T. I", p. 379, note
li. ('lievraeaiKi I, p. 2i.
\. (thUtin-f! mi-livs, I. |-. [iii. 17-lS. A M.iii-ii'iir (;1i,i|m'1:i1ii, .'i Slorklioliii li- 11 (l'.-mnt l(;.'i4.
(Jiianio raiifjiuta. ohime, ila quel che pria !
Disons plutôt :
Ilei mihi! (lualis eral iiuantum mutadis! puis([iio la reine est devenne homme, si l'on s'en rapporte aux gens de sa suite. Après son abdication, elle a pris l'épée au sortir de Suède, nii chapean couvert de plumes et un habit qui cache son sexe... »
(( Si l'intérêt [)ocuniaire, s'écrie Arckenholtz', ou quelque argent, auquel Chevreau s'attendait pour son ami Chapel.iin, lui a fait débiter toutes ces choses piquantes au sujet do Christine, on conviendra que, comme ancien servileurde la reine, il a été fort ingrat.
(( Pour ce que Chevreau dit que la reine voyageait travestie en homme, son historien Galeazzo Gualdo Pi-ioralo, {Historia di Clirisliiia, p. 43-), a remarqué qu'elle le fit par précaution, parce que la ville de Brème étant alors en armes contre la Suède, il lui fallait pourtant traverser une partie de son territoire'.
Le premier grief énonce par Arckenholtz est tout là l'avantage de Chevreau; il se contente de protester de son amitié pour Chapelain, en ajoutant' : « Pour le reste, j'aurais en sans doute beaucoup plus de joie que je n'en ai, si la reine se fût souvenue de sa parole ; elle qui vous a nommé tant de fois son ami, qui m'avait promis de vous envoyer des marques solides de son estime et de sa justice. » Le but de Chevreau est uni(|uemcnt de montrer à Chapelain que, s'il n'a rien reçu de Christine, c'est elle seule qui doit en être rendue responsable.
Quant au second grief, il ne saurait non plus atteindre notre auteur; car, ainsi qu'on a pu le lire un peu plus haut, il se contente de répéter ce qu'ont dit les gens de la suite de Christine. Il ajoute même un peu plus loin, dans cette lettre' : « Plût au ciel que les ennemis de sa gloire ne sussent ni écrire ni parler. Si les dernières démarches de la reine ne sont pas approuvées de tout le monde, le dieu des païens n'a pas été plus privilégié que la reine et vous savez qu'on a dit de lui. rpi'il ne lui avait [las été permis de plaire à tous. »
Dans cette dernière [ijirase, Clievrean veut parler de l'abdication
i. Viiici II' tili'i' exacl de col ouvrafre : //istmiii ilcllii sinrii iiiil .Uiiesln ili Clirixlitut Alt'ssiiitdra rftjinit ili Siiclitt... ilel rttnie (iuleazzu (imthlu t'rinroto. Vi.MU'Iia por il lialia .MllCLVI. cnn liroiicia e privilegio. Il en existe un exemplaire à la liililioUièque SaiiiliMleneviève. n" TU. collection scaiulinave.
;l. T. !■'. p. '.;il'.
i. IKuircs méli'es, I. 1". p. 17. Lettre à Chapelain, iléjà citée.
.'i. IlEiirres iiiélres, t. I". pp. 18 et 10. Leltiv à Chapelain, ilëjà citée. .
ti. iJÙKirrs méliis. I. l", |i. Ut. Lettre à Chapelain, déjà citée.
16 LIIOMME
de Chrisline, qui eut lieu le IG juin 1634' et qui fut diversement appré ciée. Sur ce point. Arckcnliollz en appelle au témoignage de Chevreau, qui écrit : « Quoi quil arrive de la démission que sa Majesté a faite de sa couronne que son successeur ne trouvera jamais trop pesante, ne vous avisez pas, s'il vous plaît, de croire avec beaucoup d'autres quelle a quitté ce qu'il n'était plus en son pouvoir de conserver ou de soutenir. Jamais action n'a été plus volontaire que celle là et peut-être même qu'il serait à souhaiter qu'elle eût été moins concertée et moins libre. Mais
Ks£',7Tov G'.tùTzSi'J r, ).iv£:v à ^ir, iz^iTzv....
Ce dernier trait laisse supposer bien des choses, mais témoigne de la délicatesse de Chevreau.
Cette délicatesse apparaît également dans la Lettre à M. de Saumaisc' citée par Arckenholtz. pour montrer que les Français « décrient partout leur nation... sont partout décriés eux-mêmes... et ne laissent pas de profiter de l'aveuglement de la Fortune » ; ajoutant : « Je sais bien que je n'achèterai jamais la faveur à ce prix-là et, quoi qu'il arrive des bontés que la reine continue d'avoir pour moi. je serai content, pourvu que je n'aie rien à me reprocher... »
Il ne resterait donc des reproches adressés par .\rckenholtz à Chevreau que celui d'avoir composé le Génie de Cliristine et une Briète relation de la rie de Christine, jusqu'à sa dcmmion et son arrixement à Bruxelles, deux petits opuscules, où la reine de Suède est assez maltraitée'. Mais Chevreau n'en est certainement pas l'auteur et. quand nous en parlerons d'une façon plus détaillée, nous verrons ce qu'il faut conclure. Pour le moment, il suffit de constater que dans toutes les lettres envoyées de Stockholm à Scudéry'. à Saum;iisc , à Tristan l'Ucrmite*, à Doujat, lecteur et professeur royal en Droit canoir, à Chapelain', à Conrart', au Comte de Tott, sénateur du royaume de Suède'", etc.,
1. En faveur de Clitirles-GustoDe, iluc des Deiix-Ponls. son i-ousin germain. Elle fit pari de sa résolution .lu i)rincc de Condé, dont elle lennil à l'onserver l'estime et qu'elle prisait très ha\it. lui écrivant sous la rnlirique .1/c .i/o» ruiisin (V. f<irre.<- /juiulanre de I.n Trénioilh' par .\l. Uniques Inihert. n* oO, p. KIOl. Dès lOol, elle avait voulu quitter le iiouvoir et ne l'avait conservé que sur les instances du chancelier Oxenslicin (V. Histoire île Chrisiine, par Cotteau-Calleville. I. 1", pp. 292-294 1.
2. <tÀtvrex iiiéléex, X Monsieur de Saumaise, à Stflckolin. le 28 de Mars 1633, pp. 8 cl 9. Arckenholtz la cite t. 1'. p. 252.