. Voici un extrait du passage qui nous intéresse-.
1. Le mot Protestantisme désigne l'ensemble des doctrines et des sect«s religieuses issues de la réformation au xvi' siècle : c'était une protestation contre ^K^'lise romaine, au nom de riîvangile et de la raison. Le Protestantisme français s'appelle ordinairement Reliçnon rt'fonnve ou catiinisme. Il diffère du Luthéranisme par une syslématisation plus rigoureuse des principes émis par Luther, Zwingle et les rétormalcurs (|ui avaient précédé Calvin. Outre les dogmes catholiques, rejetés par le Luthéranisme, il nie la présence corporelle du Christ dans le pain de la Cèue, croit h la prédestination, supprime les cérémonies et les évè(|ues, fait nommer les ministres par la société des fidèles, réduit les sept sacrements au Baptême et à la Cène, peu nécessaires il'ailleurs, l'homme justifié ne pouvant déchoir de l'état de grâce et devant être certainement sauvé.
On a essayé, inutilement jusqu'ici de concilier le Calvinisme avec le Luthéranisme elle Catholicisme.