‹ Urbain de HercéChapitre 119 sur 196 · BIENVEILLANCE DES AUTORITÉS · texte numérisé non relu

BIENVEILLANCE DES AUTORITÉS

velles pièces à celles déjà déposées au greffe contre Mgr de Hercé.

« Je ne désire pas, écrivit-il au greffier, trouver M. de Hercé en contravention à la loi ; mais quand elle m'est connue {sic}^ je ne dois pas la cacher sous aucun prétexte. Les hommes sont tous égaux devant elle.

)) Ce mandement et ces dispenses servent à prouver que M. de Hercé continue de s'immiscer dans des fonctions qu'il n'a plus (1). »

Mgr de Hercé dut donc venir s'expliquer devant le tribunal du district. Mais il sut en imposer à ses juges qui, d'ailleurs, excellents catholiques et favorables au prélat, ne donnèrent pas de suite à l'affaire (2).

Les administrateurs du district de Dol, dans toutes les circonstances, montrèrent, nous l'avons déjà vu, la plus grande bienveillance à l'égard de l'évéque. Ils obtinrent même des administrateurs du département que celui-ci fût déchargé de certaines réparations, qu'il touchât des fermiers et débiteurs de l'évêché les arrérages échus avant le 1°'" janvier 1790, et enfin qu'il lui fût remis 10,000 liv. pour partie de son traitement de 1791 (3).

Cette condescendance pour l'évoque réfractaire de Dol irrita les « Jacobins ». Un journal (4) que publiait à Rennes R. Vatar, imprimeur, et qui respirait le plus pur esprit révolutionnaire, reçut de Dol une série de notes accusa-

(1) Ibid., 2 L. 23 : Rcy. correspond, du district de Dol,[\} février 1791.

(2) Vie ms. en espagnol.

(3) Argh. dép. d'Ille-et-Vii,., L. 244, Arrêtés du départ., 12 février 1791.

(l) Journal des départements, districts et municipalités de la ci-dev. Province de Bretagne et des amis de la Constitution. Bulletin de Rennes,

trices et menaçantes contre ces administrateurs complaisants. On y dénonçait une coalition entre la majeure partie des administrateurs dolois et Mgr de Hercé, coalition formée, prétendait la feuille, dans « les diners sacerdotaux et dans le club secret qui se tient journellement au séminaire ».

« Nous ne craindrons point, disaient les dénonciateurs, de dévoiler les manœuvres d'une partie de ces administrateurs, combinées avec la conduite répréhensible de cet ex-évèque qui ne cesse de s'immiscer dans des fonctions pour lesquelles il n'a plus de jurisdiction, qui donne, qui refuse encore des dispenses qu'il n'a plus le droit de refuser ou d'accorder, qui ne paroit exister dans cette ville que pour souffler le fanatisme dont il fut gangrené et puni sous l'ancien régime, troubler l'ordre public, égarer les peuples, et les porter à la désobéissance aux loix dont il s'est rendu et se rend journellement lui-même coupable. ))

Puis, dans une période pleine d'indignation, les dénonciateurs anonymes déclaraient :

« Toutes les dénonciations ridicules et multipliées dont nous couvriroit la ville de Dol, ne nous empêcheront point d'élever la voix pour annoncer et publier ces assemblées ténébreuses et antipatriotiques tenues à ce séminaire ; ne nous empêcheront point de divulguer ces liaisons intimes, ces dîners fréquens, cette coalition funeste qui ne font qu'une seule âme et qu'une seule volonté de la majeure partie de ces administrateurs et de cet ex-évêque faussement fanatique ; ne nous empêcheront point d'ailirmer partout que nous abhorrons les mauvais citoyens, et que, grâce à cette coalition, il n'est plus permis à Dol d'être patriote. Nous dirons hautement qu'il est de la plus haute importance que le département surveille avec vigilance (et qu'il choisisse encore bien ceux qu'il pourroit commettre pour l'instruire) l'administration d'une ville où les bons

Page 1