Acte II, scf'iie I, vers
2. .\cte II, scène 1, vers 395-40^. On crnil ciilemlre ici un celui Iniiil.nn des ficrcs paroles proniiiicccs par le comte don ('idriiKis et par ilcju Iiic^'iie lui iiiuiiieiil de leur querelle duus ia pièce du Cid (acte I, scène 111).
On pardonne aisément cette fumée d'orgueil à celui qui, après avoir accompli tant d'actes valeureux, a laissé à un fils digne de lui le soin de les continuer. 11 est fier de ce flls, dont il rappelle les mérites avec ténacité, au moment où il le voit conduire en prison. Il veut s'entretenir avec lui avant de croire à sa faute. S'il est coupable, alllrme-t-il au roi,
En ce cas, son mallieur n'aura pas de refuge Et je serai dès Iheuie et son père et son juge'.
Il ne saurait souffrir d: tache en sa maison et il ne reparaît, à la fin, que lorsque l'innocence do son fils est reconnue '. On s'étonne pourtant qu'autorisé par le roi, il ne soit pas venu trouver son enfant. L'auteur a craint sans doute de se répéter dans les entrevues successives du père et de l'amante.
Don Sanclic s'unit à l'Infante pour séparer Rodrigue de Chimène, mais en essayant de se faire aimer de celle-ci. Il n'y réussit guère, car Chimène ne peut le supporter. En vain, tente-t il de profiter de l'absence d'abord, puis de l'emprisonneiTient de Rodrigue, pour se faire agréer ; en vain peut-il compter sur l'appui de l'Infante ; en vain provoque-t-il une seconde fois Rodrigue. Méprisé de celle qu'il aime, vaincu par son rival, il est réduit à perdre tout espoir. Son importance dans la pièce est peu considérable, plus faible même que dans le Cid de Corneille. Personnage épisodique et peu intéressant, il ne fait guère que soupirer et n'a été conservé sans doute par Chevreau qu'en souvenir du rôle qu'il jouait précédemment. En définitive, comme l'Infante, il fait une assez vilaine figure et doit se résigner. Son intervention inopportune lui attire le refus méprisant de Chimène et le couvre de ridicule.
Léonor, la gouvernante, confidente de dona Urraquc, aide d'abord sa maîtresse à abuser Chimène par un mensonge, en lui faisant croire que Rodrigue a péri dans sa lutte contre les Maures '. Devant le désespoir mortel de Chimène, elle est prise de remords et refuse de poursuivre sa mission criminelle. Elle va même jusqu'à dénoncer au roi la passion de l'Infante pour Rodrigue, en insinuant toutefois que celui-ci