‹ Urbain de HercéChapitre 120 sur 196 · MÉCONTENTEMENT DES JACOBINS · texte numérisé non relu

MÉCONTENTEMENT DES JACOBINS

citoyens n'osent plus lever la voix contre les abus, crainte des persécutions... (Ij ».

Cet article produisit une vive émotion à Dol. Les partisans de j\IgT de Hercé, qui formaient la grande majorité de la population, attribuèrent ces dénonciations à l'un des administrateurs. Celui-ci supplia le rédacteur du journal de « le blanchir » aux yeux de ses concitoyens, son patriotisme, disait-il, lui ayant assez acquis d'ennemis à Dol, et il ne voulait point en accroître le nombre. Ce fut pour le journaliste une occasion de dénoncer, avec de nouvelles violences, « la conduite empestiférée de la presque totalité des administrateurs de Dol {'2) ».

Pris entre leurs sentiments de vénération pour Févêque de Dol et la crainte d'être accusés de manquer d'amour pour la révolution, ce qu'on traduisait alors par « manquer de patriotisme », les administrateurs du district de Dol adressèrent au journal du sieur Vatar une protestation assez gênée (3).

S'ils ont demandé au département de faire payer à Mgr de Hercé ses revenus de 1790, sans avoir vérifié préalablement s'il ne les avait pas déjà reçus, c'est « que cette vérification, disaient-ils, étoit inutile, parce qu'ils ne pouvoient le soupçonner d'être contrevenu à la défense expresse qui lui étoit faite, et qu'ils n'ont pas dû supposer qu'il se fût rendu coupable d'une telle contravention ».

Cette louable confiance dans l'honnêteté de Mgr de Hercé excitait l'ironie du journaliste.

« Voilà sans doute, répliq.uait-il, un bel exemple de considération et de respect pour un homme dont toute la conduite n'a cependant annoncé que l'opposition la plus éclatante et la plus formelle aux sages décrets de l'Assemblée nationale. Nous seroit-il permis de demander à

(1) Journal des départ, de Bretayne, n" I7(j, 4 février 1791.

(2) Ibid., no 182, 11 février 1791.

(:{, Ibid., n° 188, 18 février 1791.

MjNI. les administrateurs du district de Dol s'ils persistent encore dans la haute opinion et les idées avantageuses qu'ils s'étaient faites des vertus et de la probité de leur saint évêque ? »

A propos de ce qu'il appelait « la lettre 'fanatique et incendiaire du sieur de Hercé », le journal reprochait aux administrateurs dolois de s'être contentés de l'avoir mise sous les yeux des administrateurs du département.

« Au reste, continuait-il, MM. du directoire de Dol protestent n'avoir jamais assisté aux conventicules séditieux et aux dinés aristocratiques du sieur de Hercé, non plus qu'aux assemblées qui se tiennent habituellement au ci-devant séminaire de Dol. Nous avouerions avec bien du plaisir que nous avons pu nous laisser tromper sur cet article, si ces messieurs eux-mêmes n'avoient borné et circonscrit leur justification, en n'y comprenant que ceux qui ont signé leur lettre. »

En effet, cette lettre n'était signée que de quatre administrateurs qui livraient leurs collègues par cet étrange défi : « Nous défions de prouver que les quatre membres soussignés aient mis le pied chez M. de Hercé depuis que le directoire est en activité ; trois d'eux ne l'ont jamais vu que là (1). »

Onne'pouvait mieux donner corps aux accusations des Jacobins, en leur dévoilant que les administrateurs du district de Dol étaient, pour la plupart, en rapports intimes avec l'intrépide évêque.

L'Assemblée nationale s'étant érigée en lieu et place du vicaire de Jésus-Christ et des évêques pour, de sa propre autorité, ordonner, administrer et régir l'Eglise de France,

(1) Journal des départ, de Bretagne, n" 188, 18 lévrier 1791.

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