‹ Urbain ChevreauChapitre 78 sur 371 · Acte I, scène IV, v · texte numérisé non relu

Acte I, scène IV, v

Coriolaii d'en finir. Il craint ponr lui l'inlluence de sa mère, de sa femme et de ses enfants. Trompé d'abord par nne réponse ambiguë de sa part, il s'emporte ensuite contre l'ingrat qui, au mépris du secours que lui ont prêté les Voisques pour punir son injure, s'est lâchement laissé vaincre par les larmes. Le voyant, malgré tout, résolu à lever le siège, il le fait assassiner.

Sancine, l'ami de Coriolan, craint pour celui-ci la défiance et la rancune du (( traître )) Aufidie et des Volscfues perfides, qui n'ont pas oublié leurs précédentes défaites. Aussi l'cngage-t-il à se Iiàter d'anéantir Rome, pour faire cesser leurs soupçons jaloux. Entièrement dévoué à Coriolan, il ne compte sa patrie pour rien.

dit il ;

Uonie fui mon pays,

mais, après voire perte, Je crus qu'on en ferait, une ville déserte'.

Quand il reconnaît que la décision inébranlable de son maître est d'épargner Rome, il consent par afïeclion à lui ramener Verginie :

J'ai suivi vos desseins sans regret et sans crainte, Et je vous obéis encore sans contrainte 2.

Il ne voit et n'aime que Coriolan.

Sicinie est un tribun du peuple, qui a puissamment contribué à l'exil de Coriolan. Il l'a fait, non par jalousie ou par lâcheté, comme le lui reproche un sénateur, mais pour punir l'orgueil et la cruauté d'un homme qui aspirait à la tyrannie. La seule liberté de Rome l'a guidé dans sa conduite et c'est encore pour cette liberté qu'il consent à venir implorer, inutilement d'ailleurs, son ennemi.

Camille, la suivante de Verginie, ne paraît qu'à la fin de la pièce, pour exposer à sa maîtresse le danger qu'elle court, en allant rejoindre son mari au milieu de l'armée des Voisques. Elle l'accompagne et ne la quitte qu'aux portes du camp ennemi,

Les sénateurs romains, les deux lieutenants et le soldat Voisques ne font aussi qu'une courte apparition, pour exprimer : les premiers, leurs craintes au sujetdu sort de Rome; leur colère contre Sicinie, cause des malheurs actuels ; et leur gratitude pour Verginie et Vélumnie, qui ont enfin réussi à la sauver; les seconds, leur rage contre Coriolan, qui

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