‹ Urbain ChevreauChapitre 75 sur 371 · Recommandation dont il ne tient pas compte d'ailleui'S · texte numérisé non relu

Recommandation dont il ne tient pas compte d'ailleui'S

Sicandre (se. VIII), où celui-ci s'entretient amoureusement avec Tharzinle (se. IX). Il va se retirer, convaincu par Sicandre que Tharzinte est un ami d'Atalante capable d'adoucir celle-ci, lorsqu'il surprend Mainalte embrassant sa sœur dans les ténèbres. Mais, toujours aisé à tromper, il veut bien croire que c'est pour sauver sa vie que Flaminie s'est laissé embrasser et il retourne à la bâte dans le jardin, où Atalante, lui assure-ton, est revenue. Aussitôt Mainalte explique à Flaminie que Sicandre, dont elle est éprise, est sa sœur et qu'elle l'a priée de prendre sa place. Flaminie consent à l'accepter pour mari ; Sicandre épousera Tlmrzinte et tous vont s'entendre pour berner encore ce pauvre Polj-das, déjà tant de fois dupé (se. X) '. Comme on le voit, les surprises et les quiproquos ne manquent pas au quatrième acte. On les aimait alors.

Acte V. — Atalante, de son côté, annonce à son curateur Pliilémon qu'elle est découragée de l'inutilité de ses efforts et de ses ruses pour conquérir un mari et qu'elle renonce à séduire Polydas. Elle va rompre avec lui et décider sa sœur à en faire autant. Pliilémon l'approuve ; il est malaisé de lutter avec les avocats, dont le métier est de tromper les autres et qui n'aiment que l'argent (se. I). Toutefois, à la prière de Mainalte, de Sicandre, de Tharzinte et de Flaminie, elle consent à tenter une dernière épreuve (se. II). Justement voilà Polydas qui sort du jardin, où il a vainement attendu le retour d'.\talante. Il se déclare guéri de tout amour pour elle (se. III) et l'affirme à sa sœur FTaminie, ce qui ne l'empêche pas de suivre cette dernière, quand elle lui annonce qu' Atalante est venue le trouver dans sa maison. Il veut connaître les deux amis, qui pour elle (( reclierrhenl le trépas » (se. IV). A son arrivée, Mainalte feint de se quereller avec Tbarzinle. Poussé par Flaminie, armé d'une épée par Sicandre, il touche Atalante, qui d'abord fait semblant d'être blessée ; puis, voyant Polydas poursuivi par Tharzinte et Mainalte, demande qu'on l'épargne : Mainalte obtiendra en échange la main de Flaminie, ce quileur plaît à tous deux. Polydas y consent, mais sollicite à son tour la main d'Atalante, que Tharzinte parle aussitôt de lui disputer les armes à la main. On s'en remet au jugement d'Atalante. Celle ci donne la parole à Sicandre, qui dévoile son véritable sexe et choisit Tharzinte pour époux, laissant à Polydas étonné, puis ravi, Atalante qui accepte. La pièce se termine par une longue tirade de Sicandre contre les avocats orgueilleux, coquets, d'une fatuité sans égale, faiseur,s de petits vers, de rébus et de complîmciits. mais bien

1. Il semble i|ii'il devrail y avilir iei deux seèncs, sé|iarres |iai' le déiiiul de Polydas.

souvent dupés, comme vient de l'être particulièrement celui que va épouser sa sœur (se. V). Le dénouement est ainsi bien digne de la pièce tout entière et aussi peu moral qu'elle. Celte immoralité est légèrement choquante '.

Nous ne parlerons pas des nombreuses pièces où les avocats sont prisa partie'. Cela ne nous apprendrait rien sur la valeur de l'œuvre de Chevreau, ici, du reste, quoi qu'en disent Atalante et Sicandre, ce n'est pas 1 Avocat, encore peu expert dans « les ruses du Palais », qui est choisi pour dupe, mais le jeune homme vaniteux et sot. D'où le titre de l'Amant iIhjk' donné aussi à cette pièce.

La scène reste vide parfois ; mais nous avons vu, dans une remarque à propos du Cid de Corneille, qu'elle ne l'était pas en réalité, un personnage disparaissant d'un côté, aussitôt qu'un nouveau apparaît de l'autre. Cette remarque s'applique d'ailleurs, non seulement aux pièces de Chevreau, mais à la plupart de celles qui ont paru au commencement du xvii<^ siècle, où la règle de l'unité de lieu était à peine établie et fort mal observée '.

Ici encore nous trouvons, selon l'usage du temps, des stances Ijriques aux endroits émus et des guillemets, quand il se présente quelque maxime ou pensée morale.

Les frères l'arfaict ' estiment cette comédie » plus pitoyable» que la Suite ou le Mariage du Cid. « Le sujet, ajoutent-ils, composerait tout au plus une mauvaise farce par le bas qui y règne ; mais l'auteur a jugé à propos de la traiter comme une comédie héro'ique... Un avocat, grand bavard, mais qui a du bien, tombe dans les filets d'une espèce d'aventurière dont il devient amoureux et qu'il épouse après difTérents stratagèmes... Le frère de l'aventurière, un soldat, trouve le secret de plaire à la sœur de l'Avocat, qui est de la meilleure pâte du monde et qui lui donne sa main et son bien. Le tout, concluent-ils, est traité maussadement et encore plus mal versifié. »

On nous permettra de protester contre ce jugement. Certes, la

I. Disons, comme circonstance alténniintc, que Corneille et bien d'autres avec lui ont soutenu que la véritalile moralité d'une pièce réside dans l'irapression générale [iroduite et ([ue la « naïve peinture des vices et des vertus, pourvu qu'on les sache mettre en leur jour et les l'aire connaître par leurs véritables caractères, » est favorable aux mo'urs (V. YKpitie de Corneille en tète de lu Suite du Menleur). Nous avons insisté sur ce point à propos du caractère de flaiiiiiiie.

î, Ilepuis VAvoral /'iillieliii (xv" s.) jusqu'à l'.lrw»/ hmibel, drame en trois actes et en prose de E. Labiche, A. Lefranc et M. Michel (1838). La Bibliothèque de M. Siileiiiiie en cite quelques-unes.

3. Le premier acte compte S scènes ; les deuxième et troisième, 'i ; le quatrième, 10; le cinquième, .'i ; sans compter celles qu'on a eu le tort de ne pas mai'quer.

4. Ihstijire yéiwrale du lliriiire français, t. V, pp. 371-372.

sottise de Pulydas peut sembler excessive et le ton n'est pas toujours des plus comiiiues. il y a en outre des passages grossiers et des paroles triviales qui déplaisent. L'ensemble ne se recommande guère pour sa moralité et la fin est réprébensible. On voit si nous sommes larges dans nos concessions. Mais il ne faut pas oublier que nous nous trouvons en face d'une comédie, où tout rst volontairement exagéré '. Déplus, si, bien des fois, l'auteur tombe dans la farce commune, le langage ordinaire est assez élevé, trop solennel même pour une œuvre de ce genre ; les vers sont généralement bien faits, alertes et coulants, d'une beauté qui étonne et repose des quelques lourdeurs et bouffonneries. 11 est peu de pièces dont on pourrait en dire autant. C'est encore une comédie d'intrigue puisque les incidents y sont produits par le hasard, mais ces incidents sont motivés en partie par l'esprit faible et vantard du principal personnage. 11 fallait Molière pour dégager complètement le caractère désormais l'àme de la pièce, en substituant l'observation à l'imagination; en peignant avec une vérité rude et forte, qui s'allie parfois à une fantaisie romanesque, les défauts inhérents à l'humaine nature et, par suite, éternels. 11 fallait Molière pour créer la haute comédie. Mais parmi ses prédécesseurs, bien que n'ayant composé qu'une œuvre comique, Chevreau ne fait pas trop vilaine figure.

I"V. — Coriolan

Tragédie flOodi ANALYSE DE LA PIÈCE

Acte I. — Un sénateur, au début, reproche à ses collègues d'avoir exaspéré Coriolan, de s'être perdus en voulant le perdre et, par suite, d'être obligés de chercher à l'adoucir maintenant qu'il triomphe.

De (|Uoi Cdiiolan n'élail-il |niint capalilt\

Quand nos mauvais sou|içons le renilireiit coupable?

Pouvail-il pas linir, l'excès de votre ennui

El relever l'Etal ([u'il ruine aujourd'hui '?

(Se. I, V. 19-22.)

11 faut, reprend un autre sénateur, lui envoyer une nouvelle ambassade, puisque la précédente, composée de sacrificateurs, a été

1. Comino le dit (orl bien M île .hillevillc (Thriiire r/iiiisi ilc f'unieille, |). 002). à propos ilii Meilleur. U\ pièce « s'agite dans un monde imaginaire, dont les mceurs de conviMilion ne siiiiniient en rien refiler ni gâter les nôtres. Elle amuse l'esprit, l'oreille, la fantaisie ; ni en bien ni en mal elle n'est efficace ; elle ne pénèlie jusipi'ii la raison ni jnsipi'au cienr. » La licence achève de lui donner sa vérilalde marque, celle d'une comédie d'inirigue, agréable [lar les détails, mais sans prétention moralisatrice.

PIP:CES de THEATRE 85

inutile. Que le tribun du peuple, Sicinic, aille le suppléer au nom de sa mère et du jicuple. Rome le rappelle : il y eommandera. Siciuie, bien que cause de l'exil de Coriolan, consent à partir et à risquer sa vie, comptant que la victoire aura calme le vainqueur (se. 1). Il s'en va et la scène reste vide. Bientôt apparaît Coriolan, irrité contre ses concitoyens, décidé à démolir les remparts, à briser les autels, à dévaster le pays. 11 est approuvé dans ses projets destructeurs par Sancine, son ami. Il laissera seulement (|uelqucs Romains pour témoigner qu'il a su punir. iMais voici Sicinie (se. 11). A peine a-t il parlé que Coriolan s'emporte contre lui, qui l'a fait bannir.

N'espère plus de moi que de lionleux refus; Je sais ce que je suis el ce que tu me fus. Séditieux Iritiun, infâme, sunguinaiie, Tu croyais juslement mou Irépas nécessaiie. En effet votre sort eût été liien plus doux De in'éloigner [ilulôl du monde que de vous.

(Se. 111, V. 14!)-1j4.)

C'est en vain que Sicinie l'implore au nom de sa femme, de ses enfants, de sa mère et lui promet la royauté dans Rome. Cette royauté, Rome ne l'a plus à sa disposition. Rien ne saurait l'arrêter. Il a sauvé Rome au milieu de la plus effroyable tempête et, pour le récompenser, on l'a banni : il se vengera cruellement. 11 quitte en ces termes Sicinie désespéré :

Allez dire aux Romains que tout leur est funeste;

Que c'est peu que la faim, que la guerre et la peste ;

Qu'ils n'ont encore vu leur malheur qu'à demi ;

Que je suis Jour plus grand et leur pire ennemi ;

Que je boirai leur sang ; que j'aurai l'esprit libie,

Si j'en puis voir un fleuve aussi grand que le Tibre.

(Se. III, V. 230-244.)

Aufidie, capitaine des Volsques, apprenant le motif de l'ambassade de Sicinie, reproche aux Romains leur cruauté, leur orgueil, leur impiété même, qui ne vénère que les dieux favorables et déteste ceux dont elle n'a rien à espérer. Rome tout entière doit périr (se. IV).

Acte II. — Ici, comme au début de l'acte 1, nous assistons tout d'abord à une séance du Sénat. Un premier sénateur déplore le courroux de Coriolan, qui s'exerce indistinctement sur les Innocents et sur les coupables, 11 n'y a plus à compter que sur le ciel et sur la victoire, ajoute Sicinie de retour de son ambassade. Un deuxième sénateur lui

reproche d'avoir, pour assouvir sa liaiiie et sa jalousie personnelle, causé l'exil de Coriolan. Sicinie se défend el rappelle l'insolence, la cruauté de cet homme qu'il n'accusa qu'en vue du bien public. Il fallait le faire périr, prétend un sénateur; mais Brutus s'est bien contenté, pour un plus grand crime, du bannissement des Tarquins : j'ai fait comme lui. Oui, reprend un autre memlirc du Sénat, mais les Rois ont été réduits à l'impuissance; maintenant il faut invoquer les dieux et se rendre les astres propices.

Surtoul assurez-vous,

déclare t il à Sicinie,

...que dedans ikis malheurs.

Vous verserez du sang si nous \ersons des pleurs

(Se. I, V. 'rM-'i'oi;.]

Verginie, femme el \'clumnie, mère de Coriolan', déplorent le caractère inexorable de celui-ci et décident d'aller le supplier, puis de mourir, s'il accueille mal leurs larmes et leurs prièrees (se. II).

Cependant Sancine invite Coriolan à se défier d'Aufidie et des

Volsques; car

Les Volsi|U(.'s sont d'iiumeur à garder une injin'e : C'esl un peuple niécliaiil, làclie, ingrat el parjure

(Se. III, V. [.57-û,-)8.)

Coriolan ne redoute rien d'eux, puisqu'il leur rend service au point de détruire sa pairie. D'ailleurs il va se hâter d'agir, ainsi qu'il l'assure à Autidie qui lui reproche son inaction (se. III et IV) et il se relire, en affirmant de nouveau ses désirs inassouvis de vengeance et de mort.

Acte III. — Verginie est aux pieds de Coiiolan. Il la relève et. après l'avoir assurée de son amour, lui promet d'être |)iloyable jinur elle.

Assurez-vous d'avoir de lua tendre auiilié Tous les lions scnliiiieuis qu'on doil à la pillé. Pourvu que l'iulérèl de la race romaine Ne .se confiiude point aveccpie votre peine

(Se. I. V. 647-050.)

Verginie ne peut rester insensible à la pei'le de ses parents, à la ruine de son pays, à son propre déshonneur. Elle veut se poignarder ; Coriolan lui ôte le poignard et, violemment ému par les |)laintcs de sa mère, qui se joint à sa femme afin de le lléchir, il demande quelques instants pour [irendre une réscdnlion délinilive (se. I). De son cùlé,

I liiiiis Tile l.ivc, lu iiii'ir ilc (ÀirioUin se noinine f'rturie et sa feiinne l'uliimitie. Dans /'lulurijiie, le nom du In premii^rc est l'oluiintic; celui de lu seconde, Vi/yHie.

Aufiilie craint que Coriolan ne se laisse toucher : il envoie Sancine lui reprocher sa lenteur et déclarer

...que, dans cette nuit, Il faut que son pays soit tout à fait détruit

(Se. II, V. 8-27-8-:8.)

Seul, dans son camp. Coriolan exprime en sept strophes lyriques, de huit vers chacune', ses hésitations entre sa mère et sa femme d'une part; de l'autre, son désir de vengeance et la crainte des Volsques (se. III). Il fait part de .son embarras à Sancine qui, au nom de sa sûreté et de sa gloire, le décide à faire périr les Romains (se. IV).

Acte IV. — Cette décision, Coriolan la confirme à .\ufidie, qui l'engage à la faire connaître sans retard à sa mère et à sa femme (se. I) et qui, tout en avouant avec Sancine la légitimité de ses hésitations, brûle de venger sur l'ennemi les maux qu'il en a soufïerts (se. II) Mais lorsque Coriolan déclare qu'il est contraint par les Volsques et persiste à soutenir, malgré les prières instantes elles larmes de Verginie, que Rome doit être détruite, Vélumnie l'accable de reproches amers, lui rappelle les soins maternels dont elle l'a entouré, puis se jette à ses genoux. Le llls cède enfin aux supplications de sa mère et accepte que sa femme partage désormais ses douleurs et ses joies ; mais, avant de le suivre, elle ira annoncer aux Romains qu'en sa faveur il lève le siège (se. III). C'est ce qu'il dévoile lui-même, obscurément d'abord à Aufidie inquiet (se. IV et V), puis clairement à Sancine surpris, qu'il invite à l'accompagner (se. VI). Pendant ce temps, Verginie a rempli sa mission auprès des sénateurs. L'un d'eux, après les avoir remerciées, elle et Vélumnie, les presse de porter cette nouvelle de délivrance au peuple, qui no saurait manquer de leurêtre éternellement reconnaissant (se. VII).

Acte y. — Aufidie, furieux de voir lever le siège, adresse de vifs reproches à Coriolan ; celui-ci l'invite à modérer ses paroles, s'il ne veut avoir à s'en repentir. Les Volsques ne sauraient lui reprocher de céder aux larmes de sa mère et de sa femme. D'ailleurs il ne les craint pas (se. I).

Après une scène sans importance, où Camille, une servante de Verginie que nous ne connaissions pas, essaie inutilement d'empêcher sa maîtresse de suivre son mari, puis se décide, sur sa demande, à l'accom-

1. Vers 829-899. Ces sept sli'op'ips contiennent chacune huit vers de huit syllabes et deux de douze. I^es deux premiers vers riment ensemble ; les deux(lerniers également ; le Imisième rime avec le cin(iuième et le septième ; le (]uiilrième avec le sixième et le huitième.

88 LECRIVATN

paguer (se. II), nous voyons Aufidie prescrire aux Volsques de chercher Coriolan si ingrat pour eux et de le tuer sans l'entendre. Ces derniers s'y engagent, à la grande joie d'.Aufidie (se. III). De son côté, Coriolan presse Sancine. qui voudrait le mettre en défiance contre le (( traître » Aufidie et les Volsques furieux, d'aller chercher Verginie (se IV). Demeuré seul, il s'approuve d'avoir pnrdonné à ses compatriotes, ce qui rendra son nom « cher à la postérité )) (se. V). Mais, à ce moment même, les Volsques le surprennent et l'égorgent, avant qu'il ait pu se mettre en défense (se. VI). .Après avoir ordonné à sa suivante de l'attendre (se. Vil), Verginie s'approche et, apercevant le corps sanglant, inanimé de son époux, manifeste, au milieu de la plus violente douleur, son intention de s'ôter la vie (se. ^'lll).

Ainsi finit la pièce, d'une façon un peu brusque, sans qu'on sache le moyen choisi par Verginie pour se donner la mort, ni qu'on soit fixé sur le sort des personnages principaux, sur la décision des Volsques, sur les sentiments de Vélumnie et des Romains. Il eût mieux valu, dans ce cas, terminer avec le meurtre de Coriolan. Pour le reste, la marche de l'intrigue est naturelle et intéressante.

Le Coriolan d'Urbain Chevreau parut en i03S, chez Augustin Courbé, libraire et imprimeur de Monsieur, frère du roi. dans la petite salle du Palais, à la Palme, avec Privilège du 'i juin, signé fonrarl et Achevé d'imprimer du 12.

Cetlre tragédie est dédiée à Monsieur de Hantni ', baron de Serrant, conseiller ordinaire du roi en ses conseils d'Etat et privé, etc. L'auteur y déclare qu il n'a jamais compté sur cette œuvre pour établir sa réputation. Elle contient certainement des défauts, mais dont il se guérira avec l'âge et possède « quelipics beautés ». Pour ne « présenter que de belles choses », il lui aurait fallu raconter la vie de Bautru et, pour le faire dignement, plusieurs existences seraient nécessaires. Il se borne donc à lui demander d hardiment » sa protection pour sa pièce. Malgré le tour embrouillé de l'éloge et le caractère subtil des comparaisons, cette dédicace ne s'écarte guère du ton ordinaire des épitres dédicatoires du tenipi-. Elle témoigne en nuire du peu d'importance que l'auteur attachait à sa pièce.

ManaVArertissemeitt ijui suit, (Chevreau piévieut le /('c/fîn' i|u'il a fait mourir Coriolan d près de Home » et non (( chez les Vols(|Ucs », parce que, sans cela, il lui eût été « impossible de mettre la tragédie dons la sévérité de.s règles et dans celleqii'on lient aujourd'hui si néces-

1. V. /.élites iiuiitelles, I. Vil, pp. ^i-iiT pour la biographie de Uaulru.

saire, qui estlunilc du lieu ». Pour le reste, il a (( suivi l'iutarquc et ceux qui ont parlé de Coriolau ». Nous u'avons pas ici, commedans les pièces précédentes, un argument pour chaque acte' ; mais, pour la première fois. Chevreau indique les sources auxquels il a puisé et parle des fameuses règ'les imposées alors aux autours dramatiques ', toutefois en étendant l'unité de lieu an delà d'une ville, puisque le camp Volsqne n'est pas dans Rome. L'unité de temps est bien observée.

Page 1