‹ Urbain ChevreauChapitre 68 sur 371 · III. — L'Avocat dupé · texte numérisé non relu

III. — L'Avocat dupé

Comédie (1631)

CARACTÈRES

Polydas est un jeune avocat fort riche, un peu naïf et très inflammable, amoureux fou d'Atalnute, sans l'avoir vue et sur l'estime que tout le monde en fait. Il en est même jaloux d'avance. .Mais, comme il le dit bien à sa sœur :

Il faut être jaloux de la chose qu'on aime^. Tant pis si l'on est trompé, cela importe peu :

Les cornes rarement incommodeal le front'

Aveuglé par son amour, il accepte, sur la recommandation d'Atalante, un clerc Sicandre.qui est la propre sœur déguisée de celle qu'il aime et dont l'orgueil l'avait choqué tout d'abord. Passant même dune extrémité à l'autre, il lui donne toute liberté dans son étude et sollicite son appui auprès d'.\talante à qui, sur son conseil, il dévoilera le mal qu'il endure. Au commencement du troisième acte, nous le voyons admirer béatement les vers qu'il destine à sa maîtresse et il faut reconnaître que ses effusinns lyriques ont une certaine valeur. Qu'on en juge d'après les deux premières strophes ' :

Astre qui conservez ma vie,

Ange à qui mes sens font la cour,

Olijet digne de mon envie.

Miracle de grâce et d'amour,

Prodige incroyable de charmes, Adorable ennemi, doux et juste Tainqucur, Pnis(|u'il e>l temps ijne je lende les armes, Gardez ces vers aussi bien que mon cfrur.

Tout est contraire à mon attente ;

Je croyais sorlir de pri>on ;

Mais vos beautés, chère Atalante,

Sont plus fortes que ma raison.

C'en est fait, votre œil me consume Et, si TOUS en doutez, considérez un peu Que désormais, loin de prendre la phnne, Mon propre sang vous signera mon feu...

Inspiré plusieurs i)irci;<, cuire aulrcs l'nprra (le .UnsseiiPl. en IS^'i ol ([iio plusioiirs auteurs italiens, espagnols el allemamls oui Irailéee sujet populaire.

1. Cette pièce s'appelle encore l'.lmanl nu l'Avnrnt ilii/)i'(y. Duval. imvr cité).

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