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LE SERMENT DANS LÀ MAYENNE

accompagner le jeune Jean-François aux Ormes, continua de remplir auprès d'eux le rôle de précepteur.

L'abbé Zerilli était bien digne de la confiance de la famille de Hercé. Vicaire à Notre-Dame de Mayenne^ il fut sollicité de prêter le serment à la Constitution civile du clergé. 11 promit de soutenir de tout son pouvoir la Constitution politique : « J'excepte, ajouta-t-il, tout ce qui serait contraire à la loi de Dieu, aux dogmes de la religion, à la discipline de l'Eglise catholique et romaine, à sa doctrine et à son autorité (1). »

Ce que l'abbé Zerilli exceptait de son serment était précisément ce à quoi le pouvoir civil tenait le plus. Aussi l'énergique vicaire avait-il dû abandonner les fonctions du saint ministère.

La Constitution civile trouva, en somme, dans le clergé du nouveau diocèse de la Mayenne peu d'adhérents. Il en fut même qui, après avoir prêté le serment, dominés par des sentiments de crainte, ne tardèrent pas à se rétracter publiquement.

Un jeune vicaire, entraîné par son curé jureur, avait eu le malheur de prêter le serment. Reconnaissant son erreur, mais n'osant se rétracter en pleine chaire, par crainte de voies de fait de la part des paroissiens, il vint à Mayenne confier ses peines et demander conseil à Mgr de Hercé. Le bon évoque le consola, le raffermit, et lui conseilla de s'adresser au vicaire général du diocèse du Mans, son diocèse légitime, pour connaître la voie à suivre. Le vicaire général exigea que, pour sa réhabilitation, le jeune prêtre retournât dans sa paroisse, qu'il y fît du haut de la chaire, un dimanche, une rétractation publique et qu'il en demandât acte à la municipalité. Désolé de cette solution à laquelle répugnait sa timidité, l'infortuné vicaire

(I) Aiicii. ijKp. DE LA Mayenne, L. 122 : Prestation du tiennent, districl de Mayenne, 1791.

vint de nouveau à Mayenne s'inspirer du cœur de Févôque de Dol. Celui-ci, jugeant impraticables, vu les circonstances, les décisions du vicaire i^ônéral du Mans, adressa le jeune prêtre à un eeclésiasticjue insermenté très ingénieux, l'abbé Fleury, — c'est lui ([ui raconte cette anecdocte, — lequel fit écrire au vicaire douze copies d'une rétractation qui furent affichées, la nuit, à la porte des églises de la paroisse et des paroisses voisines (1).

Ce fait montre la sympathie et l'estime singulière dont jouissait dans son pays Mgr de Hercé.

L'évêque de Dol et son frère, l'abbé François, n'étant plus en fonctions, nç furent pas sollicités à prêter le serment schisniatique, auquel d'ailleurs ils n'auraient jamais accepté de se soumettre. Mais ils n'en furent pas moins l'objet des vexations de leurs compatriotes.

La petite ville de Mayenne était très lancée dans la Révolution. Elle était saisie au plus haut degré de cette fièvre de haine contre les prrtres et les nobles, qui avait envahi la France entière.

Particulièrement au mois de mars 1792, il y eut des soulèvements populaires contre la municipalité, accusée de modérantisme envers les prêtres non-assermentés. Chaque soir, c'étaient des attroupements considérables qui assiégeaient les demeures des municipaux. Les plus modérés voulaient leur expulsion, les fanatiques menaçaient de les massacrer.

Le directoire du district de Mayenne en fut ému. Il s'adressa au colonel de la garde nationale, qui ne disposait que de quinze hommes pour opposer aux émeutiers et qui appréhendait « qu'en faisant battre la générale, un grand nombre de citoyens armés ne favorisassent les projets qu'il s'agissait de faire échouer, tant il existait de mécontentement contre les prêtres non-assermentés ». Le

(1) Jacuues-Pikkrk Kleiihv, Mémoires sur lu liérnhilin)i, pp. 97-9'.».

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