‹ Urbain ChevreauChapitre 85 sur 371 · Acte m, scène VI, v · texte numérisé non relu

Acte m, scène VI, v

de violence : Doiïa Urraque n'avouait pas sa flamme à Rodrigue et se contentait d'exprimer ses craintes ou son espoir. Fénice va plus loin : c'est une véritable furie qui, ne pouvant parvenir à se faire aimer, cherche à perdre celui qui est resté sourd à ses offres. Elle rappelle l'Infante delà Suite du Cid de Chevreau, avec l'impudeur en plus de déclarer brutalement sa passion à celui qui en est l'objet.

Aminte, la fille d'honneur de l'Infante, rappelle encore davantage Lconor, la gouvernante de Dofia Urraque. Elle s'efforce, comme celle-ci, d'arracher de l'âme de sa maîtresse un amour qu'elle juge indigne. Elle essaye, en outre, de la calmer et réussit enfin à sauver Hermodante. Heureuse du dénouement, elle s'écrie, résumant pour ainsi dire, toute

la pièce :

O favorable jour.

Où l'on voit triompher la constance et l'amour ' !

Boris, la confidente d'Arthénice, joue auprès d'elle un rôle plus actif qu'Elvire auprès de Chimène. Toute dévouée à sa maîtresse, elle a consenti, mais non pas sans remords ni sans peine, à revêtir comme elle des vêtements d'homme et à courir les dangers sur terre et sur mer. Elle lui prodigue les consolations, l'engage à espérer, la détourne du suicide :

Qui se tue a le cœur moins généreux que lâche ^.

Son attachement pour sa maîtresse lui fait violer le secret du déguisement et trembler pour les jours de celle-ci ; prendre le parti d'Hermodante malgré son apparent abandon ; conseiller la prudence devant l'Infante, la résistance au roi, la tranquillité et le calme. Le dénouement lui donne raison.

Béronte ou Oronte, Clarimant et Théombre sont des chefs persans, amis d'Hermodante, heureux de son triomphe sur Séiras révoltée, navrés de sa disgrâce. Ils plaident chaleureusement avec Astramond la cause du héros et font entrevoir au roi la 'possibilité d'une révolte de la part du peuple, s'il s'obstineà vouloir le livrer à une mort imméritée. Théombre se montre particulièrement dévoué et ardent.

Artabaze, au contraire, est l'ennemi d'Hermodante. Ses calomnies ont déjà causé l'exil de celui qu'il considère comme son rival : il se déclare prêt à les continuer pour le perdre. Convaincu de mensonge par l'Infante, qui a entendu ses paroles de haine et ses projets funestes, il

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