V. (Jh'mrcx iiirli'cs. pp. l2-'i'i
.'1. Poin- d'aniri's ri'iisi'ij;iicini-nls sur cidlc fiuiiilli'. Miir Ti lu t'f,nrs/ii,ii(liinic </cx /,a TrriiiniUf.
1. V. I.ellrrs ,lr l.it Tn-iiKiillr. riTiicil dr M. Inilifrl. pp. iil cl 2\^.
:>. Il rcril en cffi'l ili> i-ollc ville loi de janvier llit>:i .\ .Mailaiiie l;i Comtesse di- Chatais. <le|iiiis diii'ln'sse dWraseiaiui (V. (Ihjiires mrlrrx. pp. 80-8;j). On ne sait s'il alla avaril cm après en Anulelerre. Il (■lait àVenise au mois d'aoï'it lOti:!. romiue findiqne la lettre :;i' eu laliri, ( /'"«rii/di/i /'((///i /■.'/lixIiiLr, liv. Il), (lue lui adressa son ami I.e l'Vvre à celle ('["Mpu'. (Cf. I.'liviiiirdmt. I, p. l'ili.
Dès février 1664, il était à Copenhague', où le roi do Danemark, Frédéric IIP, l'avait engagé à se rendre. Ce monarque lui fit même offrir, d'après l'abbé Drouyn ', qui prétend le tenir de la propre bouche de Chevreau, l'archevêché de son pays ', s'il voulait changer de religion, ce qu'il refusa de faire.
Un mois ou six semaines après, il retourna à Cassel \ Il suivit Sophie de Hanovre à Venise (lettres du 13 juin et du 8 août IfiGi), en revenant de Iburg (9 janvier 1664), mais y resta peu ; car, en 1663, il est à Zell ou Cell, dans le Brunswick, puis dans le Hanovre, où le duc Frédéric le nomme gentilhomme de sa cour avec un traitement de cinq cents écus, la table, le logement et un valet. (( Au sortir du Brunswick, où j'avais demeuré assez longtemps, écrit il, dans son Cherraeana, je fus engagé de passer par Heidelberg, où M. l'Electeur palatin (Charles-Louis) ' me fit l'honneur de me venir voir avec toute la maison électorale" et les principaux de son conseil. J'y fus retenu avec le titre de conseiller, quand je croyais retourner en France )'. Sophie, sœur de Charles-Louis, avait servi d'intermédiaire dans cette négociation (V. Lettre à son frère, du 24 décembre 1670, Kocher, p. 136).
Chevreau eut à remplir en ce moment une mission très délicate.
1. Il y a. dans les Œuvres mélvex, {l. 83-83), une lettre de Chevreau, envoyée de Coppenhaghen, le lo février I66i. au Révérend Père Roatin, théologien de la Compagnie de Jésus. Il y annonce que, le mois prochain, il ira en .\llemagne, puis en Italie.
11 souhaite que ce voyage soit le dernier.
2. 11 avait succédé, en 16i8, à Christian IV et fut remplacé, en 1670, par Christian V, Chevreau était bien auprès de lui. mais regrettait son Loudun, avec les bagatelles et les amis qu'il y avait (Œuvres im-lees. p. 187).
3. Voir il la Bibliothèque de r.\rsenal, dans le catalogue de M. Henry Martin .'>428-o748 (820, H. F.), la Bihliol/iér/ue universelle. Iiililioijrujiliie grnérule ou recueil île noies pour une l>ibli(ji/rap/iie f/enérnle par l'abbé Philippe Drouyn, docteur en Sorhonne et conseiller au Parlement de Paris, 321 volumes, pp. 393-i2o du catalogue. Le tome LV {Chevi-Chri, p. 410 du catalogue) a le numéro 3482. On ne sait quand naqnit Philippe Drouyn : il vivait sûrement encore en 1728, d'après la biographie rédigée le
12 décembre 18i9 au tome I de son ouvrage.
i. Cet archevêché est sans doute celui de Trondhjeim, actuellement Drontheim. ancienne capitale de la Norvège, qui resta unie au Danemark iusq\ren 1814. La Suède était indépendante depuis Gustave-Vasa (1323). .\ux évéchés étaient attachés des bénéfices que des titulaires laïques pouvaient iiosséder. Cela explique la proposition faite à Chevreau. En outre, depuis la confession d'.A.ugsbourg (1330), le culie catholique étant banni du Danemark, les revenus épiscopaux étaient donnés à des luthériens (V, Momenrlnlor orhis calholici 1081 et BaudriUart, l'Ki/lise cnlholii/ue. lu {teniiissance. le Prolest/inlisnie lyAiw. 1004).
3, 11 écrit de Cassel, le 4 avril 1004, à M. Belin, auditeur des comptes, el de CeU, le 29 avril 1003, k M. Morosini, « depuis ambassadeur en Savoie, en Fraïu-e, à Constantinople » (Œuvres mêlées, I, 87-02).
6. T. 1, p. 180. Ce Charles-Louis est riilecteur iiaUitin, qui fut rétabli dans ses Ktats par la paix de Westphalie (1648) et mourut en 1680.
7. Bussy-Rabutin. dans sa correspondance (t. IV p. 321), l'appelle Eleetive au lieu d'/ileclûrule.
(( Madame la Princesse palatine douairière, sœur de la reine de Pologne, écrit-il', ménageait alors le mariage de Madame la Princesse électorale avec Monsieur. Comme elle ne pouvait être Madame en France, sans être de la religion romaine ; que M. l'Electeur n'eût jamais souffert qu'un religieux, de quelque ordre qu'il eût été, ou un prêtre fût introduit dans sa cour et que les étrangers ne voient point les princesses dans leurs appartements, j'eus un moyen sûr de voir celle-là et, déplus, la joie de la convertir, après avoir pris toutes les précautions et les mesures que je pouvais prendre '. J'y employai dix-liuit ou vingt jours', quatre heures par jour, sans qu'aucun en pût former le moindre
1. CltinrueniHi. I. I, pp. 180-188. La reine do Pnlo{j;ne élail en ce moment Marie (ie Gonzagiie, l'épouse de Jean Casimir V qui, monté sur le trône en l(ji8, abdiqua eu 1008 et lut remplacé par Miclicl Visnioviecki, roi jusqu'en 167i. Sa so'ur était la fameuse Anne-Marie de Gonzayue de ("lèves, princesse palatine, dont Bossuet a prononcé l'oraison l'unèbre en 1683. Pour tout ce qui a trait au séjour de Chevreau à la cour de FKlecteur, i l£lisalietli-(;iiarlolle ou Liselntte, et au mariage de cette dernière avec Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, voir les Méiiioircx de la rlucliexiie Sophie il'Osii(ihrui//i, eiixiiile rieririre de Himovrc, jjar le docteur Adolphe Koclier (Leipzig, Hirzel, 1879) : ses Lettres mix rnugnieiiiex et nnirjnives du Piihitinat, par Bodemann (Leipzif;, Hirzel, 1712); h'I/istoire pnliliriui;, relir/ieu.ie et littéraire (/» Palalinat rliénaii par Louis Ilaiiser, 2 vol. (Heidelberg, 184"i) et les /.ellres de la i/arhexse Elisabelh- C/iarliitte d'Orléans a .)/"' llarliai; et a snii mari, par Bodemann (Hanovre el Leipzig, 1805): enfin les trois articles d'.Vrvède lîarine sur Madame, mère du Régent (Renie des Deii.r Mondes, l'.l octobre l'.lUC. l.'i août l',l07 el l.'i décembre I0U7). qui viennent d'élre publiés, réunis en un volume : Madame iiiere da liei/ent. in-12, Paris, Hachette l'JOG. Chevreau resta treize ans en Allemagne (I(10l5-107.'i) el en passa cinq environ (166o-160'.l) dans le liruuswick ou le Hanovre.
2. H n'est guère possible d'admettre que l'HIecleur ignorât les visites de Chevreau et la conversion de sa fille, mais il redoutai I la cidère de son peuple, ennemi de Rome et il feignit l'étonnement.
;!. Le Journal de Trévoux et, après lui, Dreux du Radier, disent trois semaines (V. .Journal de Trévoux note a, page 3flS el Drcuix du Radier Bihliolli. Iiisl. el rriliij. du l'oitou). On trouve la même assertion dans Sainte-Beuve. (Causeries du lundi. I, l.\, p. 18). Chevreau avait alors cinquaTite-huit ans et non soixante, eomnV' le prétend ÂI. Beauchamps, dans ses Ileclierrhes sur les théâtres île Friinre ( t. IL, p. 183). 11 élait peutêtre un agent secret de Hugues de Lionne, secrétaire d'Llal des affaires étrangères on plutôt de C(dbert, contrôleur général des finances, pareni de Michel Régon, un ami de Chevreau. Depuis 1007. de Lionne el Collierl s'efforçaieul d'enlever à la Ihdiaude ses alliées. l'Angleterre et la Suède, en même temps que de grouper cnnlre elle l'Kmperenr et les Princes de la ligue du Rhin, toul en s'assurani la neulralilé ou la coo]iération du Danemark. 11 n'v aurait même rien d'éliuiuant (jue, dès lOli;!. ils aieni mêlé Chevreau ii leur diplomalie, comme sembleni l'indiquer les frères ParfaicI, qui parlent « de ses laleuls dans les :iégocialious ». I.e Journal de Trévoux ne déclare-l-il pas de son côté qu'il voyagea. « soit pour son plaisir, soit pour s'aquiller ileseonmiissions dont on le chargeait I'.' (Juoi qu'il en soit, (Uievreau fui agréé comme iulermédiaire enire les deux parlis. C'esl lui qui, de Meiz. écrivit, le 10 novembre 1071. à Charles-Louis, le ciuiiple l'endu du luai'iage, assez gaimeut acceplé par la Princesse Lleclorale. el le 21, de lleidelberg, à Sophie, de la pari de sou frère. l'i\iqniétnde causée à l'Kli'cleur par le sileiwe de sa fille, à qui peul-èlresou confesseur jésuile a inlerdil de corresiiondre avec son père proleslaul. Dans le conli'al de mariage, i.irr/i. talion. K. 512, n 0) Klisalielli-i:harlolte pcn-le les lilres de « comtesse |ialaline du Rhin, duchesse de Ravière 11 Son abjuralion officielle eul lieu le 11 iio\ ruilnr ; l'iu-le d'.MlijuratioM poi'le la (laie ilii l.'i (.In-A. .\al. \\, :i'f>. n' lo).
soupçon et. quand Madame la Princesse Electorale n'eut plus de scrupule ni de doute à ni'opposer, j'écrivis eu France à Madame la Princesse Palatine et lui envoyai une copie de l'abjuration, dont j'avais laissé l'original à un grand prince, de peur qu'il n'arrivât quelque changement, M. l'Electeur, avant eu des lettres de Madame la Princesse Palatine, qui l'avertissait quelle était sur son dépari, lui donna rendezvous à Strasbourg, d'où elle devait conduire Madame la Princesse électorale. Elle avait amené avec elle le Père Jourdan, jésuite pour voir si rien ne manquait à la nouvelle conversion ; mais les choses étaient en si bon état qu'il ne trouva plus rien à faire pour lui de ce côté-là. J'eus ordre de M. l'Electeur d'être de la suite jusqu'à Metz, où M. le Maréchal Duc du Plessis-Praslin, épousa Madame au nom de Monsieur et je retournai à Heidelberg, pour y rendre compte de ce qui s'était passé dans le voyage, »
C'est le 16 novembre 1671 qu'eut lieu ce mariage tout politique, décidé par Louis XIV et consenti par Charles-Louis', Chevreau, qui s'ennuyait à Heidelberg-, revint à Paris par Munich, sans attendre la mort de l'électeur, comme le prétend Dumoustier de la Fond (Hist. de Louduii, 2« part., p. 130). C'est probablement dans l'année 1676 ou fm de 1673; carildéclare lui-même {Clievraeana, I, 162)qu'il resta treize ans en Allemagne et il y était depuis 1663. L'incendie du Palatinat par Turenne, en 1674, avait dû hâter son départ, 11 ne séjourna pas longtemps à Municli.
1. Le roi voulait donner à la France des droits sm^ le palalinat et, le cas échéant, sur la Bavière. De son côté, l'Electeur voulait éviter à sou pays une nouvelle dévastation. Ils ne réussirent ni l'un ni l'autre. Mais du moins, selon son désir, l'Electeur fut « dél)arrassé » de sa fille.
2. Il avait obtenu de l'Electeur, qu'il mandât Le Fèvre, mais celui-ci était mort au moment de partir (12 sept. 1672).