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V. Lettres nouvelles, Chevraeana et Œuvres mêlées

2. Bien qu'à un moment donné Isidore oublie son rôle et donne le- nom de « sœur t à Atalanle, ce dont le pauvre amoureux n'a pas l'air de s'apercevoir.

qu'il lui envoie, en la priant de les conserver. Us forment cinq strophes de huit vers à rimes alternées, dont les cinq premiers comptent huit syllabes, le sixième douze et les deux derniers dix. Il y exhale son amour pour Atalante. dont la froideur le fait mourir. Les quatre derniers vers constituent uneépitaphe à graver sur le tombeau de l'auteur. Les voici:

Passant, la inoil m'a voulu prendre'.

Je l'en voulus prier : elle agréa mon vœu.

Puisque aujourd'hui je ne suis plus que cendre Crois qu'auliefois j'avais été de feu.

(Se. I, V. 085-688.)

L'auteur, avec quelque complaisance il est vrai, trouve ses vers bons etsanspointes.il se demande s'il ne doit pas y ajouter une dernière strophe, sur l'hymen auquel il aspire et sur la beauté de celle qu'il souhaite (se. I), quand arrive sa sœur Flamiiiio. Elle lui reproche de passer son temps à rimer. Elle approuve pourtant le sonnet qu'il vient défaire Sur le Miroir d' A talattte' ; puis, changeant de sujet, lui demande ce que devient Sicandre. Polydas le trouve glorieux, ignorant, trop soigneux de son visage et de ses mains.

Il se masque la nuit d'une toile de cire;

Il a des gants au lit pour conserver ses mains-'.

(Se. II, V. 7Ti-775.)

S'il le ((caresse», c'est « en faveur d'.Vtalanto). Justement Sicandre vient lui annoncer que celle-ci frappe à la porte. Il court au devant d'elle. '

\. Peut-être faudrait-il lire : « M'est venu prendre. «

2. Et où l'on retrouve le style précieux de l'époque, l'ail de rapprochements et de contrastes Inattendus. Voici le sonnet :

SDR LE MIROIR d'aTALABTE

Ne olierclie poiiU de gla<;e où tu te puisses voir ; Sache que tout F'aris admire les merveilles. Ou\ à qui te^ beautés ont appris leur pouvoir Te vont taire l'objet de leurs plus douces veilles.

Que cette glace, ô dieux, me sait bien décevoir ! Et qu'elle exprime bien tes grâces non pareilles! Ali ! si ton cœur ainsi nie voulait recevoir, Ou'un doux remerciement flatterait les oreilles !

Mais, rêveur que je suis, où serait mon plaisir '? ijuand même elle voudrait accomplir mon désir, Jamais cette faveur ne ferait ma fortune.

Car, comme son miroir a cela de commun

Qu'il reçoil cent beautés et n'en relient pas nue,

Elle reçoit cent cœurs et n'en relient pas un.

(Se. Il, v. 751-704,) ;t, H tiuit uvoiicr (|iio Polydas est bien indiscret pour être renseigné sur ces

détails.

4. Il seiulde que l'arrivée de Sicandre et le départ de Polydils devaient donner lieu à de nouvelles scènes : C'est toujour.^ la luèiue qui continue, d'après l'imprimé.

Profitant de son absence, Flaminie dévoilée Sicandre qu'elle brûle pour lui et le pauvre clerc, obligé de feindre, en vue du succès de son entreprise accepte un rendez vous pour le soir, dans le jardin (se. II). Leur conversation est d'une licence qui frise parfois de très près l'obscénité. Isidore fait part de son ennui à son frère Mainalte qui, la voyant sous ce déguisement, lui avait d'abord prêté des intentions malhonnêtes. Sachant le but qu'elle poursuit, il consent avec plaisir à la remplacer auprès de Flaminie. qui est riche et belle, mais qu'il devra écouter sans répondre, pour ne pas être reconnu' (se. III). Apercevant à ce moment Caillante et Tharzinte. le fer en main, pour se disputer la main de sa sœur Isidore, il la promet à son ami Tharzinte, devant qu; Caillante vient de se retirer par amitié (se. IV). De son côté, Atalante consent à un rendez-vous nocturne avec Polydas. qui lui confie sa clef. N'ayant plus de fortune et son honneur seul étant en jeu, elle ira, accompagnée de Sicandre (se. V). Sa moralité ne vaut pas plus que celle de sa sœur.

Acte IV. — Polydas, dans le jardin, attend avec impatience .\talante, I'k astre» qui va éclairer les ténèbres au milieu desquelles lise trouve. Enfin il croit l'entendre venir (se. I). C'est Sicandre qui ouvre à Mainalte la porte du jardin, puis s'esquive avec Tharzinte (se. II). Cependant Polydas, prenant Mainalte pour .\talante. lui exprime l'ardeur de ses désirs. Mais celui-ci l'abandonne éperdu (se. III) et, furieux d'avoir été joué par sa sœur, qui lui avait promis une entrevue avec Flaminie, jure de la punir. Supposant que sa feinte a eu pour but de se ménager un entretien avec Polydas, il rentre dans le jardin comptant les surprendre (se. IV). Flaminie y vient à son tour et, croyant avoir affaire à Sicandre, lui dévoile brutalement sa flamme. Elle s'est adressée à son frère Polydas. qui lui reproche de vouloir épouser un « valet ». .\lors, sans se déconcerter, elle lui déclare qu'elle a ainsi agi pour surprendre son amour (se. V). En se retirant, elle rencontre Mainalte que, le prenant aussi pour Sicandre, elle amène avec elle dans son appartement (se. VI). C'est partout et toujours des déclarations brutales et des confusions comiques, au milieu desquelles il est un ))eu difficile de se reconnaître. Nous sommes en plein imbroglio.

Malgré son humeur facile et sa na'i'veté, Polj^das se reproche enfin sa constance et sa sottise amoureuses (se. VII). .\ussi accueille-t il fort mal, à son arrivée, .\talante, qu'il prend pour sa sœur. Comme elle le quitte irritée, sans vouloir écouter ses excuses, il court à la chambre de

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