‹ Urbain ChevreauChapitre 37 sur 371 · A i>tockholm. le . . . pp. Il et 12 des (êMires mêlées · texte numérisé non relu

A i>tockholm. le . . . pp. Il et 12 des (êMires mêlées

8. A Stockholm, le 10 de May 10.'i3 pp. 13-15 et A Slockholni. le 22 d'août IGat, pp. 1(5-19 des 'A'i/ires mêlées.

9. A Stockholm, le l^ d'.ioùt 165i, pp. 15 et 10 des It'.tnres mêlées.

10. .\ Stockholm, le ii de novembre l(>5i, pp. 19-21 des IJEuires mêlées.

Chevreau se moalrc plein d'altcutiou et toujours disposé à emploj'er son crédit en faveur de ses correspondants.

Halzac mourut le S février lGo4. Coiirarl, qui avait échangé aveclui beaucoup de lettres et qui lui était étroitement uni, voulut élever à sa mémoire un monument durable. Pour cela, il fit appel aux savants les plus illustres, qui s'empressèrent d'apporter leur tribut d'éloge, tant en prose qu'en vers, à (( l'ermite de la Clinrcnlc », à (( l'unique cloquent » comme on disait alors'. Chevreau, avisé par Si'udéry, lui écrivit la lettre suivante, que nous avons copiée textuellement sur les manuscrits de Conrart, celte collection si intéressante et si riche, que possède la Bibliothèque de l'Arsenal'. Elle est datée d'Llpsal, le 3 mai 1634 et porte en titre : Sur la mort de lialzac.

Monsieur,

Quand vous n'auriez jamais entendu parler do ceux qu'on appelait autrefois les Bibliothèques vivantes, les Olympiens et les trois colosses, vous les auriez tous connus en un seul homme, qui ne respectait pas moins vos Muses que votre vertu et qui comptait entre les premiers biens de sa solitude les marques qu'il y recevait de votre amitié. Il eût été nécessaire, pour la gloire de la France, qu'un si grand homme eût joui d'une vie i)Uis longue et d'une santé [)lus parfaite, lui (jui donnait

I. Il l'aiit ajouter pimi'liml (|ue cerliiius ]V|inii(lirL'iit ù l'appel île Cuiirart. plus par amitié pour lui i|nc par ilêvolioii à la mémoire île Balzac, qui avait su enlever l'admiration, mais sans se coueilier la syni|iatliie (V. A. lionr^oin Viileiiliii Conrnrl, I. III, pp. 44-70).

i. 40' volume, p. l.'iO. Elle est inscrite à la [i. il2, I. V, du catalogue des manuscrits de la Bibliotliéiiue de l'Arsenal [lar Ueuiy .Martin, conservateur adjoint, comme taisant partie du Kecueil de Conrart, n" oil4.

M. N.-M. liernardin écrit en outre, dans son ouvra^-e sur Tristan l'Hennile, \i. 302, note i : « Conrart entreprit d'élever un tombeau poétiijue à la mémoire de lialzac. On trouve dans ses manuscrits (Recueil in-fal., t. V, pj). liti-lOi el f. .Y. /jji. US'.l-'.iyi) sur ce sujirl, une lettre écrite par Chevreau à Scudéry, des stances de Clievrean. uu sonnet de Moulceau, une poésie de Gilles Boileau et des vers grecs, latins, italiens, castillans, français el patois de Pierre Borel, médecin de Castres. La Mesnanlière avait composé un sonnet {Poésies françaises, 16o(), p. 172) destiné à servir de préface il ce recueil qui n'a pas été imprimé. » Loret, dans sa Gazelle rimée du 21 février n'i;i4, annonça ainsi la mort de Balzac.

Le grand Balzac est d(^cé(li5 !

Car ce cygne de la Charenle, Dont la plume était evcellenlc ; Cet inimitable uraleui', ^luoique cliai'^é par maint auteur ; Ce rare liomiiie, Junl les ouvrages Ravissaient ([uantlté de safjes.

Ayant en tout lieu du cri'-dif.

Est enfin mort à ce f|u'on dit.

au public toutes les heures qu'il dérobait à ses maladies ; qui faisait de sou repos et de son lionuètc loisir l'aincui' et l'odmiialion de toute l'Europe ; qui reiidail ilkislrcs les sujets qu'il traitait et dont la plume n'était pas moins heureuse, en quelque sorte, que la verge de ce dieu des fables qui changeait toutes les matières en or. Nous en connaissons vous et moi qui déshonorent tout ce qu'ils choisissent ; qui gâtent tout ce qu'ils manient et qui font qu'on hait même les victoires et les réjouissances publiques, quand ils entreprennent de les décrire'. Les moindres bagatelles étaient riches et magnifiques chez le grand Balzac. 11 relevait par son art ce qu'il y a de plus bas et de plus commun dans la nature et, f|uand il eût travaillé sur du plâtre et sur de la boue, ce plâtre et cette boue auraient plus valu que le jaspe et le poriihyre des autres. Mais ne me direz-vous point. Monsieur, ce que deviendra son Aristii.pc', ce philosophe qui fait honte à nos philosophes d'aujourd'hui, qui croient que la raison n'est jamais sortie du collège'.^ qui veulent que l'Ecole soit le lieu de sa naissance et de sa retraite et qui la prennent pour une autre, quand elle a quitté le bonnet carré et la robe longue' ? Serions-nous assez malheureux pour perdre un philosophe ressuscité par un orateur, qui n'a fait que de grands miracles ; (|ui n'aura pas manqué de couronner la sagesse de toutes les Heurs de la rhétorique: qui aura joint l'éloquence à l'autorité ; qui nous aura enseigné à bien parler, en nous enseignant à bien vivre ? Quand les parents de M. de Balzac n'auraient hérité que de cet ouvrage, leur succession vaudrait un trésor; mais, comme c'est un trésor qu'il avait destiné au public, il est cniyablc qu'ils en seront les distributeurs, après en avoirété lesdépositaires. Au reste, je vous envoie pour le recueil qu'on veut consacrer à sa mémoire quatre stances, telles que j'ai pu les obtenir du ressentiment de notre perte commune et vous pourrez juger si l'Esprit est fort éclairé par la Tristesse. J'étais résolu de ne témoigner mon deuil que par mon élonncment et par mon silence ; mais, puisque vous m'avez convié aux funérailles que M. Conrart lui prépare et qu'un n'y peut assister qu'aux conditions que vous m'oi'doniiez, je n'ai [lU vous désobéir, ni lui

1 On ne s.-iil jins nu jnslr ili' (|iii (;iii.'\ rcMU i)fr'lt'iHl [inrlcr ici.

2. On Vdil qui' noire auU'iiv si' |nvociMi|iiiil de ci' (|Ui' ilr\ icnilrilil l'ol ouvrage linsllinini', i|ui piiriil soiili'moni en Iti.'iS ol floiit lîalznr ilisail : » CCsl mon liion-aimi'; il csl li'S ilrlii'ps ilii iiii's yeux ol lii ciiiisoliilion ili' ma vioillrssr. .lo l'ui l'ail l'I rrfait unr iliinxaini' do fois; j'ai emjiioyi'' à lo l'airo limlo nia scioni'o, loni mon ospril, loul l'ospril ilos aalros. « V.rvU dans nn slylo In'^s pur', avoi" dos proooplos d'nno liaulo porloo moralo, ro polil Irailô fie la Cinir, à l'olo^'O do lîiolielion, dovionl l'aliganl à la longiio.

;t. (!lio\roan aiirail dn, {'r ^l'nddo, l'airo niio oxocplion p nir Ito^oarlos, i|ni l'axail piri'odi' on Snodr ri iliml le llixciniis ili lu Milhudi- (IlillTi iciionora la pliilnsoiildo.

refuser, en Suède, un devoir, que lui rendent, à Paris, tous les gens de Lettres. C'est à vous à justifier mon obéissance, parce que vous êtes mon ami et que je suis. Monsieur.

Votre très humble cl très o!)cissant serviteur,

Chevrf.ai'.

A LA MI':M0IRE de liALZAC Par M. i:iiovreau, secrétaire de? commamlement? de la reine de Suède.

SlWXCES

Muses. Balzac est mort et ce inallieur extrême Vous ôte pour jamais votre plus ferme appui ;

Comme il fui l'Elofiuonee même,

L'Elofiueiicc est moile avec lui.

Vous osàlcs d'aliord lui promettre une gloire, Que devaient respecter les siècles à venir :

Vous êtes filles de Mi'moire,

Conscrvez-eii le souvenir.

i^>uiii (|ue fassent pourtant l'envie et la malice. Il n'en aura pas moitis des honneurs immortels :

S'il y trouve peu de justice,

Il y trouvera des autels.

Mais n'aprèhcndoz point ou que sa gloire meure. On i|u'il en manque aucune à sa félicité :

.\vec vous la France le pleure

Et Christine Ta regretté.

Dans une lettre datée de Stockholm, le lil d'noùt IGo'j, Chevreau écrit : .1 Monsieur l'oiirarl, roiisciller et seeréiairc du roi'.

(I Vos lettres, Monsieur, sont toutes belles, toutes obligeantes et l'on y remarque, depuis le commencement jusqu'à la fin, le caractère de l'honnête homme et du bel esprit. .Mais, comme j'estime plus une belle âme que dos mots choisis et des syllabes mises en ordre, j'avoue que la bonté de vos mœurs me touche [ihi- que la délicatesse de voire langage-. Etant .spirituel et généreux au |wint que vous l'êtes, vous pouviez bien cruiro que deux qualités si peu communes ne vous seraient

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