cte 11, scène IV, v. ,')33-o
IJue le sorl est sévère aui plus aimables choses! dit elle ;
Il met toute sa peine à détruire les roses ! Et les plus rares lleurs i[ui uaisseut le matin, D'ordinaire, le soir, approchent de leur fiu ; Rodrigue est mort de mâme. . .
<( a pu répondre à tous ses mouvements' ». Elle est cause de l'arrestation du héros. En somme, gardienne jalouse de l'honneur de sa maîtresse, elle a consenti à tromper Chimène, comptant ainsi délivrer l'Infante à la fois de sa rivale et de son amour. N'y ayant pas réussi, elle veut au moins la sauver d'elle-même, en perdant Rodrigue, d'où sa dénonciation. Encore plus que Maxime et Cécilie dans Lucrèce, elle fait songer à la criminelle complaisance d'Œnone dans la Phèdre de Racine, avec l'honnêteté en plus.
Ekive, a damoiselle » de Chimène, compatit à son allliction et à sa
gêne.
L'Iioniieur fit pOclioi' l'un,
lui dit elle ;
raiÈifiiir lit péelicr l'autre, Et, dans le liislo étal (lu'dii vous trouve aujourd'hui. Et l'amour et l'honneur causent tout votre ennui-.
Ne pouvant la consoler ni lui arracher son amour, elle l'engage à cacher au moins ses sentiments et à ne pas exalter on public les qualités réelles de Rodrigue. Elle ajoute .■
Elle temps expiré, l'excès de cet amour,
Qui gène votre esprit, peut ('clalcr au jour-'.
Don Arias et Don Alfonse sont deux gentilshommes castillans. Le seconde se contente d'engager Rodrigue. à donner au plutôt la nouvelle de sa victoire au roi. Le premier apporte au souverain l'annonce du désastre, tente de timides consolations, presse l'envoi des renforts, vient chercher Rodrigue devenu suspect, puis le fait sortir de prison. Tous deux sont les admirateurs et les amis du héros et tiennent dignement leur place.
Ainsi donc les frères Parfaict ont eu tort de traiter la pièce de (( détestable » ; de ne voir que des puérilités dans les discours des doux personnages principaux, que de la basse jalousie dans l'Infante. Bien qu'imitée en grande partie de Corneille, La Suite du Cid a pourtant son originalité et son mérite ; tout n'y est pas mauvais : loin de là. On y rencontre des vers plats, affectés et durs ; le langage de Rodrigue, de Chimène et de don Sanche est souvent recherché, parfois ridicule à force de subtilité et ne dénotant pas une passion véritable. Le cinquième acte en particulier est faible et languissant; les stances manquent de chaleur lyrique; presque tout y est trop concerté, trop voulu. L'influence des