‹ Urbain de HercéChapitre 126 sur 196 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

M(;r de iieucé retiré a Mayenne et caserne a laval

Mgr (le Hercé se retire à Mayenne chez son frère le elievalier. — Situation troublée du département de la Mayenne. — Mgr de Herré, dénué de ressources, réclame son traitement. — Visite de Le Coz à Dol. — Vente du manoir des Ormes. — Correspondance familière di; Mgr de Hercé avec raiiciiii intendant des Ormes. — Le chevalier de Hercé rejoint l'armée des Princes. — Le serment dans le diocèse de Laval. — l']meutes à Mayenne contre les prêtres l'éfractaires. — Troubles à l'occasion de l'enterrement du frère ;iiné et du beau-frère de Mgr de Hercé. — Oixlre aux prêtres réfj'actaires de la Mayenne de se réunir à Laval. — Di'-pail (\i' Mgr de Mercé pour Laval. — Une fille publifiue essaie de lui enlever sa croix pectorale. — Il est accusé de cDiilinucr de dimner des dispenses dans le diocèse de iJol. — 11 est caserne aux (]ordeliers de [.aval. — Tracasseries de toutes sortes. — .Mgr de Hercé tombe malade : on lui refuse son médecin. — Menaces Ai- niassaci'c. — Mgr de Hercé est déporté à Jersey par Saint-Mabi.

Le soir même de son départ de Dol, le vendredi l^"" avril 1791 (1), Mgr de Hercé arrivait à Mayenne avec

(1) Un lit dans un cahier de l'abbé François de Hercé : « Je suis arrivé à .Mayenne le vendredi 1 ' avril 1791. » Arch. de l'hôtel ue Herck.

ARRIVÉE A MAYENNE ')lD

son frère et Tabbé des Vaupons, originaire lui aussi de cette ville.

Il descendit chez son frère Jean-François, connu sous le nom de « chevalier de Hercé ». Ancien officier de marine, chevalier de Saint-Louis, et jouissant dans tout le Maine, ainsi que sa famille, d'une juste estime, le chevalier de Hercé avait été député par la noblesse de sa province aux États-Généraux. Il se trouvait à Paris, remplissant sa députation, lorsque Févêque de Dol vint frapper à sa porte.

Mais le saint prélat et son frère furent reçus avec la plus affectueuse sj-mpathie par leur belle-sœur, madame de Hercé, née Jeanne du Boys de la Basmeignée, et par leur sii'ur, la bonne Charlotte. Avec celles-ci habitait le jeune fils du chevalier, Louis de Hercé, âgé de 16 ans ; son frère aine, Jean-François, le futur évèque de Nantes, avait été placé par son père à Paris, au collège de Navarre (1).

La maison du chevalier de Hercé était située sur la place haute de Mayenne, alors appelée « place Egalité (2) », en face de l'endroit où devait s'élever plus tard la statue du cardinal de Cheverus, un autre illustre enfant de cette ville, auquel Mgr de Hercé avait conféré le premier insigne de la cléricature. Cette demeure était tout nouvellement bâtie (3). Prévoyant son départ forcé de Dol, Mgr de Hercé, son frère François et sa sœur Charlotte, avaient, par bail du l®"" septembre 1790, pris cette maison à ferme pour neuf années, en stipulant que la jouissance en commencerait à Pâques 1791 (4). C'était une maison très confortable, à deux étages, avec « un observatoire » au-dessus des gre-

(1) Maupoi.nt, Vie de Jean-François de Hercc, évoque de Nantes, p. "J.

(2) Arch. dkp. de l.v Mayenne. Q. 41 : Domaines nationaux.

(3; D'après le Livre de famille, elle l'I.iif ;'i peine teniiint'i' lorsque Mgr de Hercé vint à Mayenne.

(4) Extrait du Retj. des délibérât, du district de Mayenne, 22 décembre 1702 : Akcii. hk l'hotei. de IIerck.

niers (1\ L'évoque de Dol la garnit en partie des meuLIes qu'il avait exceptés de la vente de son mobilier du Palais épiscopal et des Ormes (2).

C'est là et à la Basmeignce, près Ernée, manoir appartenant à leur belle-sœur, ([u'habitërent l'évêque et le grandvicaire de Dol, jusqu'en mai 1792.

Le frère aîné de Mgr de Hercé, le chef de nom de la famille, Jean-René (Jean IX), veuf d'Urbaine-Marie Billard deLorière, demeurait également dans la ville de Mayenne, avec son fils Jean- Armand, rédacteur dn Livre de famille , et avec sa fille Françoise-Thérèse (3), ainsi que Gilles Lefèbvre d'Argencé des Provostières, mari de la jeune sœur de l'évêque de Dol, Louise-Elisabeth, récemment décédée.

Plusieurs domestiques avaient tenu à suivre INIgr de Hercé dans sa retraite. C'était sa cuisinière, Marie Lottin, originaire de Mayenne, entrée à son service dès 1768 ; François Foucault, originaire de Montreuil-sur-Maine, le portier du Palais épiscopal ; Mathurin Lefranc, de Quédillac (Ille-et- Vilaine), valet de chambre de l'abbé François de Hercé, et Jean Gautier, d'Épiniac (Ille-et- Vilaine), valet de chambre de l'évêque (4). Ces deux derniers firent preuve envers leurs maîtres du plus complet dévouement : nous les verrons les suivre jusqu'à la mort.

A une époque moins troublée, Mgr de Hercé, alors âgé de 65 ans, eût pu terminer tranquillement ses jours au milieu de l'affection et de la vénération dont il était entouré dans sa famille.

Mais les événements se précipitaient, les ruines s'accumulaient. La haine de la Révolution continuait de s'achar-

(1) Akch. dki'. ih', la Mayen.nk, O. 42 : EUildc l;i iiinisnii i\u ci-ilrv.uil rhevalier de llcrct'', 8 messidor an II.

(2) Reg. délihéml., il déc. 1792, siiiu.i.

(3) Elle mourut le 30 mai 17'.»:;, (r'lil>;il;iiir cl àiiiT di- 3(i ,iii>.

(4) Cahier des gages de scrvileurs de Mur de ll('r(('', lenu par son frère. (Arch. dk t/motf.i. uk llKiici':. i

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