fJElItlCX IllrllfX, t. I, pp. I.'i et II
2. On vnil par là l'imporlanee (|ue Clievreau attaeliait à la cuiuluile et aux
uiifur-.
pas inutiles en ce royoume et (jue la reine vous devait au moins quelques mar(iucs de sa bienveillance. Plût à Dieu qu'elle eût écrit au grand Balzac de la manière qu'elle m'a parlé de vous, elle qui sait si bien qu'il a engendré chez nous l'éloquence, pour me servir d'un mot delà veille Rome'. Le tombeau que vous allez élever à la mémoire de cet homme incomparable est digne sans doute de votre amitié et de son mérite et je suis trompé s'il ne dure i)lus que tous les tombcau.x des anciens, sans en excepter leurs mausolées et leurs pyramides. Cependant, -Monsieur,
Xe ciaigiuins [luinl nu i|uc sa gloire meure, Ou (|u'il en iriaii(|iii^ aucune à sa féliciU'' ;
Avec nous la l'ranee le iileure
l'^l Christine l'a regrclli'. »
Nous avons tenu à citer ces deux lettres de Chevreau, pour montrer en quelle estime il avait Balzac et réfuter l'opinion de l'abbé d'.\rliguy écrivant' : « Personne, que je sache, n'a observé (pi'il y a un gros N'olume de lellres d'Urbain Chevreau, in 8. Paris U'>M, dont la deuxième partie est intitulée : .\oiii:clli's letires raHlrc i\airisse, c'est-à-dire contre Balzac. Chevreau, sous le nom de l'hulaxiue, y parodie certaines lettres de Balzac, pour les rendre ridicules; mais- il n'a eu garde d'imiter l'ancien Phylarque dans ses emportements')). Cette imputation se retrouve dans la Clironi(iue scandaleuse des saranls du même abbé d'Arligiiy, sans doute le même ouvrage que le précédent, sous un autre titre'. Il est certain que les lettres ont paru, mais elles ne sont pas de Chevreau fort jirobablement, et elles s'accorderaient mal avec le jugement suivant qu'il porte sur Balzac dans son Chexjraeana', à propos de ses imitateurs :
(( Pour suivre de près M. de Balzac, il faut avoir son élévation d'esprit, son oreille pour la mesure et pour riiarmonic des périodes, son tour, ses manières et une connaissance exacte et parfaite de toutes les beautés de notre langue, d
.\près son abdication, Christine prit à Borne, comme secrétaires, d'abord ( UiTS) les ducs Brobergs, [luis ( KiTO) le jeune suéduis Cedercrantz
1. llulzar lui nvail oiivoyi'' ses (l'uvros accoiii|i;inii(''('s <li' vci's Ujiii'ik's fîiiliuiiiiKMil . Il recul une l'hiiiiie il'nr. Ménage regut aussi une ehiu'iie il or. pour avoir iniUrié les poésies latines di' Itulzac avec nue détlieaee fi la icine.
2. Xuliveaiu- mrliiDi/cs il'liislniic. île rrilii/iir cl ili' lillrniliirr |i:ir l'aliln' ilAi-lifiny 7 vol. (le "■ sert île su|)]iléineul et u'esl |iiis de d'Arlinuy )• l'aris, lleliure. ITi'.l. I. Il, p. l'.t;i, ne. le 11
:t. 'r. 11, p, l'.Kt, noie II, .le n'ai Ininvé nulle pari Iraee de ees lelli-es.
1. T, II. p. l(i;). La mile li de l'uin ra,;;e (in'ei'ileiil a du p!i,-~ei' ilaris le te\le.
DEPLACEMENTS SUCCESSIFS o,
qu'elle nomma, en IG80, intendant des îles d'Œland et de Gothland' ; car elle avnit slipulé pour elle, en abdiquant, une rente viagère de plus de 200.000 écus par an, avec plusieurs provinces et domaines « en guiso d'hypothèques '' ».
Pour Chevreau, il resta auprès du cousin et successeur de Christine, Charies-Ciuslave, reconnu roi sous le nom de Charles X. 11 avait le titre de secrétaire de cabinet.
Ce ne fut [)as pour longtemps". Malgré les honneurs dont il était comblé, il s'ennuya bientôt en Sm'^de. 11 n'avait plus avec lui des savants illustres et une reine amie de la littérature, pour occuper utilement ses journées. Il sollicita donc un congé, alléguant on ne sait quelles affaires d'intérêt qui nécessitaient impérieusement sa présence à Loudun et retourna dans sa ville natale. La dernière lettre, de Stockholm, à Chapelain est datée du (( 28 de novembre 1(J."J4 » ; sa première de Loudun, à Saint-Amant, porte la date du l.'i juillet Kl.'id. 11 devait même être rentré en France depuis quelque temps et avoir fait mainte excursion à Paris, puisque son l'hilosoplie rnoiial fut » Registre sur le livre de la communauté )) des libraires de cette ville, le 8 juin Ki.'JC), pour être « achevé d'imprimer» le « 10'- jour de juillet Ki.'JC)' ». Va\ cette même année l6aG, parut le recueil de ses l'oésies.
Peut être se trouvait-il dans la capitale le vendredi 0 septembre IG.'îG, lorsque Christine y fît une entrée magnifique et fut haranguée, au nom du clergé, par (îodeau. évèquede Vence ; peut-être également assista-t-il avec son ancienne protectrice à la fameuse séance de l'Académie française.
Arckenhollz l'aflirme ■ et en prolîte pour lui reprocher sou Génie de Cliiisluie, libelle diffamatoire, » qui ne s'accorde guère avec l'ode ([u'il composa à sa louange, lorsqu'elle passa en France ».
En tous cas, durant cette période, Loudun fui le quartier général, la résidence habituelle de Chevreau. C'est de là qu'il adresse la plupart deses lettres;! Tanneguy Le Fèvre. au ducdelaTrémoilIe,à Clin[ielain et à bien d'autres corrcsi)ondants. C'est à ce moment ipril fréquente, avec le premier, le marquis de Chandcnier '■.
I. V. Airki'iiliiillz. Mi'iiiijiics iiiiiii'nutiil l'/tiisliiir, rciiir ilr Siii-ilr, I. 11, pp. lOlJ-IO'.l.
i. Y. .\rck('nlii)llz. .i/rniuirex cuiiceniiiiil Clirixtine, reine (le Siieile, I. III. p. 22o.
3. Sans iloiili- jiiscinïi la fin do {(>■')'■>, c'rsl-ù-ilire Irois ans environ, comme il le iléi'lai'e lui-mr-me dans son ('hevnii'iiiui (I. I, |ip. 2."i-20).
l. Tels siiiil les lerme.s du l'rivilè^'e.
."i. T. I. pp. 2,'i2-2;j.'j. I.'iide dniil il e>l ici (jiieslion esl |jn)lialilemeril l'elle ijiii ouvre le Herueil des ' l'iiexies de Chevreau.
0. >l. Léo lli'saivre, un arcliéolof;M<> disliii^ue de .Nioil, a éeiil sur le Marijuix de (.'liaiideiiier el su euiir <iii c/ifileini de l.ii Mulle en /.iniiliiiiiiis (lli.'i;)-l(i(I,'i| un excellent opuscule (le 2i pages, forl ulil<' à consuller, exiruii des .Wéiiwiies de lu Suciele des AiiliijiKiirex de l'Ouesl, 188i.
François de Rocliechouart, marquis de Cliandeiiier, issu probable mont des anciens vicomtes de T^imoges, avait refusé au jeune roi LouisXI V sa démission de capitaine des gardes, ([non lui réclamait à cause de son rôle dans la Cabale des Importants et de sa liaison avec Paul de Gondi, bientôt cardinal de Retz'. Il se retira dans sa terre de La .Motte Champdenier', où il accueillit, avec Urbain Chevreau. Tannegiiy Le Fèvre, le précepteur de son fds et le jésuite Léonard Frizon, Michel Leclcrc, rendu célèbre par l'épigramme que lui décocha Racine à propos de son Ililnqrnii'^ cl Philippe fiûiboullDuliùisl. lils d'un sénéchal de Champdenier, devenu conseiller, maître d'hôtel du roi. Plus lard, il fut enfermé au château de Loches dont il ne sortit qu'en 1677, pour se démettre enfin de sa charge et venir à Paris, où il mourut en IdlK». à quatre-vingtcinq ans, dans l'abbaye de Sainte Cencvièvc.
i< C'était, dit Saint-Simon, qui le visita souvent, un homme de beaucoup de goût et d'excellente compagnie, qui avait beaucoup vu et lu' », Rien d'étonnant, j)ar suite, qile Chevreau se soit plu en sa société. C'est même pour lui qu'il rédigea à la hâte ses liernarijucs sur les l'oésies de Malherbe en I6()0. époque où parut aussi sa tiachictinn de la Trampiillit' (Ipri^sprit, de l'anglais Jose|)h Hall.
Chevreau était encore à Louduii ou peut être à Thouars, séjour des LaTrémoille, ses amis et protecteurs à la fois, ([u'il voyait assez souvent, lorsque Mademoiselle^ « et plusieurs personnes, tant de la cour de S. .A. R. qu'autres » adressèrent de Champigny. le 10 novembre 1G37, une lellre colleclive en prose et en vers à .M">'" de .Montglat. femme du grand maître de la garde robe ■. Celte lellre commence ainsi ' :
\. Le marquis de CliaiulenuM" avait reçu le 18 janvier Ui.")l lOiilic de se démeltre et Pascal de doiidi, coadjuteur de l'arclievêque de Paris, fut nommé eardinal le 19 février l().")2. Toute fliistoire de Cliandenier est relatée au livre lit. pp. I43-1.">3 de.« Mémoires de Suinl-Simon. éd. lîiiislisie : mais la détention du uiariiuis y est donnée à tort eonime antérieure à son e.xil sur ses terres, qu'elle suivit (p. I.'JO). Klle dura dti I" décembre 1(1"! au '• août ItiTT. Le due de Saint-.\ipnan. très lié avec Bussy- Itabulin, l'ami de (lliandenier, était gouverneur au cliftteau de Loches depuis Iç 12 août ItiOl.
2. A deux lieues de Loudun. quatre de Thouars et de Chinoii. cin(| de Sauinur, le cliAteau di La Motte Cliampdeuier, dahovd La Mothe de liauçay (l'éOS). puis La ilothe de liaussay (1021». a été reconstruit dans des proportions plus im|)osaiites par les soins de raîeule de .M. le liaron Lejeune. son possesseur ai'tuel. .Nous n'y avons rien trouvé sur t;he\reau.