‹ Urbain ChevreauChapitre 67 sur 371 · Aclc 1. scène III, y · texte numérisé non relu

Aclc 1. scène III, y

astres, l'intervention des dieux elles idées païennes y sont invoquées par des chrétiens'. Cependant il ne faut pas prononcer contre l'œuvre entière une condamnation absolue, qui serait injuste; mais rendre iiommage aux eflorts, parfois heureux, de notre poète pour approcher du grand Corneille et ne pas trop déchoir à ses côtés. Il faut aussi ne pas oublier que c'est la plus mal imprimée des œuvres de Chevreau ; qu'il y manque des vers ; que certains mots, certains tours sont dénaturés, sans qu'on puisse attribuer ces fautes à d'autres qu'au libraire et qu'il n'y a nullement à en garder rancune à celui dont le texte a été indignement falsifié et tronqué à son insu. Dans la bibliothèque dramatique de M. de Soleinne, dont le catalogue a été rédigé par le bibliophile Jacob, au n° 1 152, La Suite et le Mariage du Cid est traité d' « assez bon ouvrage ». Nous sommes de cet avis. Si les délicats ont trouvé à redire pour l'observation peu rigoureuse des règles dramatiques, on a dû en général être satisfait par l'énergie de doua Urraque, l'esprit chevaleresque de Rodrigue, le caractère aimable de Chimène, la courtoisie galante de don Sanche. L'ensemble est plus salisfaisant que celui de Lucrèce.

La Vraie suite du Cid de Desfontaines- parut peu après celle de Chevreau en 1638. L'auteur, d'après les frères Parfaict', voulut égaler Chevreau « par une route différente ».

Pour y réussir, il compliqua l'intrigue et. au lieu de l'union projetée entre Chimène et Rodrigue, imagina trois mariages entre Chimène et Rodrigue ; Cliériffe, l'Infante de Cordoue et don Sanche ; l'Infante, sœur du roi et Sphcrante, prince de Tolède, dénouant ainsi une situation fort embarrassée.

Timothée de Chillac, juge des gabelles à Beaucaire, fit paraître, en 1639, une tragi-comédie. L'Ombre du Comte de Gormas et la Mort du Cid. (( 11 est difficile, écrivent les frères Parfaict, de décider si la conduite et le plan ne sont pas encore en dessous de la versification, qui est tout à fait pitoyable. L'Ombre du comte de Gormas apparaît à sa fille et la menace de l'arrivée d'un fils qu'on avait cru mort. Ce brave frère de Chimène arrive, lue Rodrigue, combat les Maures ou les Perses ; car il n'importe pas, dit l'auteur, et épouse l'infante ».

Timothée de Chillac supposait donc le mariage conclu entre Chimène et Rodrigue, à la fin du n^/ de Corneille et, laissant à Chimène ses remords et son veuvage, frappait son époux '.

1. V. notamment acte II, se. I, ai3-31i ; 368,380; acte IV, se. I, v. 926-927 ; se. rv, V. 112H1M), etc.

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