Acte II, scèneîIII, v. i6.ï et 46G
4. La Lucrèce Homainc est du 14 juillet ; la Suile ou le Mariage du Cid, du 31 ; t'Avocal dupé, du il août. L'ordre des .\chevés d'imprimer place, nous le savons, (v. au
De S. André et non plus Demonreau.r comme les deux précédents '. Il est daté du (( vingt-unième jour d'août ».
La comédie de l'Avocat dupé est dédiée : A haut et puissant seigneur Messire Jean, vicomte de Scudamore, ambassadeur en France pour sa Majesté de la Grande-Bretagne '. Dans la HédicacelTh. Chevreau déclare que cet ouvrage le fait <■ rougir » et qu'il le présente avec crainte. Mais son (( Avocat » compte plutôt sur la (( bonté » que sur la « justice » de l'illustre ambassadeur, dont les « belles qualités » et les » nobles actions » répondent dignement à la gloire de ses ancêtres.
L'éloge est ici un peu maniéré et emphatique, comme dans la plupart des dédicaces delà même époque '. A tout prendre, malgré le tour embrouillé et obscur, on n'y trouve pas plus d'exagération et de subtilité que dans beaucoup d'autres et il est entièrement conforme au goût du temps.
Les mêmes défauts se retrouvent dans l'épitre An Lecteur. Chevreau }' explique que son dessein « n'est pas de blâmer ici tous les avocats )), ce qui serait injuste; mais il en a choisi un, (( dont les images sont un peu troublées et dont l'esprit n'a pas assez de lumière pour se faire jour aux entreprises d'une fille ». II l'a créé amoureux et jeune, pour qu'il soit plus facilement trompé. S'il réussit (( dans la fin, qui est le mariage », il n'en a pas moins eu contre lui « les artifices de Flaminie, le consentement d'Atalaute, l'intrigue de Mainalie, la feinte génémsité de Tharzinte et les divers mouvements où il est lui-même ». Quant aux injures qui s'j' trouvent contre les avocats, il faut les imputer au ressen
début de la /.vcrére rnmaine) la comédie entre les deux tragédies : La Lurrèce romaine, le 30 juillet ; l'Ariira/ iliipé. le 30 septembre ; la Siiile ou le Marinrje du CM. le 31 octobre.
1. Il est encore an nom du marchand libraire Toussainl-Qiiiuet, au Palais, dans la petite salle, sous la montée de la Cour des aides.
2. V. Lettres nouvelles, XLllI, pp. 230-236. Cette pièce fut rééditée à Paris en 1638.
3. Nous avons eu soin de le signaler déjà à propos de Lucrèce et de la Suite du Cid. Lire, pour être édifié, les Dédicaces de Corneille, celle de Cinna en particulier. « Menteur comme une dédicace » était devenu bientôt une expression commune. D'ailleurs cet usage de mettre son icuvrc sous le patronage de quelqu'un a son origine dans la situation précaire des gens de lettres qni se créaient ainsi des appuis, des protecteurs. « Le plus souvent, dit Voltaire, ré|iitre dédicatoirc n'a été présentée que par la bassesse intéressée à la vanité dédaigneuse. » Llle est assez rarement un simjile témoignage de gratitude ou d'amiti('. .\u xvu* siècle, elle était devenue une nécessité ; c'était un hommage, anqnel les |dus grands seigneurs tenaient l)eaucoup Le cardinal Ilichclieu fut froissé (pie Balzac ne lui eût lias dédié son /Vi/icc ni ses. Lettres. De nos jours que la littérature a pénétré' partout, le meilleur appui pour un auteur, c'est le public ; le produit des ouvrages (^sl rémunérateur. .Vussi l'hummc de lellres a l-il reconipils sa dignité et son indépendance; il n'a plus bes liu d'avoir recours à la Oatteric.
timeiil vrai ou feint d'Atalante'. Le sujet et les vers sont appropriés à la nature du poème comique, bien différent de la tragédie. Qu'on fasso grâce aux fautes qu'on y rencontrera, pour que l'auteur puisse s'en corriger.
Si l'on tient compte des deu.x rôles joués par la somr d'Atalante (Isidore-Sicandre), la pièce contient neuf personnages et se passe à Paris, sans doute sur une place publique, auprès de laquelle sont situées, d'une part, la maison de Polydas « r.\vocat dupé h et, de l'autre, la maison d'Atalante et de sa sœur Isidore. La maison de Polydas est continuée par un jardin, où se donnent des rendez vous amoureux. A l'intérieur, se trouvent deux chambres séparées par une tapisserie, ce qui permet à Polydas de surprendre, au quatrième acte, sa sœur Fiaminie, seule, sans lumière, avec Mainalte, le frère d'Atalante et d'Isidore. Grâce à cet agencement, l'unité de lieu est observée; celles de temps et d'action le sont aussi, comme on va le voir aussitôt'.
Un argument précède chaque acte, comme dans les deux pièces précédentes.
ANALYSE DE LA PIÈCE
Acle I. — .\talante se plaint à Isidore, sa sœur, de leur sort actuel. .\dulécs, recherchées, aimées par tous et en tout lieu, quand elles avaient de la fortune, elles sont maintenant délaissées malgré leur beauté, depuis que, faute de présents offerts aux juges, elles ont perdu leur procès et sont tombées dans la misère.
Les juges uni tnuivé ce procès odieux,
Pour ce (|ue trop peu d'or éclalait à leurs yeux '.
(Se. L V. 31 et 3?)
Isidore la console. Rien n'est encore désespéré ; avec la beauté, elles ont conservé l'esprit : elles s'en serviront. Justement, sur le simple récit de la « bonne humeur n d'.Vtalante, un « riche et jeune » avocat en est devenu l'amant : qu'elle profite de l'occasion. Atalante refuse : les
1. Par suite, il nf faut pa? voir ici une rancune personnelle, comme dans les Plaideurs de Racine.