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SITUATION TROUBLÉE DE LA MAYENNE

ner spécialement contre l'Eglise. Le département de la Mayenne se disting'uait tout particulièrement par ses excès contre tout ce qui tenait à la religion. Le refus de l'abbé des Vaupons d'accepter révêché nouvellement érigé par le pouvoir civil, tout en luimiliant les sectaires, avait excité leur rage. Impossible de trouver dans le département un +icclésiastique assermenté propre à remplir le nouveau siège.

D'ailleurs Févèque du Mans, Mgr de Gonssans, du diocèse duquel était en grande partie distrait le nouveau diocèse, avait publié une lettre pour déclarer intrus et scbismatique l'élu qui accepterait ce poste, et illicites et nuls tous actes de juridiction accomplis par les curés et vicaires qui recevraient mission de l'évèque intrus. 11 rappelait le bref du Pape à l'abbé des Vaupons, qui rendait tout doute impossible sur l'illégitimité de ces nominations opérées en dehors du pouvoir ecclésiastique (1).

C'est donc en dehors du département de la ^Mayenne que les électeurs avaient dû chercher un candidat. Ils avaient élu, le 20 mars 1791, le principal du collège de la Flèche, nommé Villar, qui accepta, ne fut sacré que le 22 mai, et installé le 30 du même mois, au milieu d'un grand concours de gardes nationaux de tout le département, et en présence de seize prêtres seulement du nouveau diocèse de la Mayenne (2).

Ce qui dut plus particulièrement serrer le cœur de l'évèque de Dol au milieu de ces événements, ce fut de voir ses propres concito^^ens s'inspirer, pour fortifier leur erreur religieuse, des actes de Le Coz, de cet intrus qui lui avait ravi illégitimement son siège, ainsi que ceux des évêques de Saint-Malo et de Rennes.

Le pseudo-évêque de l'Ille-et-Vilaine venait de publier sa

(1) Collection ecclésiastique, de ViihUé Barruel, t. X, p. ."MO. Celte lettre est du 12 mars, datée de Paris où l'évèque du Mans se Irouvail. comme député à l'Assemblée nationale.

(2) BouLLiEK, Mémoires ecclés. sur Laval, pp. -27-33.

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première lettre pastorale (1). 11 y faisait l'apologie de sa conduite et Téloge de la Constitution. Oubliant que mieux Aaut obéir à Dieu et' à son Eglise qu'aux hommes et à leurs décrets, Le Goz prêchait la soumission pure et simple à la Loi qui l'avait fait évèque.

Les membres de la Société populaire de la ville de Mayenne s'enthousiasmèrent pour cette lettre schismatique. Dans leur séance du 5 juin 1791,1e président en donna lecture et Ton y découvrit que l'évêque constitutionnel de rille-et-Yilaine démontrait victorieusement que la nouvelle Constitution, loin d'attaquer l'intégrité de la relig'ion, ne tendait au contraire qu'à lui rendre son premier lustre (2).

Cette découverte remplit de joie les Jacobins de Mayenne, et les manifestations de cette joie ne furent pas épargnées à Mgr de Hercé.

Quoique entouré des soins les plus affectueux, le bon évêque n'était pas sans s'apercevoir des durs sacrifices que sa présence et celle de son frère et vicaire général imposaient à sa famille. Celle-ci ne jouissait que de modestes revenus : on comptait à madame de Hercé à peu près 5,000 livres de rente et seulement 300 livres à Charlotte de Hercé (3). L'évêque et l'abbé François n'avaient rien, si ce n'est des dettes envers quelques-uns de leurs serviteurs. Tous leurs biens avaient été employés aux œuvres du diocèse de Dol. (^onime évèque d'un siège supprimé, Mgr de Hercé avait droità une pensionde 14,000 livres. Maisonne se pressait pas de lui servir ce traitement ; le trésorier du district de Dol ne se gênait même pas pour retenir les sommes qu'il était chargé de faire parvenir au prélat. Celui-ci, pressé par le besoin, se vit forcé d'envoyer une

(1) Supra, p. 301».

(2) Rcg. de la Soc. poptil. de bi ville de Maijenne, "i juin 1791. (Arch.

DKPART. I)K LA M.VYE.NNK.)

{'^) Ile;/, du Comité de surveillance de Mayenne, du l'-'"' germinal an 11.

(AlU;iI. DKl'AliT. DK LA Ma VENAE.)

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