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LE CLERGE DE DOL REFUSE SE SERMENT 28H

le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, le dimanche 30 janvier, à la grand'messe. Le vicaire de la paroisse Notre-Dame de Dol, ainsi que les professeurs du collège, avaient, le 28 janvier, déclaré à la municipalité qu'ils prêteraient ce serment au jour qu'on leur indiquerait (1).

Mais le lendemain 29, un Frère Eudiste du grand séminaire distribua à profusion aux membres du clergé de la ville et à ceux des environs la lettre pastorale de Tévèque.

Le procureur-syndic du district, le citoyen Gautier, ne se doutant de rien, se rendit, le dimanche, à la grand'messe de la paroisse pour constater la prestation du serment. Le vicaire monta en chaire, et, dans un discours respirant la contrainte, il se déclara forcé par la loi de prononcer le serment. Le principal du collège, l'abbé Delacroix (2), lui succéda, jura fidélité à la nation, à la loi et au roi, mais s'abstint de prêter le serment à la Constitution. Le maire, présent, lui fît remarquer son oubli ; mais l'abbé Delacroix lui répondit qu'il ne dirait rien de plus. Enfin, les professeurs, qui avaient accompagné leur principal à l'église, s'abstinrent de tout serment.

Le procureur-syndic ne s'expliquait pas ce revirement subit (3).

Il en eut, dès le lendemain, l'explication par les rapports qui lui furent faits sur la prestation du serment dans les paroisses des environs de Dol.

A Bonnemain, le recteur, l'abbé Caille, au lieu de jurer fidélité à la Constitution, avait lu la lettre pastorale de Mgr de Hercé, que la municipalité, dans une délibération

(1) Arch. mu.n. de Dol : Reg. délibérât., 28 janvier 17()1.

(2) Auloiu" (le la Vie rns. en espaijnol.

(:{)Aiu;n. DÉv. i)'Ille-et-Vil., 2 L. 13: Jieg. délibérât, dit Diafrict de Dol, 4 fév. 171(1, Rapport du proc.-syndir.

prise aussitôt, déclara « incendiaire » et « attentatoire à l'autorité de l'Assemblée nationale ». L'abbé Caille reçut assignation à comparaître sous quatre jours « à la barre de cette municipalité », pour s'expliquer et faire au greffe le dépôt de la lettre pastorale (1).

Le recteur de Saint-Broladre, l'abbé Mondin, agit de même ; il refusa le serment et lut la lettre de son évêque contre la Constitution civile du clergé 2).

Cette lettre produisit un effet énorme dans le diocèse de Dol, parmi ce clergé qui affectionnait Mgr de Hercé comme un père, et qui recevait ses instructions comme la parole même de Dieu. Ainsi que le constata avec peine le procureur-syndic, Mgr de Hercé avait touché son but. Dans le district de Dol, il n'y eut, le 30 janvier 1791, que cinq prêtres à rester sourds aux directions de leur évêque ; et encore la conduite de ces cinq prêtres constitutionnels donnât-elle lieu à de vives protestations de la part des fidèles.

C'est ainsi qu'à Mont-Dol, le recteur, M. Le Sénéchal, ayant à l'issue de la messe prononcé le serment, en présence des membres de la municipalité, l'un de ceux-ci, Julien Desmot, lui en fît, à la sacristie, de vifs reproches. Il lui remontra qu'il avait fait le serment à une Constitution tendant à abolir la religion, lui déclara qu'il était indigne de confesser et qu'on pourrait bien le chasser de la paroisse (3).

A Carfantain (4), ce fut bien autre chose. Le recteur, l'abbé Véron, monte en chaire pour prêter le serment. Le

(1) AucH. .MLx. DE BoN.NEM.vi.N : HeQ. délibérât., 30 janvier 17'.)1. Boniiemain, paroisse située à quefques kilomètres de Dol.

(2) Akch. i)Éi\ d'1lle-et-Vil., 2 L. i:i : Rerj. délibérât, du district de Dol., :U janv. 1791. Sainl-Broladre, paroisse près de Dol.

(3) Arch. dép. d'Ille-et-Vil., District, de. Dol iliasse). Monl-Dol, paroisse à 2 kiloni. de Dol.

(4) Paroisse à 1 kiloin. de l)nl, l'ail aujourd"liui partie de la comiiiiino de Dol.

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