LA MAISON DE IIERCE
à l'armée et au clergé, de tems immémorial. Après avoir payé son tribut à la patrie, chacun des militaires rentrait dans son manoir, s'y mariait, y vivait sans aucune autre ambition que celle de faire quelque bien autour de soi, et aucun d'eux ne parut jamais à la Cour (1). »
Plusieurs d'entre ses membres prirent rang- dans l'Église. Tels Jacques de Hercé, chanoine d'Angers, qui, en 1518, fonda une chapelle en l'église de Notre-Dame de Cunault ; Jean de Hercé, chanoine prébende d'Angers, vers 1527 ; René de Hercé, curé de Saint-Frimbaut-de- Prières, dans le Maine. Mais ceux qui s'illustrèrent le plus dans l'Eglise, et qui, on peut le dire, illustrèrent le plus l'Eglise, se trouvent parmi les fils de Françoise Tanquerel, et particulièrement le saint évêque de Dol, le héros de cette histoire.
Les grandes causes trouvèrent toujours des défenseurs dans cette famille profondément chrétienne et française.
Lorsque, en 1191, sous Philippe-Auguste, s'organisa la troisième croisade, de la Touraine et du Maine, des o<entilshommes accoururent en foule. Dans leurs rana's l'on voit prendre place le premier de Hercé connu, Guillaume de Hercé, chevalier banneret.
C'est donc à cette date 1191 que la maison de Hercé peut commencer historiquement sa généalogie.
Julien II de Hercé, arrière-petit-fils de Guillaume, fonda la paroisse de Hercé, vers 12(30. Voici en quelles circonstances. La Cour de Hercé, berceau de la famille, avons-nous dit, était située dans la paroisse de Colombiers, mais en était fort distante. La plupart des terres de Julien se trouvant sur la paroisse voisine, Saint-Pierredes-Bois, le seigneur de Hercé consentit à reconstruire à
ii) Lellre de Mgr Jean-François de Hercé, évèqiie de Nantes (neveu de l'évêque de Dol), à M. Toussaint Gautier, de Dol : Nantes, le 12 juin 1848. (Arch. perso^iNelles.)
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ses frais Téglise et le presbytère de celle-ci, à condition que la paroisse porterait désormais le nom de Hercé. Ce qui eut lieu.
Le prénom dominant dans la maison de Hercé est celui de Jean. Le mari de Françoise Tanquerel était le huitième de ce nom, Jean VIII ; d'autre part, il était le dixseptième chef de la famille depuis Guillaume de Hercé.
Ces quelques mots sur la maison de Hercé suffisent pour établir son antiquité, son illustration et son honorabilité.
Telle était la famille dans laquelle entrait la toute jeune Françoise Tanquerel.
Jean de Hercé et sa femme fixèrent leur domicile dans la paroisse de Notre-Dame de Mayenne, rompant ainsi avec la tradition des Hercé qui avaient toujours vécu hors les villes, dans leurs manoirs. Mais cet abandon de la campagne n'était pas sans réserves, car nous aurons Foccasion de les retrouver, entoures de leurs enfants, dans le manoir patrimonial du Plessis-Essenley, en Colombiers.
Françoise Tanquerel n'eut pas longtemps à regretter sa dernière poupée. L'année qui suivit le mariage, en 1720, un premier enfant vint apporter la joie chez le jeune couple, et depuis lors, jusqu'en 1744, Dieu bénit chaque année cette union chrétienne. Si, à quatre reprises dillerentes, des accidents n'étaient A^enus troubler la maternité de Françoise Tanquerel, Jean de Hercé eût été père de vingt-trois enfants. Sur les dix-neuf qui naquirent vivants, peu parvinrent à un âge avancé.
Voici la liste de ceux qui vécurent assez pour mériter une mention (1) :
1- Jean-René (Jean IX), chef de nom et d'armes, né en 1720, se maria à Françoise-Urbaine-Marie Billard de Lorière, dont la lignée est aujourd'hui représentée par le
(1) D'après le Livre de famille.