APPEL AU PAPE
part des électeurs (i). Mais il s'empressa crécrire, dès le 26 décembre, au Saint-Père, pour lui demander quel parti prendre, et la voie à suivre (2).
Cependant le conseil général du département de la Mayenne pressait l'évêque élu de se faire sacrer et de venir prendre possession de son siège. M. des Vaupons restait au séminaire de Dol auprès de Mgr de Hercé qui le guidait dans sa situation délicate. Il s'agissait d'inventer des prétextes pour retarder le sacre jusqu'à la réponse à la lettre secrètement envoyée au Pape.
Aux instances des administrateurs du département, qui l'invitaient à venir à Laval « pour déterminer les arrangements qu'il jugerait convenable à faire à la maison des Gordeliers où l'on comptait le loger », l'abbé des Vaupons répondait qu'il importait de se préoccuper d'un local, pour établir le séminaire, qui fût sulilsamment grand et commode. <( Le clergé du diocèse n'abondera en ouvriers instruits, disait-il, qu'autant que le séminaire aura été mis sur un bon pied. » Tout cela pour donner de l'occupation aux administrateurs et les faire prendre patience. L'abbé des Vaupons ajoutait d'ailleurs : « Je n'ai rien de plus empressé que de me rendre parmi vous, et j'espère que ce sera dans peu. Je me propose de faire un voyage à Laval et d'y passer provisoirement assez de temps pour y prendre les renseignemens qui me sont nécessaires avant d'y fixer mon séjour (3). »
Mais le voyage annoncé ne s'effectuait pas. M. des Vaupons restait au séminaire de Dol. Le procureur général syndic de la Mayenne ne s'expliquait pas le peu d'enipres-
(1) Lettre du 21 drcembri- 1790. (Argu. dép. de l\ Mayenne^ L. 121.)
i2) Ijîtti^e à l'abbé Touchard. Angot, loc. cit.
(;i) I.ottrft au P. (Î.S. du département, datée de Dol,'.) janvier 1701. (Ahi;ii. i)ki>. DR LA Mayenne, L. 121.)
ÎÔS URBAIN DE HERGÉ
sèment de l'évêque élu à se rendre à ses invitations multipliées. Ce retard, écrivait-il, est un malheur pour la religion à Laval où se trouvent des prêtres qui se laissent aller à des discours incendiaires (1).
L'abbé des Vaupons ne dissimula pas davantage. Le 25 janvier 1791, le jour môme où Févêque de Dol élevait la voix pour protester contre la suppression de son siège, l'élu de Laval répondait franchement que, jusque-là, il n'avait cherché qu'à temporiser. Il déclarait que sa juridiction pour un nouveau siège devait être conférée par l'Eglise ; c'est pourquoi il avait écrit au Saint-Père. cfOn attend de jour en jour la réponse du Pape, ajoutait-il : on recommence à dire aujourd'hui qu'elle sera favorable. Si elle est telle, je pars pour Laval du moment qu'elle me sera connue (2). »
Le procureur général syndic de la Mayenne s'indigna. Il rappela à Tablée des Vaupons que, d'après la Constitution civile du clergé, le nouvel évêque ne devait pas demander la confirmation au Pape, et il se lança dans une dissertation sur les libertés de l'Eglise gallicane. Bref, il le pria de lui dire si oui ou non il était dans l'intention de se faire sacrer (3j.
L'abbé des Vaupons, renseigné par l'évêque de Dol, ayant appris que, d'après toute vraisemblance, le Pape refuserait son approbation à la Constitution civile pour laquelle l'Assemblée nationale venait d'exiger des ecclésiastiques le serment de fidélité, l'abbé des Vaupons, sans attendre la réponse du Pape, offrit d'abord sa démission (4), puis la donna définitivement le 22 février 1791 (5).
(i) l.(-llrr (lu 1'. (i. s. ;i .M. des V;iui)<>iis, 2:5 j;iiivirr 1791. Arch.
I»KI'. UK LA MaYENNK, I>. 121.
cil Lclfre de Tabbù des Vaupons au P. (i. S. de la Mayenne, '>;; Janvier 1791. (Ibid.) (:<) l.ctlre du l\ (;. S. à l'abbé des Vaujjons, 10 février 1791. {Ibid.) (4) Lellres au P. G. S., 15 et 19 février 1791. (Ibid.) (■■») Klle esl ai us: connue : '< .le soussigné déclare renoncer pure-